Mise à jour le 09/03/2008
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San Finna N°454 du 10 au 16 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

ELECTIONS LOCALES EN FRANCE
LE PS FAVORI

Le Parti socialiste devrait être le grand vainqueur des élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars. En emportant une trentaine de villes de plus de 20 000 habitants, il infligerait un sérieux camouflet à la droite, dans un scrutin local aux enjeux nationaux.

La déferlante devrait être rose lors des prochaines échéances électorales et confirmer un peu plus encore l’ancrage local d’un parti socialiste déchiré et invisible sur la scène nationale. Le PS a fait de ce scrutin qui élit les maires, et les conseillers généraux - ils ont compétences dans leur département sur les actions sociales et la construction d’infrastructures - un enjeu majeur, appelant le peuple à voter contre la politique menée depuis dix mois par Nicolas Sarkozy.
A droite, on pâtit sérieusement du manque de popularité du président, recalé à 38% d’opinions favorables dans les sondages. A tel point que dans les meetings de soutien UMP, les candidats au fauteuil de maire préfèrent s’attacher les services d’un Premier ministre à plus de 60% d’opinions favorables, que ceux du président qui, en début de campagne, s’était pourtant prononcé en faveur d’une politisation de ces élections. Mais c’était le temps où les sondages étaient plus conciliants.

Logo PS
Le parti socialiste s’estime en mesure de conquérir trente des 47 cités de plus de 20 000 habitants perdues en 2001. Même si pour l’heure, on se garde de tout triomphalisme pour ne pas démobiliser les électeurs. Toulouse, Strasbourg, Quimper, Rouen, Caen, Chartres, Angoulême, Amiens, Saint-Étienne, Blois, Tarbes… autant de villes qui pourraient passer à gauche au soir du 16 mars. Marseille, fief historique de la droite, pourrait virer aussi au rose. Ne resteraient plus que Nice et Bordeaux ancrées à droite parmi les dix premières villes de France.

Aux élections cantonales, UMP et PS se disputeront une quinzaine de départements. La gauche en détient 51 sur 100 et lorgne sur la Seine-Saint-Denis, la Charente-Maritime, l’Indre-et-Loire, le Lot-et-Garonne, les Deux-Sèvres, la Somme, l’Allier, la Corrèze et la Côte d’or. Plus que la majorité, qui pourrait prétendre aux Pyrénées-Orientales, au Territoire de Belfort, au Vaucluse, à la Drôme, au Val-de-Marne et à la Seine-et-Marne.

Déjà à la tête de 20 régions sur 22, le PS confirmerait ainsi son ancrage local, au risque de s’enfermer dans une cohabitation territoriale sans destinée nationale. « Il ne faut pas se servir du scrutin pour bâtir un contre-pouvoir mais montrer des capacités de résistance à la base. Si ces élections sont un carton jaune, le pouvoir devra tenir compte de cette colère », explique Pierre Moscovici, au PS.
Vote sanction ou abstention, l’électorat de Nicolas Sarkozy pourrait bien manifester dans les urnes, son mécontentement sur la baisse du pouvoir d’achat. Surexposition médiatique du président, incarnation de la fonction présidentielle pas toujours très orthodoxe (voir ci-dessous) aussi, mettent l’UMP à l’ombre du succès. Les 22 ministres et secrétaires d’Etat qui se présentent aux municipales et cantonales risquent d’en faire les frais. A l’image de Xavier Darcos, ministre de l’éducation en difficulté à Périgueux.

Dans la bataille, le MoDem de François Bayrou jouera sa survie. Présentant aux municipales des listes dans 400 villes de plus de 10 000 habitants, le parti délivre un message un peu brouillon, puisque selon les municipalités, les candidats MoDem ont fait alliance avec le PS ou l’UMP.

Quant au Front national, il est quasi-inexistant. Marine le Pen, la fille de Jean-Marie le Pen espère gagner Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Une première, qui ne doit pas cacher l’affaiblissement du parti. Il n’est présent que dans 85 villes de plus de 10 000 habitants.

Le parti communiste, à la dérive sur le plan national, espère tirer son épingle du jeu. Le parti de Marie-George Buffet compte 743 villes et table sur une embellie territoriale en dépit des luttes qui l’opposent au parti socialiste et aux autres partis de gauche.

Restent les Verts, au plus mal, qui ont opté essentiellement pour des alliances locales avec les socialistes. Ils présentent des listes dans 58 villes de plus de 20 000 habitants contre 80 en 2001. Au soir du 16 mars, tous les partis ne devraient pas voir la vie en rose…

Matthieu Hérault





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