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San Finna N°454 du 10 au 16 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

Tribune de la femme

* Le 28 février dernier, sous l’égide du Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD), le Pr Augustin Loada et le Dr Luc Marius Ibriga, constitutionnalistes et enseignants à l’Université de Ouagadougou, ont livré des communications sur l’état du constitutionnalisme en Afrique. Le Dr Ibriga a dénoncé l’impartialité du Conseil constitutionnel -à l’occasion des dernières élections présidentielles- sur la question de la possibilité ou non pour Blaise Compaoré de se présenter après deux septennats. On se souvient qu’il l’avait déjà fait avant les élections de 2005.

* Extraits d’un article de VOA News du 04 mars, sous le titre : « Le Burkina Faso et le Cameroun : deux situations similaires selon les analystes » : « Les violentes manifestations contre la vie chère au Cameroun et au Burkina Faso ne surprennent pas beaucoup d’observateurs de la scène politico-économiques en Afrique. Pour Daniel Balint-Kurti, chercheur à l’institut britannique de Recherche Chatham House à Londres, ces deux pays ont beaucoup plus en commun qu’une hausse effrénée du coût de la vie. ‘ Ce sont tous les deux des ex-colonies françaises, dont les présidents sont au pouvoir depuis terriblement longtemps. Des présidents soutenus par la France, qui ne sont pas des leaders démocratiques’, a expliqué l’expert de Chatham House. M. Balint-Kurti a rappelé que le président Biya est à la tête du Cameroun depuis 1982… Son homologue burkinabé Blaise Compaoré a pris le pouvoir, lui, lors d’un coup d’état en 1987. Et les deux ont été réélus sans difficultés depuis. Le Burkina Faso et le Cameroun passaient, jusqu’à présent pour des oasis de paix dans des régions où l’instabilité règne chez plusieurs de leurs voisins. Mais pour Daniel Balint-Kurti, ce n’est qu’un calme apparent. ‘Le problème, c’est que, quand il n’y a pas de démocratie, quand les gens sentent que le pouvoir est monopolisé par une certaine clique, appartenant souvent à un certain groupe ethnique, la rancoeur s’accumule. Et un jour, tout explose’ » !

* Paul Biya, chef de l'Etat du Cameroun, face à la contestation dans son pays, a non seulement diminué les taxes des produits de première nécessité mais augmenté les salaires de 15 %. Les autorités burkinabé, si réticentes à cette augmentation, devraient en prendre de la graine ainsi que le demandent le groupe des refondateurs et les syndicalistes !

* La Convention collective qui devait être signée entre les directeurs des organes de presse et le Conseil supérieur de la communication lundi dernier n’a pu l’être et la rencontre a été reportée. Il s’agirait de peaufiner certains points pas encore consensuels, à ce qu’on a appris.

* Sur Africa n° 1, le mercredi 05 mars, une émission sur la vie chère à laquelle participait en qualité d’invité, Me Hermann Yaméogo, président de l’UNDD, a été fort remarquée. Le parallèle a été fait entre les situations que vivent plusieurs pays africains et qui, au travers des émeutes liées à la vie chère, posent le problème du délitement de la gouvernance. Les intervenants, très intéressés, n’ont pas manqué de poser la question de la refondation et de l’implication des partenaires à une véritable politique de soutien qui ne sacrifie pas aux considérations commerciales, aux droits de l’homme et la démocratie. Belle initiative quand on sait toutes les craintes que suscitait le passage sur Africa n° 1 des mains de Bongo à celles de Kadhafi !

* Dans un tout récent entretien avec « Géopolitique africaine », Blaise Compaoré, à qui le journaliste rappelait qu’il y a deux ans, il était accusé par Laurent Gbagbo, d’être le responsable des difficultés ivoiriennes pour ensuite devenir un réconciliateur de la crise, dira : « C’est vrai qu’il y a eu des périodes d’incompréhension entre les autorités ivoiriennes et nous. Nous étions effectivement accusés d’être à l’origine de la crise. Rappelez-vous cependant que lorsque la classe politique ivoirienne s’est réunie à Marcoussis en janvier 2003, il n’a nulle part été question du Burkina, dans l’analyse des causes profondes du conflit. On a plutôt parlé de problèmes de nationalité, d’élections non ouvertes, de réforme foncière… Avec le temps, les autorités ivoiriennes ont compris que le Burkina n’avait aucun intérêt à voir la Côte d’Ivoire déstabilisée». En 2003, le rôle du Burkina a été souligné dans maints journaux lors de la rencontre de Marcoussis ! Et le chef de l’Etat burkinabé aurait dû dire, au lieu de cette phrase : « Avec le temps, les autorités ivoiriennes ont compris que le Burkina n’avait aucun intérêt à voir la Côte d’Ivoire déstabilisée », « les autorités burkinabé ont finalement compris que le Burkina Faso n’avait aucun intérêt à voir la Côte d’Ivoire déstabilisée ».

* 30 licenciements pour un cafard : on ne blague pas au Turkménistan. Le président-dictateur du pays, Gourbangouly Berdymoukhammedov, a limogé 30 employés de la principale chaîne d’Etat pour avoir laissé un gros cafard marron arpenter la table du studio lors d’une émission en direct. Peu de temps avant, il avait licencié des techniciens ivres qui avaient oublié de transmettre son message à la nation. Là, c’est vrai qu’une sanction s’imposait, telle un avertissement, mais 30 licenciements pour un cafard, c’est absolument inadmissible quand on pense à l’angoisse, la désespérance dans laquelle ces licenciements injustes vont plonger les familles de ces malheureux !

* Le professeur Mohamed Séghir Babès, chef de mission du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) était l’invité de la TNB à l’émission « Actu Hebdo » le dimanche 02 mars 2008. Il a dit entre autres que les données sur lesquelles se basent les experts pour leur travail sont les rapports de la Banque Mondiale et du FMI mais, bizarrement, il n’a pas parlé du Rapport du PNUD nous classant avant-dernier de la classe ni du Rapport de Transparency International qui nous a taxé d’une mauvaise place dans son classement des pays les plus corrompus. L’a-t-il fait consciemment ou inconsciemment ? On n’en sait rien. Bizarrement aussi, il n’a pas été question toute l’heure durant, des troubles qu’a connu le pays : même pas un mot ! Pourtant, il aurait pu dire que c’est un paramètre dont les experts tiendront compte dans leur rapport et cela aurait donné de la crédibilité à ses propos. Mais à sa décharge, il a tout de même parlé de « déficit social marqué » ! En tout cas, s’il ne ressort pas de ce rapport les demandes des Burkinabé par rapport à la justice, notamment au jugement des dossiers sensibles comme celui de Norbert Zongo et la question capitale de la monarchisation de la gouvernance, comme on dit, « c’est pas la peine » !

* Pour clore sur le sujet du Mécanisme d’autoévaluation par les Pairs d’ une manière plus légère, lorsque ses experts sont passés à Dori pour écouter les populations sur la gouvernance en général, une femme a dit : « l’Etat donne des outils modernes aux paysans pour cultiver. Ces paysans vendent ces engins pour se marier» (Edition du Sidwaya du 03/03/2008). A quand un « Gang rose » comme en Inde où les femmes ont pris leur destin en main et où, armées de bâtons, elles bastonnent les hommes et même les femmes qui n’agissent pas pour l’intérêt de la famille ou de la collectivité ? Ce Gang aurait aussi du travail sur la planche car les femmes de Dori ont ajouté qu’un des graves problèmes est le mariage très précoce des filles qui sont données dès l’école primaire ! A bon entendeur…

* Mais pourquoi donc la corruption est-elle si difficile à combattre ? Voici la réponse à cette question, lue sur le magazine Jeune Afrique du 24 février dernier dans un article concernant la lutte que mène le ministre de la Justice au Cameroun : « Parmi les ‘suspects’, tout le Bottin politico-économique du pays. Ou presque ». Pour beaucoup, c’est la vérité vraie comme on dit, et qui ne concerne pas que le Cameroun mais quasiment tous les pays africains !

* Quand on s’élève contre ceux qui jettent les eaux de bains et de lessive partout, c’est que c’est un comportement qui peut nuire à l’entourage. Outre le fait que des odeurs nauséabondes pourraient gêner tout le monde, il y a les risques de maladies liés au fait que les eaux usées stagnent et cela amène la prolifération de moustiques. Figurez-vous qu’il y a de cela quelques jours, à Ouagadougou, un vieux a fait les frais de ses propres turpitudes : ayant été à maintes reprises interpellé par ses voisins, il passait outre pour jeter ses eaux usées dans une fosse sans protection qui se trouvait devant son domicile. Un soir, alors qu’il revenait d’une randonnée, il a fait un faux pas et s’est retrouvé dans la mélasse nauséabonde. Il fut englouti par la soupe à microbes et n’eût été la diligence de ces mêmes voisins, il serait mort dans sa propre fosse. Il se remet aujourd’hui de ses grosses frayeurs mais sans avoir goûté à ce proverbe qui dit que « qui sème le vent, récolte la tempête ! »

* Raul Castro vient d’arriver au pouvoir à Cuba : pouvait-il espérer, s’il n’était pas le petit frère de Fidel qui dirige depuis près de 50 ans l’Ile, devenir le numéro un du pays quand on connaît son caractère, ses aptitudes ? Certainement pas ! Faure Eyadema et Joseph Kabila sont parvenus au pouvoir directement après leurs pères qui étaient au pouvoir. Reconnaissons que ça n’a pas été très difficile pour eux ! Et ce sera la même chose demain pour le fils du « Guide » s’il prend le relais, la même chose pour Karim Wade s’il succède à son père Abdoulaye. Ce sera encore identique si le fils de Ben Ali, le fils de Déby, le frère de Blaise Compaoré…, arrivaient demain au pouvoir. Dans tous ces cas, on parlera avec raison de monarchisation du pouvoir. Mais ce sera tout à fait différent pour Hillary Clinton si elle arrive au pouvoir : ce ne sera pas Bill qui lui aura passé le témoin, il y aura eu Bush avant. Et si Gilchrist Olympio devient le prochain président du Togo, personne ne pourra parler de dynastie à la tête de l’Etat car ce sera après des années de pouvoir Eyadema et après des élections disputées qui ne seront pas faciles du camp où il se trouve. Conclusion ? Hillary, Gilchrist, pour ne citer que ceux-là, même s’ils portent des noms prestigieux qui peuvent les aider un tant soit peu -il faut le reconnaître- auront peiné et mérité s’ils arrivent au plus haut niveau. A méditer…

* A l’occasion du 08 mars, la ministre de la Promotion de la femme a rendu un hommage à ses sœurs, ce qui est tout à fait normal. Mais quand dans son Discours, on l’a entendu dire à l’occasion que notre pays se « singularise à l’échelle mondiale parmi les Etats profondément attachés à l’équité et à l’égalité des sexes », on n’a pu s’empêcher de penser que c’était tout de même très excessif : il faut arrêter de s’auto féliciter de la sorte surtout quand on sait que, comme on dit, « ça ne suit pas vraiment » !

* La santé du chef de l’Etat, Blaise Compaoré, est devenue un sujet qui enflamme les imaginations. Tout dernièrement, au moment où il se rendait en France pour de simples problèmes d’yeux, le bruit a couru qu’en fait, il était au plus mal et que c’est dans le secret le plus total qu’on l’a conduit, quasiment dans une camisole de force, vers l’Hexagone. Et puis, le voilà se rendant normalement à l’Elysée pour converser avec Nicolas Sarkozy au sujet de l’Accord de Ouagadougou. De deux choses l’une : soit il faut s’en prendre aux intentions macabres de certains Burkinabé, soit au cynisme des autorités qui n’hésitent pas à utiliser de tels ballons-sondes pour détecter ceux dont il faut particulièrement se méfier dans cette période d’incertitude !

* Les condamnés de l’Arche de Zoé vont être graciés par Idriss Déby sous peu mais le gouvernement français refuse de dédommager les victimes tchadiennes (il y en a pour 6 millions d’euros, soit 4 milliards de FCFA). Deux poids, deux mesures quand on pense à l’affaire des infirmières bulgares dans laquelle les familles des enfants libyens ont été payées rubis sur l’ongle via le Qatar - à ce qu’il semble- afin que les affaires entre la France et la Libye redémarrent sur des chapeaux de roue ?

* Chez nous, cela fait près d’une semaine que les étudiants de l’UFR/SDS sont en grève. Comme motifs, on avance le problème des frais de stage, la rémunération des permanences et bien d’autres points. La Direction n’engagerait aucune procédure de discussion et pire, instrumentaliserait les aînés de la 8ème année qui bénéficient, eux, de la rémunération des permanences. Il faut pourtant trouver une solution aux problèmes de ces étudiants en médecine qui sont un relais fort appréciable dans nos hôpitaux !

* Si l’Hebdo du 29 février a écrit au sujet de la crise que « Blaise Compaoré et Tertius Zongo ne devraient pas avoir peur des super ministres aux bras super longs qui favorisent les collusions mafieuses entre le politique et les milieux d’affaires » (Et tout le monde a compris de qui on parlait !), JJ a pris le contre-pied dans son édition du 6 au 12 mars 2008 en écrivant au sujet de cette phrase citée qu’il se demande si « l’auteur ou les auteurs réalisent l’étendue de la gaffe ». Le Journal du jeudi prend la défense claire et nette du ministre Salif Diallo qui est, selon lui, le « nœud gordien du problème » et qui prévient que « si le Nord se rebelle, on sera dans de beaux draps ». Une chose est certaine : si les responsables de ces deux organes, réputés proches du pouvoir, peuvent ainsi se rentrer dedans par le biais de leurs organes, on peut avoir peur pour l’avenir du pays !

* Décidément, l’actualité n’en finit pas de se focaliser sur Salif Diallo. Après qu’on eût glosé sur sa présence en Afrique du Sud, maintenant on n’en a que pour les cours intensifs d’anglais qu’il ingurgiterait à doses immodérées auprès d’un professeur qui, après le Marien N’Gouabi, enseignerait actuellement à l’université. Pourquoi tout cela ? C’est l’épais mystère qui continue !

* Greenpeace s'inquiète de la possibilité de voir entrer au gouvernement français Claude Allègre et a exprimé son incompréhension à l'idée d'avoir un ministre qui nie la réalité des changements climatiques et soutient le développement des organismes génétiquement modifiés. On ne peut pas ne pas s’inquiéter avec la grande organisation car cela pourrait ressembler à une façon, pour Nicolas Sarkozy, de se défausser sur l’homme afin d’être quitte avec les lobbies OGM !

* Le Festival international des masques et des arts de Dédougou (FESTIMA) qui était à sa IXe édition en cette fin février/début mars, a connu un grand succès. Des participants venus de l’étranger, qui ont déboursé donc cher pour faire le déplacement et qui ont adoré ce festival, ont cependant déploré deux choses : la première, c’est qu’à chaque apparition des masques, on n’ait pas donné de détails sur leur origine, leur symbolisme. Ils nous ont dit avoir eu envie de crier : «Des explications, s’il vous plaît ! ». A noter pour la prochaine édition. La deuxième est que les autorités sont arrivées en bus avec plus d’une heure de retard, sur le lieu même où les troupes dansaient et leur ont balancé de la poussière, en veux-tu, en voilà : cela a choqué les « étrangers » de même que le fait de voir par la suite les membres des troupes ne danser que devant les autorités, privant les autres personnes qui avaient payé leurs places, du spectacle. Bien vrai que c’est en face de ces responsables qu’on peut espérer glaner des billets de 1.000 ou 2.000 f voire plus mais il ne faut pas oublier les spectateurs !

* Les USA peuvent se vanter d’avoir fait une bonne prise : ils ont arrêté le trafiquant d’armes Victor Bout. Ce dernier risque ni plus ni moins que 15 ans de prison et d’être jugé par le tribunal spécial pour la Sierra Leone Voici ce qu’en dit entre autres l’organe « La Conscience » dans son édition du 7 mars 2008 : «Bout vient de bêtement tomber dans le panneau d'une opération montée de toute pièce par la DEA dont les agents se faisaient passer pour des représentants des FARC. M. Bout, qui a pris du poids depuis l'époque de son copinage avec Charles Taylor et Jonas Savimbi (sans oublier Blaise Compaoré et tant d'autres dictateurs africains), semble avoir été arrêté sur la base d'un mandat d'arrêt américain émis par la DEA ».

* Les prévenus dans l’affaire des casses de Ouagadougou lors des manifestations contre la vie chère étaient à la barre le vendredi dernier. Leurs avocats ayant soulevé plusieurs exceptions, le jugement a été reporté au lundi 10 mars.

* Et pour finir sur une note insolite, sachez que les chiens en Thaïlande ont droit dorénavant à une assurance-vie qui offre des compensations aux propriétaires si leurs animaux adorés meurent ! Les chiens de race locale sont couverts à hauteur de 320 dollars mais les propriétaires d'animaux étrangers ayant un pedigree peuvent toucher jusqu'à 15.870 dollars ! L’initiateur de cette police d’assurance a aussi indiqué qu'il travaillait à des dispositions visant à offrir des compensations pour les chiens victimes d'accidents non mortels et qui couvriraient par ailleurs les blessures infligées aux humains suite à une attaque canine. C’était peut-être par là qu’il fallait commencer !





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