San
Finna N°454 du
10 au 16 Mars 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
CHERTE
DE LA VIE
LE TOUT N’EST PAS DE PRENDRE DES MESURES
ENCORE FAUT-IL VEILLER A LEUR APPLICATION OPTIMALE
!
Au
moment où nous écrivons ces lignes,
le sac de riz de 50 kilos est de 15.000 f, le
litre d’huile coûte 1.000 f et le
paquet de spaghettis de 250 g varie entre 200
et 225 f. C’est le constat qu’il
nous a été donné d’établir
dans plusieurs boutiques et sur plusieurs marchés
au secteur 28 de Ouagadougou, et ce près
de 10 jours après l’entrée
en vigueur supposée de la mesure de détaxation
de certains produits de première nécessité.
Cela n’illustre-t-il pas le fait que la
mesure gouvernementale semble avoir été
adoptée dans un autre pays que le Burkinabé
et que bien peu de commerçants se sentent
véritablement concernés ?
Huile
de friture
Lorsqu’ils
consentent à nous répondre sur
cette non diminution des prix, ce sont les mêmes
arguments qu’ils avancent : les stocks
ayant été constitués avant
la mesure de détaxation, ils ne peuvent
sur le champ procéder à la baisse
des prix sans perdre de l’argent. Ils
attendent donc l’épuisement desdits
stocks avant de consentir à une réduction
des tarifs. C’est de bonne guerre si l’on
peut dire, car après l’annonce
pompeuse des mesures visant la baisse des prix,
le gouvernement semble ne s’être
doté d’aucune mesure d’accompagnement
visant leur entrée en vigueur immédiate.
Dans 3 mois, c’est-à-dire jusqu’à
l’épuisement de la période
de détaxation, certains commerçants
continueront à vendre à ces prix
prohibitifs, et personne n’y trouvera
à redire.
Il faut donc en déduire que seul l’effet
psychologique de l’annonce sur l’humeur
révoltée des populations préoccupe
nos autorités ; seule la gestion de l’immédiat
semble prévaloir, montrant ainsi malheureusement
que les récentes violences ayant embrasé
plusieurs de nos villes, ont très peu servi
de leçon. Or, à notre sens, dans l’optique
de garantir une paix sociale durable, les mesures
d’accompagnement suivantes auraient pu être
aisément adoptées :
-
rendre la baisse des prix d’application immédiate
- annoncer des mesures de compensation aux commerçants
qui appliqueraient la baisse à leurs stocks
en cours
- constituer des équipes de contrôle
qui rendraient compte au jour le jour de la situation
sur le terrain
- mettre à la disposition du public, des numéros
d’appels gratuits afin que les contrevenants
soient immédiatement signalés aux autorités.
Pour
peu que nos autorités en manifestent la volonté
politique, il est loisible d’appliquer à
peu de frais de telles mesures. Le calme actuel ne
constituant pas une garantie absolue de stabilité
retrouvée, l’on ferait bien d’y
songer pendant qu’il est encore temps !