Mise à jour le 09/03/2008
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San Finna N°454 du 10 au 16 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

COUP DE GUEULE
«CHANTEUSES » BURKINABE A LA TELEVISION
AYEZ PITIE DE NOS OREILLES !

Seule à la maison, dans l‘espoir d’avoir un peu de compagnie, la solution la plus facile reste celle d’allumer sa télé. Malheureusement à Ouaga, la qualité des programmes n’est pas toujours au rendez-vous. Passé les télénovelas destructrices moralement parlant et pitoyablement mal doublées, vous tombez ce qui me crève le cœur sur ces très nombreuses chanteuses burkinabé, mes sœurs, qui n’ont pas honte d’afficher toute leur médiocrité dans des clips qui s’enchaînent jusqu’à l’écoeurement.

Que l’on s’entende bien, je n’ai rien contre la musique burkinabé. Bien au contraire, je suis souvent fière de la créativité dont elle fait preuve et j’ai un amour sincère pour les rythmes traditionnels. C’est parce que j’aime cette musique que je ne supporte plus qu’une fille, aux fesses bénies des Dieux, vienne les secouer sur une pelouse de Ouaga 2000 en poussant une chansonnette déraillée. Généralement, ces filles sont convaincues d’être de futures divas. On le sent dans leur regard assuré, ce même regard qui a convaincu un producteur ou un homme au portefeuille bien garni, de la faire
chanter. Les mauvaises langues disent que parfois, ces mêmes filles investissent seules dans un clip dans le but de reprendre du galon sur le marché de l’ « amour ». Un minois étiqueté « vu à la télé » aura plus de chances de retenir l’attention d’un généreux dragueur que le sourire d’une parfaite inconnue. C’est une règle élémentaire en matière de marketing : il faut cultiver l’image de marque, tourner en boucle à la limite du matraquage télévisuel pour se faire un nom !


Si tant est que cela en séduit quelques-uns, je pourrais m’en réjouir si, une fois la proie séduite et la diva de pacotille fin prête à être entretenue, cette dernière ne s’obstinait pas à pousser encore la chansonnette. Mais toujours plus confiante en ses talents artistiques, sapée de chinoiseries vulgaires et moulantes (si maquillée que sa couche de rouge à lèvre pourrait nourrir une famille entière) on continue à la voir à la télé rouler dans un 4X4 luxueux qu’évidemment elle n’a pas, dans un quartier où elle ne dort pas, demandant à ses « frères et sœurs » de s’éclater dans la vie et de faire comme elle. C’est-à-dire rien, car tout ceci n’est que mensonges et supercheries. Elle ne sait guère chanter ni vraiment bien danser, si ce n’est remuer ses fesses bien fournies.

La faute à qui ? A certaines maisons de production burkinabé qui permettent à n’importe qui d’enregistrer une chanson à condition de payer, histoire de survivre à la déliquescence de ses productions ratées. Mais la faute surtout à la TNB et donc à l’Etat qui encouragent cette permissivité qui donne raison à ce monsieur entré dans l’histoire avec sa célèbre sortie : « La morale agonise au Faso ».

Un conseil : si vous misiez sur de vraies artistes, peut-être que cette fois-ci cela marchera…

Fatoumata Touré






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