San
Finna N°453 du
10 au 16 Mars 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
CRISE
TCHADIENNE ET SORT DE IBN OUMAR MAHAMAT SALEH
LA FRANCE ET SON FRENCH DOCTOR APRES LA MORT ?
La
France, après avoir aidé Idriss Déby,
ainsi qu’elle l’a reconnu elle-même,
à sauver sa vie et son régime « légitime
», n’arrête plus après coup,
de multiplier les gestes de bonne volonté à
l’endroit des opposants tchadiens et du processus
démocratique de ce pays. On ne compte plus les
interventions de Bernard Kouchner, du premier Ministre
et de Nicolas Sarkozy sur ces questions.
C’est comme
si, tout à coup, on découvrait que les droits
de l’homme et la démocratie ne sont plus
des luxes pour les Tchadiens et qu’une gouvernance
ne peut s’inscrire dans la durabilité sans
l’égale considération accordée
à l’opposition et au pouvoir.
C’est
la manne de la considération et de la sollicitude
qui tombe de la part du pouvoir français
qui s’en montrait si chiche au profit des
leaders des partis politiques et de la société
civile tchadiens.
Ibn
Oumar Mahamat Saleh
(photo http://www.pldtchad.org/new/
images/Portrait_min.JPG)
Tenez,
au lieu de faire comme Ségolène
Royal qui a fui le débat avec le fils de
Ngarlejy Yorongar, Nicolas Sarkozy « himself
» reçoit le fils de Ibn Oumar Mahamat
Saleh (Mohamed-Saleh) et engage avec lui un débat
de fond sur la Commission d’enquête
internationale créée au Tchad tout
dernièrement. Le pouvoir, après
avoir fait des pieds et des mains pour libérer
Ngarlejy Yorongar des griffes de Déby,
lui propose l’asile dans l’Hexagone
alors même que ce dernier n’est pas
officiellement demandeur, préférant
à ce qu’on dit, d’autres pays
d’accueil : Allemagne, Belgique…
Mais
tous ces gestes ne viennent-ils pas un peu tard
? C’est vrai qu’une attitude beaucoup
plus équilibrée et soucieuse de
l’intérêt des Tchadiens plutôt
que celui de Déby aurait pu donner un autre
cours aux évènements en évitant
autant de pertes en vies humaines et en dégâts
matériels.
Mais s’agissant des institutions d’un pays,
de la vie d’un Etat, il n’est jamais trop
tard de prendre les bonnes décisions qui vont dans
le sens de leur meilleur ancrage. Par contre, là
où effectivement on peut dire que la France s’est
réveillée comme l’oiseau de Minerve,
c’est par rapport à l’opposant Ibn
Oumar Mahamat Saleh dont on n’a plus de nouvelles.
Si comme le laisse entendre Yorongar, à Dieu ne
plaise, il aurait été tué entre le
4 et le 06 février dernier, là on comprendrait
que c’est bel et bien d’une prise de conscience
tardive qu’il s’agit pour les autorités
françaises ; certains pourraient même dire
que ceci explique cela ! Il sera difficile en effet de
ne pas associer la France à cet assassinat s’il
était avéré.
Comme pour anticiper, se racheter à défaut
de se donner bonne conscience, on multiplie les égards
à l’opposition : c’est toujours bon
à prendre mais ça ne rachète pas
les fautes !