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FAUT-IL
OU NON PARTICIPER AUX ELECTIONS DU 1ER JUIN ?
Le
gouvernement a décidé, après
dissolution de plusieurs conseils municipaux, de
convoquer les électeurs du Kouritenga, le
Bam, le Boulgou et le Koulpelogo pour le renouvellement
de 4 conseils municipaux qui ont été
dissous. Cela se passant dans un contexte marqué
par les demandes de modification des lois électorales,
de la constitution et de refondation, ce n’est
pas sans soulever une certaine polémique.
Il y a en effet qui soutiennent qu’il faut,
en dépit de toute considération, aller
à ces élections pendant qu’il
en est qui affirment absolument le contraire. Deux
sons de cloche. |
| IL
FAUT Y ALLER
Nulle
part au monde, la politique de la chaise vide n’a
porté bonheur à ceux qui la pratiquent.
Il ne faut pas faire les consultations buissonnières
pour le renouvellement des conseils à municipaux
. Abel Toussaint Coulibaly, président de
l’UPR (mouvance présidentielle), dira
: « Nous allons effectivement aller aux
élections dans le Kouritenga. Mais je pense
que de blocage en blocage dans les communes, nous
sommes en train de rentrer dans un cycle infernal.
Nous ne sommes pas au bout des communes qui seront
dissoutes. Pour ces élections partielles,
je pense que ce n’est pas nécessaire
qu’on révise le code électoral
parce qu’il faudrait le faire pour le long
terme. Pour les élections locales, surtout
que ça ne concerne pas un grand pourcentage
de la population, à mon avis, on n’a
pas besoin de relecture à partir du moment
où il n’y a pas de révision
électorale à l’échelle
nationale et vous savez que le fichier électoral
est national ». Philippe Ouédraogo,
président d’un parti d’opposition
parlementaire (PAI affilié PDS) embouchera
la même trompette avec les précisions
suivantes : « Dans la situation où
nous sommes, nous participons toujours sous l’égide
du PDS. Donc nous présentons des candidats
sous la bannière de ce parti. D’abord,
je considère que les élections qui
ont lieu et qui concernent les provinces où
avec le PDS, nous avions des maires et des conseillers,
nous considérons que le motif de dysfonctionnement
qui a été évoqué n’est
pas fondé. Donc, nous sommes victimes de
l’injustice et ça correspond très
bien à l’objectif qui était
recherché par les conseillers CDP qui n’avaient
pas eu les mairies où il y a nos maires.
C’est pour cela que nous avons dit dans l’article
que nous avons signé en commun, que le code
des collectivités mériterait d’être
réformé pour ne pas donner un suffrage
aussi arbitraire au gouvernement. Effectivement,
nous souhaitons comme beaucoup de partis qu’il
y ait une révision du code électoral
basé sur l’expérience que nous
avons vécue de ce code-là, de façon
à assurer la transparence et la réduction
des fraudes que nous avons constatées lors
des dernières élections. Cette révision
n’a toujours pas eu lieu et au niveau du G
14, nous nous sommes exprimés à ce
sujet. Nous avons fait des propositions et nous
avons suggéré de créer un groupe
de travail incluant le parti majoritaire et les
partis d’opposition pour en discuter sereinement
et convenir de ce qui est convenable pour assurer
la transparence des élections. Mais malheureusement
ça n’est pas encore fait, et nous voilà
engagé dans de nouvelles élections
municipales. Nous allons avec le PDS nous présenter
dans les communes dont on a dissous nos conseillers
municipaux et évidemment nous allons à
cette compétition avec l’ancien code.
Et comme il n’y a pas moyen de faire autrement,
nous souhaitons que la révision du code intervienne
le plus tôt possible mais ce sera certainement
après ces élections ».
Ils n’ont pas tort, tous les deux, car la
nature a horreur du vide !
TOMI. |
NE
SURTOUT PAS ALLER
Les
hommes politiques et leaders de la société
civile burkinabé ont l’art de critiquer
les travers de la gouvernance nationale en occultant
leur propre inconséquence qui y participe.
Quand on proclame à longueur de scrutin que
les élections sont bidouillées, impropres
à satisfaire la justice électorale
et à exprimer la volonté du peuple,
on n’y participe pas. Celui qui sait qu’au
bout de la ruelle, il y a la mort garantie, ne devrait
pas l’emprunter à moins d’avoir
une vocation au suicide. Ces élections partielles
à venir n’ont pas été
précédées par les réformes
demandées par la classe politique, toutes
tendances confondues. Il ne faut surtout pas y aller.
C’est le point de vue partagé par Djiguemdé
Omar, président du PAREN : « Selon
la loi, ces communes ont été dissoutes.
Nous respectons les textes même s’il
y a à redire. Les compétitions à
venir, en ce qui concerne notre parti, j’avoue
que ce n’est pas une fin en soi. Je suis même
presque certain que nous n’allons pas compétir.
Le code électoral actuel et la compétition
ne permettent nullement l’expression d’une
démocratie réelle alors que notre
pays est à la pointe de la résolution
de crise de pays voisins et frères. Si on
ne revient pas sur un certain nombre de conditions,
le PAREN se donne la latitude de suspendre ses activités
pour ne pas être comptable devant l’histoire
et voire même de se dissoudre. Nous ne sommes
pas un parti électoral mais si la base souhaite
prendre part à ces élections, nous,
nous aviserons en temps opportun ». Emile
Paré, président du MPS/PF, est encore
plus catégorique : « Nous, nous
avons dans notre parti une position de principe.
D’abord, toutes les crises qui sont nées
jusque-là dans les communes sont des crises
suscitées et entretenues par le CDP, cela
pour favoriser la dissolution des conseils municipaux
qu’il ne contrôle pas. Notre position
est qu’il est inutile de participer à
des élections puisque le CDP ne veut pas
de démocratie à la base. Si en tout
cas, une structure locale participe à ces
élections, ce sera sans l’aval du parti.
Nous avons proposé pour la refondation, des
élections locales au suffrage universel,
direct et secret. Nous disons qu’il ne s’agit
pas d’élections partielles. Il s’agit
de reprendre l’ensemble du processus électoral
sur la base de textes nouveaux. Dès l’instant
que nous avons soulevé cette question de
la refondation avec des propositions à l’appui,
il est inutile de participer. Toute l’opposition
devrait boycotter ces élections-là
». A ce stade, ce n’est surtout pas
un Me Hermann Yaméogo dont il faudrait recueillir
le point de vue, lui dont on connaît l’antienne
sur la mal-démocratie et les « élections
exécution ! politiques d’opposants
»
TOZI.
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