*
Le 28 février dernier, sous l’égide
du Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD),
le Pr Augustin Loada et le Dr Luc Marius Ibriga, constitutionnalistes
et enseignants à l’Université de
Ouagadougou, ont livré des communications sur
l’état du constitutionnalisme en Afrique.
Le Dr Ibriga a dénoncé l’impartialité
du Conseil constitutionnel -à l’occasion
des dernières élections présidentielles-
sur la question de la possibilité ou non pour
Blaise Compaoré de se présenter après
deux septennats. On se souvient qu’il l’avait
déjà fait avant les élections de
2005.
* Extraits d’un article de VOA News du 04 mars,
sous le titre : « Le Burkina Faso et le Cameroun
: deux situations similaires selon les analystes »
: « Les violentes manifestations contre la
vie chère au Cameroun et au Burkina Faso ne surprennent
pas beaucoup d’observateurs de la scène
politico-économiques en Afrique. Pour Daniel
Balint-Kurti, chercheur à l’institut britannique
de Recherche Chatham House à Londres, ces deux
pays ont beaucoup plus en commun qu’une hausse
effrénée du coût de la vie. ‘
Ce sont tous les deux des ex-colonies françaises,
dont les présidents sont au pouvoir depuis terriblement
longtemps. Des présidents soutenus par la France,
qui ne sont pas des leaders démocratiques’,
a expliqué l’expert de Chatham House. M.
Balint-Kurti a rappelé que le président
Biya est à la tête du Cameroun depuis 1982…
Son homologue burkinabé Blaise Compaoré
a pris le pouvoir, lui, lors d’un coup d’état
en 1987. Et les deux ont été réélus
sans difficultés depuis. Le Burkina Faso et le
Cameroun passaient, jusqu’à présent
pour des oasis de paix dans des régions où
l’instabilité règne chez plusieurs
de leurs voisins. Mais pour Daniel Balint-Kurti, ce
n’est qu’un calme apparent. ‘Le problème,
c’est que, quand il n’y a pas de démocratie,
quand les gens sentent que le pouvoir est monopolisé
par une certaine clique, appartenant souvent à
un certain groupe ethnique, la rancoeur s’accumule.
Et un jour, tout explose’ » !
* Paul Biya, chef de l'Etat du Cameroun, face à
la contestation dans son pays, a non seulement diminué
les taxes des produits de première nécessité
mais augmenté les salaires de 15 %. Les autorités
burkinabé, si réticentes à cette
augmentation, devraient en prendre de la graine ainsi
que le demandent le groupe des refondateurs et les syndicalistes
!
*
La Convention collective qui devait être signée
entre les directeurs des organes de presse et le Conseil
supérieur de la communication lundi dernier n’a
pu l’être et la rencontre a été
reportée. Il s’agirait de peaufiner certains
points pas encore consensuels, à ce qu’on
a appris.
* Sur Africa n° 1, le mercredi 05 mars, une émission
sur la vie chère à laquelle participait
en qualité d’invité, Me Hermann
Yaméogo, président de l’UNDD, a
été fort remarquée. Le parallèle
a été fait entre les situations que vivent
plusieurs pays africains et qui, au travers des émeutes
liées à la vie chère, posent le
problème du délitement de la gouvernance.
Les intervenants, très intéressés,
n’ont pas manqué de poser la question de
la refondation et de l’implication des partenaires
à une véritable politique de soutien qui
ne sacrifie pas aux considérations commerciales,
aux droits de l’homme et la démocratie.
Belle initiative quand on sait toutes les craintes que
suscitait le passage sur Africa n° 1 des mains de
Bongo à celles de Kadhafi !
* Dans un tout récent entretien avec «
Géopolitique africaine », Blaise Compaoré,
à qui le journaliste rappelait qu’il y
a deux ans, il était accusé par Laurent
Gbagbo, d’être le responsable des difficultés
ivoiriennes pour ensuite devenir un réconciliateur
de la crise, dira : « C’est vrai qu’il
y a eu des périodes d’incompréhension
entre les autorités ivoiriennes et nous. Nous
étions effectivement accusés d’être
à l’origine de la crise. Rappelez-vous
cependant que lorsque la classe politique ivoirienne
s’est réunie à Marcoussis en janvier
2003, il n’a nulle part été question
du Burkina, dans l’analyse des causes profondes
du conflit. On a plutôt parlé de problèmes
de nationalité, d’élections non
ouvertes, de réforme foncière… Avec
le temps, les autorités ivoiriennes ont compris
que le Burkina n’avait aucun intérêt
à voir la Côte d’Ivoire déstabilisée».
En 2003, le rôle du Burkina a été
souligné dans maints journaux lors de la rencontre
de Marcoussis ! Et le chef de l’Etat burkinabé
aurait dû dire, au lieu de cette phrase : «
Avec le temps, les autorités ivoiriennes ont
compris que le Burkina n’avait aucun intérêt
à voir la Côte d’Ivoire déstabilisée
», « les autorités burkinabé
ont finalement compris que le Burkina Faso n’avait
aucun intérêt à voir la Côte
d’Ivoire déstabilisée ».
* 30 licenciements pour un cafard : on ne blague pas
au Turkménistan. Le président-dictateur
du pays, Gourbangouly Berdymoukhammedov, a limogé
30 employés de la principale chaîne d’Etat
pour avoir laissé un gros cafard marron arpenter
la table du studio lors d’une émission
en direct. Peu de temps avant, il avait licencié
des techniciens ivres qui avaient oublié de transmettre
son message à la nation. Là, c’est
vrai qu’une sanction s’imposait, telle un
avertissement, mais 30 licenciements pour un cafard,
c’est absolument inadmissible quand on pense à
l’angoisse, la désespérance dans
laquelle ces licenciements injustes vont plonger les
familles de ces malheureux !
* Le professeur Mohamed Séghir Babès,
chef de mission du Mécanisme africain d’évaluation
par les pairs (MAEP) était l’invité
de la TNB à l’émission « Actu
Hebdo » le dimanche 02 mars 2008. Il a dit entre
autres que les données sur lesquelles se basent
les experts pour leur travail sont les rapports de la
Banque Mondiale et du FMI mais, bizarrement, il n’a
pas parlé du Rapport du PNUD nous classant avant-dernier
de la classe ni du Rapport de Transparency International
qui nous a taxé d’une mauvaise place dans
son classement des pays les plus corrompus. L’a-t-il
fait consciemment ou inconsciemment ? On n’en
sait rien. Bizarrement aussi, il n’a pas été
question toute l’heure durant, des troubles qu’a
connu le pays : même pas un mot ! Pourtant, il
aurait pu dire que c’est un paramètre dont
les experts tiendront compte dans leur rapport et cela
aurait donné de la crédibilité
à ses propos. Mais à sa décharge,
il a tout de même parlé de « déficit
social marqué » ! En tout cas, s’il
ne ressort pas de ce rapport les demandes des Burkinabé
par rapport à la justice, notamment au jugement
des dossiers sensibles comme celui de Norbert Zongo
et la question capitale de la monarchisation de la gouvernance,
comme on dit, « c’est pas la peine »
!
* Pour clore sur le sujet du Mécanisme d’autoévaluation
par les Pairs d’ une manière plus légère,
lorsque ses experts sont passés à Dori
pour écouter les populations sur la gouvernance
en général, une femme a dit : «
l’Etat donne des outils modernes aux paysans pour
cultiver. Ces paysans vendent ces engins pour se marier»
(Edition du Sidwaya du 03/03/2008). A quand un
« Gang rose » comme en Inde où les
femmes ont pris leur destin en main et où, armées
de bâtons, elles bastonnent les hommes et même
les femmes qui n’agissent pas pour l’intérêt
de la famille ou de la collectivité ? Ce Gang
aurait aussi du travail sur la planche car les femmes
de Dori ont ajouté qu’un des graves problèmes
est le mariage très précoce des filles
qui sont données dès l’école
primaire ! A bon entendeur…
* Mais pourquoi donc la corruption est-elle si difficile
à combattre ? Voici la réponse à
cette question, lue sur le magazine Jeune Afrique du
24 février dernier dans un article concernant
la lutte que mène le ministre de la Justice au
Cameroun : « Parmi les ‘suspects’,
tout le Bottin politico-économique du pays. Ou
presque ». Pour beaucoup, c’est la
vérité vraie comme on dit, et qui ne concerne
pas que le Cameroun mais quasiment tous les pays africains
!
* Quand on s’élève contre ceux qui
jettent les eaux de bains et de lessive partout, c’est
que c’est un comportement qui peut nuire à
l’entourage. Outre le fait que des odeurs nauséabondes
pourraient gêner tout le monde, il y a les risques
de maladies liés au fait que les eaux usées
stagnent et cela amène la prolifération
de moustiques. Figurez-vous qu’il y a de cela
quelques jours, à Ouagadougou, un vieux a fait
les frais de ses propres turpitudes : ayant été
à maintes reprises interpellé par ses
voisins, il passait outre pour jeter ses eaux usées
dans une fosse sans protection qui se trouvait devant
son domicile. Un soir, alors qu’il revenait d’une
randonnée, il a fait un faux pas et s’est
retrouvé dans la mélasse nauséabonde.
Il fut englouti par la soupe à microbes et n’eût
été la diligence de ces mêmes voisins,
il serait mort dans sa propre fosse. Il se remet aujourd’hui
de ses grosses frayeurs mais sans avoir goûté
à ce proverbe qui dit que « qui sème
le vent, récolte la tempête ! »
* Raul Castro vient d’arriver au pouvoir à
Cuba : pouvait-il espérer, s’il n’était
pas le petit frère de Fidel qui dirige depuis
près de 50 ans l’Ile, devenir le numéro
un du pays quand on connaît son caractère,
ses aptitudes ? Certainement pas ! Faure Eyadema et
Joseph Kabila sont parvenus au pouvoir directement après
leurs pères qui étaient au pouvoir. Reconnaissons
que ça n’a pas été très
difficile pour eux ! Et ce sera la même chose
demain pour le fils du « Guide » s’il
prend le relais, la même chose pour Karim Wade
s’il succède à son père Abdoulaye.
Ce sera encore identique si le fils de Ben Ali, le fils
de Déby, le frère de Blaise Compaoré…,
arrivaient demain au pouvoir. Dans tous ces cas, on
parlera avec raison de monarchisation du pouvoir. Mais
ce sera tout à fait différent pour Hillary
Clinton si elle arrive au pouvoir : ce ne sera pas Bill
qui lui aura passé le témoin, il y aura
eu Bush avant. Et si Gilchrist Olympio devient le prochain
président du Togo, personne ne pourra parler
de dynastie à la tête de l’Etat car
ce sera après des années de pouvoir Eyadema
et après des élections disputées
qui ne seront pas faciles du camp où il se trouve.
Conclusion ? Hillary, Gilchrist, pour ne citer que ceux-là,
même s’ils portent des noms prestigieux
qui peuvent les aider un tant soit peu -il faut le reconnaître-
auront peiné et mérité s’ils
arrivent au plus haut niveau. A méditer…
* A l’occasion du 08 mars, la ministre de la Promotion
de la femme a rendu un hommage à ses sœurs,
ce qui est tout à fait normal. Mais quand dans
son Discours, on l’a entendu dire à l’occasion
que notre pays se « singularise à l’échelle
mondiale parmi les Etats profondément attachés
à l’équité et à l’égalité
des sexes », on n’a pu s’empêcher
de penser que c’était tout de même
très excessif : il faut arrêter de s’auto
féliciter de la sorte surtout quand on sait que,
comme on dit, « ça ne suit pas vraiment
» !
* La santé du chef de l’Etat, Blaise Compaoré,
est devenue un sujet qui enflamme les imaginations.
Tout dernièrement, au moment où il se
rendait en France pour de simples problèmes d’yeux,
le bruit a couru qu’en fait, il était au
plus mal et que c’est dans le secret le plus total
qu’on l’a conduit, quasiment dans une camisole
de force, vers l’Hexagone. Et puis, le voilà
se rendant normalement à l’Elysée
pour converser avec Nicolas Sarkozy au sujet de l’Accord
de Ouagadougou. De deux choses l’une : soit il
faut s’en prendre aux intentions macabres de certains
Burkinabé, soit au cynisme des autorités
qui n’hésitent pas à utiliser de
tels ballons-sondes pour détecter ceux dont il
faut particulièrement se méfier dans cette
période d’incertitude !
* Les condamnés de l’Arche de Zoé
vont être graciés par Idriss Déby
sous peu mais le gouvernement français refuse
de dédommager les victimes tchadiennes (il y
en a pour 6 millions d’euros, soit 4 milliards
de FCFA). Deux poids, deux mesures quand on pense à
l’affaire des infirmières bulgares dans
laquelle les familles des enfants libyens ont été
payées rubis sur l’ongle via le Qatar -
à ce qu’il semble- afin que les affaires
entre la France et la Libye redémarrent sur des
chapeaux de roue ?
* Chez nous, cela fait près d’une semaine
que les étudiants de l’UFR/SDS sont en
grève. Comme motifs, on avance le problème
des frais de stage, la rémunération des
permanences et bien d’autres points. La Direction
n’engagerait aucune procédure de discussion
et pire, instrumentaliserait les aînés
de la 8ème année qui bénéficient,
eux, de la rémunération des permanences.
Il faut pourtant trouver une solution aux problèmes
de ces étudiants en médecine qui sont
un relais fort appréciable dans nos hôpitaux
!
* Si l’Hebdo du 29 février a écrit
au sujet de la crise que « Blaise Compaoré
et Tertius Zongo ne devraient pas avoir peur des super
ministres aux bras super longs qui favorisent les collusions
mafieuses entre le politique et les milieux d’affaires
» (Et tout le monde a compris de qui on parlait
!), JJ a pris le contre-pied dans son édition
du 6 au 12 mars 2008 en écrivant au sujet de
cette phrase citée qu’il se demande si
« l’auteur ou les auteurs réalisent
l’étendue de la gaffe ». Le
Journal du jeudi prend la défense claire et nette
du ministre Salif Diallo qui est, selon lui, le «
nœud gordien du problème » et
qui prévient que « si le Nord se rebelle,
on sera dans de beaux draps ». Une chose
est certaine : si les responsables de ces deux organes,
réputés proches du pouvoir, peuvent ainsi
se rentrer dedans par le biais de leurs organes, on
peut avoir peur pour l’avenir du pays !
* Décidément, l’actualité
n’en finit pas de se focaliser sur Salif Diallo.
Après qu’on eût glosé sur
sa présence en Afrique du Sud, maintenant on
n’en a que pour les cours intensifs d’anglais
qu’il ingurgiterait à doses immodérées
auprès d’un professeur qui, après
le Marien N’Gouabi, enseignerait actuellement
à l’université. Pourquoi tout cela
? C’est l’épais mystère qui
continue !
* Greenpeace s'inquiète de la possibilité
de voir entrer au gouvernement français Claude
Allègre et a exprimé son incompréhension
à l'idée d'avoir un ministre qui nie la
réalité des changements climatiques et
soutient le développement des organismes génétiquement
modifiés. On ne peut pas ne pas s’inquiéter
avec la grande organisation car cela pourrait ressembler
à une façon, pour Nicolas Sarkozy, de
se défausser sur l’homme afin d’être
quitte avec les lobbies OGM !
* Le Festival international des masques et des arts
de Dédougou (FESTIMA) qui était à
sa IXe édition en cette fin février/début
mars, a connu un grand succès. Des participants
venus de l’étranger, qui ont déboursé
donc cher pour faire le déplacement et qui ont
adoré ce festival, ont cependant déploré
deux choses : la première, c’est qu’à
chaque apparition des masques, on n’ait pas donné
de détails sur leur origine, leur symbolisme.
Ils nous ont dit avoir eu envie de crier : «Des
explications, s’il vous plaît ! ».
A noter pour la prochaine édition. La deuxième
est que les autorités sont arrivées en
bus avec plus d’une heure de retard, sur le lieu
même où les troupes dansaient et leur ont
balancé de la poussière, en veux-tu, en
voilà : cela a choqué les « étrangers
» de même que le fait de voir par la suite
les membres des troupes ne danser que devant les autorités,
privant les autres personnes qui avaient payé
leurs places, du spectacle. Bien vrai que c’est
en face de ces responsables qu’on peut espérer
glaner des billets de 1.000 ou 2.000 f voire plus mais
il ne faut pas oublier les spectateurs !
* Les USA peuvent se vanter d’avoir fait une bonne
prise : ils ont arrêté le trafiquant d’armes
Victor Bout. Ce dernier risque ni plus ni moins que
15 ans de prison et d’être jugé par
le tribunal spécial pour la Sierra Leone Voici
ce qu’en dit entre autres l’organe «
La Conscience » dans son édition du 7 mars
2008 : «Bout vient de bêtement tomber
dans le panneau d'une opération montée
de toute pièce par la DEA dont les agents se
faisaient passer pour des représentants des FARC.
M. Bout, qui a pris du poids depuis l'époque
de son copinage avec Charles Taylor et Jonas Savimbi
(sans oublier Blaise Compaoré et tant d'autres
dictateurs africains), semble avoir été
arrêté sur la base d'un mandat d'arrêt
américain émis par la DEA ».
* Les prévenus dans l’affaire des casses
de Ouagadougou lors des manifestations contre la vie
chère étaient à la barre le vendredi
dernier. Leurs avocats ayant soulevé plusieurs
exceptions, le jugement a été reporté
au lundi 10 mars.
*
Et pour finir sur une note insolite, sachez que les
chiens en Thaïlande ont droit dorénavant
à une assurance-vie qui offre des compensations
aux propriétaires si leurs animaux adorés
meurent ! Les chiens de race locale sont couverts à
hauteur de 320 dollars mais les propriétaires
d'animaux étrangers ayant un pedigree peuvent
toucher jusqu'à 15.870 dollars ! L’initiateur
de cette police d’assurance a aussi indiqué
qu'il travaillait à des dispositions visant à
offrir des compensations pour les chiens victimes d'accidents
non mortels et qui couvriraient par ailleurs les blessures
infligées aux humains suite à une attaque
canine. C’était peut-être par là
qu’il fallait commencer !