Mise à jour le 16/03/2008
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°455
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope
PUBLICITES

Galerie de photos

 
 
LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni

RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!
          
San Finna N°455 du 17 au 23 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

MANIFESTATIONS POUR LE REFONDATION A KOUDOUGOU
REPORTEES A CAUSE DE L’ARRESTATION-DISPARITION
DE CLEMENT OUEDRAOGO

Ouédraogo Clément, Sergent à la retraite, président de l’Association en formation l’Alliance des militaires retraités (AMIR), qui avait au cours d’une conférence de presse le 06 mars 2008, porté à la connaissance de l’opinion, le lancement de son association et qui avait participé le dimanche 09 mars 2008, avec d’autres associations, à l’organisation d’un Forum pour la refondation de la gouvernance nationale au CBC, a été arrêté à son domicile par deux éléments motorisés, ce vendredi 14 mars 2008, aux alentours de 12 h. Il s’apprêtait à se rendre à Koudougou où il devait participer à d’autres forums et manifestations autour de la refondation nationale, comme réponse à la crise que traverse le pays.

Il aurait été conduit à la gendarmerie puis à la Justice militaire et déféré sans autre forme de procès, à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou. Motif : à peine libéré d’une précédente détention pour des manifestations qu’il organisait, il est en train de créer une association. Voilà la prévention qui lui est reprochée.
Voilà jusqu’à plus informé, une arrestation arbitraire puisque l’association en voie de constitution ambitionnait de s’ insérer dans le cadre des institutions républicaines et qu’elle répondait même à une critique faite aux militaires retraités de s’agiter alors qu’ils n’ont aucun cadre légal, aucun récépissé pour ce faire.

Clément Ouédraogo



Si Clément Ouédraogo n’a pas volé, frappé, tué, s’il n’a pas commis d’infraction et s’il est seulement arrêté à cause de sa volonté de s’organiser, avec ses camarades, au sein d’une association pour défendre les intérêts des anciens militaires et des citoyens, il faut mettre fin à l’injustice dont il est victime.

En tout état de cause, le Comité de suivi de l’Appel du 9 mars 2008 pour un dialogue refondateur inclusif et républicain pour juguler la crise, a décidé, par solidarité à l’endroit de son camarade, de reporter à une date ultérieure les manifestations initialement programmées à Koudougou pour les 15 et 16 mars 2008.

Lamine Koné


A LA RECHERCHE DE NOUVELLES SUR CLEMENT OUEDRAOGO

C’est le moins qu’on puisse dire : nul ne sait où se trouve le Sergent de l’armée burkinabé (à la retraite depuis le 31 décembre 2007) : Clément Ouédraogo. Anciennement porte-parole des militaires retraités, il était en train de mettre en place une association apolitique : l’Alliance des militaires retraités (AMIR). Mais comment sa disparition est-elle intervenue ?

Le vendredi 14 mars, alors que nous cherchions à le joindre en vue de la rédaction d’un article sur cette association, à entrer en contact avec lui, nous n’avons pu le trouver, ni le joindre téléphoniquement.

Alors que le bruit courait que l’ordre serait venu de la haute hiérarchie militaire qui, agacée des activités qu’il tient, aurait laissé entendre que c’est parce qu’il est dehors qu’il bouge, nous sommes tombés, dans nos recherches, sur son ami et camarade d’association, Damiba Deudom, qui nous a appris que Clément Ouédraogo a été arrêté le vendredi 14 mars, aux environs de 14 h, à son domicile par des gendarmes en civil : « Le vendredi, Clément m’ appelle sur mon portable pour me confier que la gendarmerie de Paspanga est venue l’arrêter. Je suis parti à la gendarmerie pour me renseigner. Sans succès. Mais il y a un adjudant chef que j’ai retrouvé et lui, il m’a dit d’aller plutôt à la Justice militaire si c’est Clément que je cherche. Effectivement, je m’y suis rendu mais j’ai trouvé des bureaux fermés. Là aussi, j’ai retrouvé une vieille connaissance qui m’a alors dit que Clément n’était pas venu là-bas, sinon on allait l’enregistrer sur le cahier de registre. Je suis même reparti ce matin (NDLR : le 15 mars) mais on ne sait vraiment pas où se trouve Clément. Il a disparu ! ».

C’ est alors que nous nous sommes rendus tous les deux au domicile de Clément Ouédraogo. Là, on nous confirmera sa disparition. Un de ses enfants, Arnold, nous dira même ceci : « Ils ont montré un papier à mon père en lui disant que c’est le Capitaine de la gendarmerie de Paspanga qui les envoie le chercher, et il leur a dit d’attendre qu’il finisse de manger. Après, il est rentré dans la chambre et est ressorti, accompagné des deux messieurs. Ils ont même posé des questions sur notre scolarité ».

Pour avoir reçu des menaces à l’occasion d’une précédente interview, qu’elle nous avait accordée, l’épouse de Clément Ouédraogo, Fati, n’a pas voulu rentrer dans les détails de notre conversation et surtout n’a pas voulu que sa photo soit publiée dans le journal. Nous apprendrons toutefois par ses soins, ceci : « Il (NDLR : Clément Ouédraogo) était en train de manger, et moi je dormais. J’ai cru que c’était des amis à lui, comme il en vient souvent ici, d’autant plus qu’il ne m’a rien dit avant de partir ».

Damiba Deudom lâchera, tout fâché : « Moi je ne suis pas content. La lutte que nous faisons au sein de notre association en création et même avant, n’est pas une lutte politique. Nous voulons améliorer nos conditions de vie, c’est tout. Pourquoi tout le temps, c’est Clément seul qu’on embête ? Je suis même prêt à le rejoindre là où il est ».

Au moment où le pays gronde de protestations concernant les atteintes aux droits économiques et sociaux, aux libertés, cette façon de faire ne fait que mettre de l’huile sur le feu et confirmer que la liberté d’aller et venir, de penser, au Burkina, est vraiment menacée.

Vivement que sa famille et ses amis soient informés de sa situation et des faits qu’on lui reproche. Un Etat de droit ne se comporte pas comme ça avec ses citoyens, et ce n’est pas parce qu’on est un militaire retraité qu’on n’a pas de droits !

Aristide Ouédraogo






Site réalisé par Come Tell The World