San
Finna N°454 du
10 au 16 Mars 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
COUP
DE GUEULE
«CHANTEUSES » BURKINABE A LA TELEVISION
AYEZ PITIE DE NOS OREILLES !
Seule
à la maison, dans l‘espoir d’avoir
un peu de compagnie, la solution la plus facile reste
celle d’allumer sa télé. Malheureusement
à Ouaga, la qualité des programmes n’est
pas toujours au rendez-vous. Passé les télénovelas
destructrices moralement parlant et pitoyablement mal
doublées, vous tombez ce qui me crève le
cœur sur ces très nombreuses chanteuses burkinabé,
mes sœurs, qui n’ont pas honte d’afficher
toute leur médiocrité dans des clips qui
s’enchaînent jusqu’à l’écoeurement.
Que
l’on s’entende bien, je n’ai rien
contre la musique burkinabé. Bien au contraire,
je suis souvent fière de la créativité
dont elle fait preuve et j’ai un amour sincère
pour les rythmes traditionnels. C’est parce
que j’aime cette musique que je ne supporte
plus qu’une fille, aux fesses bénies
des Dieux, vienne les secouer sur une pelouse de
Ouaga 2000 en poussant une chansonnette déraillée.
Généralement, ces filles sont convaincues
d’être de futures divas. On le sent
dans leur regard assuré, ce même regard
qui a convaincu un producteur ou un homme au portefeuille
bien garni, de la faire
chanter. Les mauvaises langues disent que parfois,
ces mêmes filles investissent seules dans
un clip dans le but de reprendre du galon sur le
marché de l’ « amour ».
Un minois étiqueté « vu à
la télé » aura plus de chances
de retenir l’attention d’un généreux
dragueur que le sourire d’une parfaite inconnue.
C’est une règle élémentaire
en matière de marketing : il faut cultiver
l’image de marque, tourner en boucle à
la limite du matraquage télévisuel
pour se faire un nom !
Si tant est que cela en séduit quelques-uns, je
pourrais m’en réjouir si, une fois la proie
séduite et la diva de pacotille fin prête
à être entretenue, cette dernière
ne s’obstinait pas à pousser encore la chansonnette.
Mais toujours plus confiante en ses talents artistiques,
sapée de chinoiseries vulgaires et moulantes (si
maquillée que sa couche de rouge à lèvre
pourrait nourrir une famille entière) on continue
à la voir à la télé rouler
dans un 4X4 luxueux qu’évidemment elle n’a
pas, dans un quartier où elle ne dort pas, demandant
à ses « frères et sœurs »
de s’éclater dans la vie et de faire comme
elle. C’est-à-dire rien, car tout ceci n’est
que mensonges et supercheries. Elle ne sait guère
chanter ni vraiment bien danser, si ce n’est remuer
ses fesses bien fournies.
La faute à qui ? A certaines maisons de production
burkinabé qui permettent à n’importe
qui d’enregistrer une chanson à condition
de payer, histoire de survivre à la déliquescence
de ses productions ratées. Mais la faute surtout
à la TNB et donc à l’Etat qui encouragent
cette permissivité qui donne raison à ce
monsieur entré dans l’histoire avec sa célèbre
sortie : « La morale agonise au Faso ».
Un conseil : si vous misiez sur de vraies artistes, peut-être
que cette fois-ci cela marchera…