San
Finna N°455 du
17 au 23 Mars 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
REUSSITE
DES MARCHES MEETINGS DU 15 MARS 2008
VERS 48 HEURES D’ARRET DE TRAVAIL LES 8 ET 9 AVRIL
L’annonce
avait été faite depuis la semaine
dernière. Les organisations syndicales ainsi
que plusieurs organisations de la société
civile ont tenu, comme annoncé largement
par la presse nationale et internationale, des marches
meetings le 15 mars dernier. Leurs revendications
s’inscrivent dans la situation de crise que
vit le pays depuis février dernier. Situation
marquée par des manifestations de colère,
de déclarations médiatiques…
Manifestants
du 15 Mars à Ouagadougou
Cette
manifestation a connu une présence massive
de nos concitoyens. On parle de plus de 20.000 manifestants
dans les rues de la capitale ce samedi. Pour l’occasion
et pour les manifestations à venir, les organisations
syndicales et de la société civile
ont créé un cadre. Il s’agit
de la « Coalition nationale de lutte contre
la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité
et pour les libertés », en abrégé
CCVC. Une plate-forme a donc été rédigée
autour des 15 points suivants :
-
le relèvement des salaires et pensions des agents
des secteurs public, parapublic et privé sans distinction,
au taux de 25 % pour compter de janvier 2001 ;
- la réduction significative et effective des prix
et contrôle des prix et de la qualité des
prix des produits de 1ère nécessité
: riz, mil, maïs, haricot, huile, sel, sucre, lait,
etc. ;
- la réduction des taxes sur les produits pétroliers,
de l’IUTS, des taxes qui frappent les petits commerçants,
les artisans, les prestataires de services et la suppression
de la TVA sur les prêts bancaires ;
- le relèvement des premières tranches de
l’ONEA et de la SONABEL respectivement à
10 m 3 et à 75 KWH ;
- l’application immédiate des points d’accord
issus des négociations Gouvernement/Syndicats de
novembre 2007 ;
- l’amélioration des conditions de vie et
d’études des élèves et étudiants
notamment par la réinstauration de bourses scolaires,
l’augmentation des bourses et aides des étudiants,
la construction d’infrastructures scolaires et universitaires
(écoles, CEG, lycées, amphithéâtres,
cités universitaires adaptées, etc.) ;
- l’arrêt de l’expropriation des paysans
pauvres de leurs terres. Révision à la hausse
des prix d’achat du coton et autres produits des
paysans. Baisse des coûts des intrants agricoles
;
- la prise de mesures concrètes et efficaces contre
la corruption et la fraude. Assainissement de la gestion
des marchés publics au niveau aussi bien des procédures
d’attribution que de résiliation des marches
(institutions, DGMP, Faso Baara, DACR…) ;
- la prise de mesures énergiques contre la mauvaise
gestion des ressources humaines et des biens publics ;
- la non signature par le Burkina Faso des APE dont le
contenu actuel est porteur de graves dangers pour l’économie
nationale, particulièrement l’agriculture
et l’industrie ;
- la gratuité effective de l’Ecole pour les
enfants jusqu’à l’âge de 16 ans
; la formation professionnelle gratuite des jeunes ; des
emplois pour les jeunes ;
- la gratuite des soins d’urgence et de base et
vaccination adaptée contre les endémies
et épidémies, notamment la méningite
;
- l’arrêt des P.A.S. et des privatisations
sauvages des entreprises publiques notamment celles à
caractère stratégique comme l’ONEA,
la SONABEL, le BUMIGEM, la SONABHY, etc. Le règlement
définitif de tous els dossiers sociaux traités
par la justice ou soumis aux autorités. Institution
d’une allocation chômage particulièrement
pour les travailleurs victimes des P.A.S. ;
- la traduction effective de tous les auteurs de crimes
économiques et crimes de sang. La réouverture
du dossier Norbert ZONGO ;
- la garantie effective de la liberté de presse
et d’expression, de manifestation, d’organisation
;
- le libre choix des citoyens lors des élections
et l’instauration des candidatures indépendantes.
Outre
cette plate-forme, un message a été remis
à l’attention du chef de l’Etat pour
porter à sa connaissance que les organisations
syndicales appellent les travailleurs des secteurs public
et parapublic à observer un arrêt de travail
de 48 heures les 8 et 9 avril prochains sur toute l’étendue
du territoire.
Dans
l’ensemble, cette manifestation a tenu toutes les
promesses des organisateurs qui n’ont pas manqué
de souligner leur satisfaction pour la mobilisation constatée.
Il est à relever que, par moments, les slogans
ça et là prononcés par les marcheurs
demandaient la libération de Nana Thibault et des
autres détenus des manifestations orageuses des
semaines passées.