San
Finna N°456 du
24 au 30 Mars 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
RUPTURE
ALPHA BLONDY / ALASSANE OUATTARA
DES REVELATIONS EXPLOSIVES DU REGGAEMAN IVOIRIEN
Ceux
qui suivent l’actualité politique ivoirienne
savent que depuis un certain temps, les rapports ne sont
plus au beau fixe entre Alpha Blondy, la star internationale
de reggae et le parti ivoirien dont il aurait un moment
endossé les couleurs, le R.D.R. d’Alassane
Dramane Ouattara. En effet, comme si elle s’était
donnée le mot, la presse proche d’A.D.O.
s’est depuis quelque temps déchaînée
sur le rasta ivoirien avec une férocité
digne d’un tabloïd anglais. « Nous appelons
tous nos militants, à l’intérieur
comme à l’extérieur de la Côte
d’Ivoire, à boycotter les œuvres d’Alpha
Blondy. C’est un escroc et n’a rien retenu
de la philosophie Rasta », a lancé depuis
Bouaké, le Secrétaire général
adjoint chargé des Affaires politiques du RDR,
le ministre Amadou Soumahoro. Il a ajouté que les
propos du chanteur par rapport au fait que ADO serait
à l’origine de tous les malheurs de la Côte
d’Ivoire, sont des « délires d’un
toxicomane ». Mais l’idole de la jeunesse
ivoirienne, connu pour ne pas avoir sa langue dans la
poche, étonnait jusque là par son silence…
jusqu’au 18 mars dernier où dans une interview
accordée à notre confrère ivoirien
Notre Voie (et le choix de cet organe n’est certainement
pas un hasard) Alpha Blondy déballe en public le
linge sale du R.D.R. et de son président. Et alors
là, ceux qui ont ‘’cherché la
bouche’’ de l’artiste-musicien l’ont
vraiment trouvée. Nous vous laissons apprécier.
«
Après les injures et menaces du RDR: Alpha
Blondy déballe tout »
«
La star ivoirienne du reggae, Alpha Blondy, s'est ouverte
à Notre Voie, samedi dernier à son domicile.
Dans un franc-parler inédit, rendu encore plus
cru par les attaques de la presse du Rassemblement des
Républicains (RDR) contre sa personne, depuis quelque
temps, l'artiste présente M. Alassane Dramane Ouattara
comme étant « le problème de la Côte
d'Ivoire» et tient à le démontrer.
Des révélations à couper le souffle.
Interview.
Notre
Voie : Alpha Blondy, dans une interview accordée
au mensuel panafricain Afrique Magazine (AM) n° 270
de mars 2008, vous avez qualifié M. Alassane Dramane
Ouattara de prestidigitateur et avez soutenu qu'il ne
sera jamais président de la République de
Côte d'Ivoire. Pourquoi vous attaquez-vous à
ce leader politique ivoirien ?
Alpha
Blondy : Souvenez-vous, à un moment
donné de ma vie et de l'histoire de la Côte
d'Ivoire, j'ai crânement défendu le
cas Alassane Dramane Ouattara, le leader du Rassemblement
des Républicains (RDR) et un des futurs candidats
à l'élection présidentielle
en Côte d'Ivoire. J'avais dénoncé
le fait qu'on le traite
Alpha
Blondy
d'ivoirien lundi et d'étranger
mardi. Et qu'à cause de cela, ce Monsieur
que le PDCI a envoyé en Côte d'Ivoire
ne pouvait pas être candidat à l'élection
présidentielle. J'avais dit non ! Et aujourd'hui,
il peut être candidat à la présidentielle.
Ne voyez-vous pas que ce combat que j'ai mené
a payé dans une certaine mesure ? Mais actuellement,
les données ont changé et il me semble
important de souligner les actes graves que M. Ouattara
a posés. Il faut le dire, nous ne partageons
pas sa façon de faire.
N.V.
: Que lui reprochez-vous ?
A.B. : Il serait indécent de ne pas souligner
que le premier coup d'Etat en Côte d'Ivoire (le
24 décembre 1999 qui a renversé le président
Henri Konan Bédié, ndlr) a été
fait par M. Ouattara...
N.V.
: Comment le savez-vous ?
A.B. : Mais il l'a dit lui-même et les
Ivoiriens en sont témoins. Il a dit : «Quand
je frapperai ce régime moribond, il tombera».
Il avait annoncé aussi aux Ivoiriens : «Je
reviendrai à Noël». Donc il savait bien
de quoi il parlait. Le 24 décembre 1999, il a effectivement
frappé, le régime Bédié est
tombé et il est revenu en Côte d'Ivoire.
Pour moi, le coup d'Etat était déjà
un acte anti-démocratique. Et je dis que c'est
ce coup d'Etat qui a ouvert la boîte de Pandore
d'où sont sorties toutes les tentatives hebdomadaires
de coups d'Etat qui ont abouti à la guerre, cause
de la rébellion armée du 19 septembre 2002
suivie de la partition systématique du pays.
N.V.
: Le général Robert Guéi, chef du
CNSP, la junte militaire au pouvoir, avait pourtant indiqué,
devant la nation, que le coup d'Etat de 1999 était
l'œuvre des «Jeunes gens »...
A.B. : Je n'entre pas dans ce genre de masturbation.
N.V.
: Vous n'y croyez pas ?
A.B. : Non ! Mais écoutez, lorsque la
guerre a éclaté en septembre 2002, Alassane
Ouattara a déclaré sur RFI - je l'ai bien
écouté - qu'il n'était ni de près
ni de loin mêlé à la rébellion.
Mais j'ai regardé plus tard une vidéo où
des rebelles égorgent un gendarme. Sur ce document
(j'ignore comment l'on procède en matière
de montage et de truquage), ce que Koné Zakaria
(un des chefs rebelles, ndlr) dit est clair - je comprends
bien le malinké. Il a dit : «Nous avons pris
les armes, pas pour IB, mais pour Alassane Ouattara».
Et que c'est lui qui leur envoyait 25 millions de FCFA
par mois. Zakaria l'a dit. Si cette grave accusation était
fausse, pourquoi M. Ouattara n'a-t-il pas apporté
de démenti ?
N.V.
: Que voulez-vous finalement insinuer ?
A.B. : M. Ouattara est largement le commanditaire
de la rébellion, you know. Je ne suis pas Jack
Bauer (personnage principal d'une série policière
américaine à la télé, NDLR)
mais c'est M. Ouattara qu'on connaît. Qui ne dit
mot consent. Même, à un moment donné,
Guillaume Soro s'est un peu énervé devant
le refus de M. Ouattara d'assumer.
Je signe et je persiste qu'Alassane Ouattara est à
l'origine du coup d'Etat de 1999 qui a entraîné
la guerre. Il est à l'origine de tous les problèmes
que nous vivons aujourd'hui. Depuis qu'il est venu dans
ce pays, nous avons rompu avec la tranquillité
et la sérénité. Celui qui a tiré
le plus grand profit de l'Ivoirité, c'est bien
Alassane Ouattara. Il en a fait un fonds de commerce.
Le PDCI, sa famille politique de départ, ne voulait
pas de lui pour deux raisons principales.
N.V.
: Lesquelles ?
A.B. : Première raison, lorsque Alassane
Ouattara est arrivé en Côte d'Ivoire en 1990,
il n'aurait pas dû sortir avec Dominique Nouvian-Folléroux
(son épouse actuelle, NDLR).
N.V.
: Vous y allez fort !
A.B. : Oui mais lui, il n'a pas hésité.
Moi, je relate les faits. Je fais un décryptage,
you know. A l'époque, je sortais avec Patricia,
la fille d'un Européen qui travaillait à
la présidence. Elle m'a confié ceci, après
la nomination d'Alassane Ouattara : «Attention votre
Premier ministre-là est en train de prendre un
virage dangereux. Parce que Dominique est en quelque sorte
la «Go» du président de la République,
Félix Houphouët». Comprenez-vous le
sens de ce message de Patricia ? Je pense qu'Alassane
Ouattara pouvait s'offrir toutes les filles d'Abidjan,
sauf celle-là. Ce qu'il a fait, c'est comme si
tu couchais avec ta propre mère. Parce que le président
Houphouët était son père politique
et spirituel. Et quand tu as fini de coucher avec ta mère,
n'aies pas la prétention de ravir à ton
père son fauteuil. Or, Ouattara a fait tout cela.
C'est ce que le PDCI n'a jamais osé dénoncer
aux yeux du monde. Voilà pourquoi beaucoup se sont
contentés de le traiter d'étranger. Ce qui
l'a d'ailleurs arrangé car il en a fait son fonds
de commerce.
N.V.
: Quelle est la seconde raison ?
A.B. : Il voulait niquer M. Konan Bédié.
Quand le président Houphouët est mort, beaucoup
de cadres du PDCI ont regardé Alassane Ouattara
bizarrement. Ça murmurait qu'après avoir
couché avec Dominique par calcul politique...
N.V.
: Avez-vous un problème avec Mme Dominique Ouattara
?
A.B. : Non, pas du tout, je respecte Dominique.
Seulement, je voulais dire qu'elle n'est pas la seule
personne qu'Alassane Ouattara a bernée. Mais elle
n'est pas dupe. Dominique avait perdu son mari dans des
conditions tragiques. Et M. Ouattara a profité
de la blessure de cette dame - je vous le dis parce je
le pense sincèrement - pour déployer son
calcul politicien. Il s'est servi d'elle pour son ambition.
N.V.
: Vous dites là des choses terribles ?
A.B. : On me qualifie de fou, non ? Mais un fou,
il sait beaucoup de choses, you know ! Le mariage de M.
Ouattara avec Dominique, relève d'un calcul politicien.
Il prétend que Houphouët lui a donné
l'ordre de prendre cette femme. Mais il a oublié
que c'est parce qu'il a couché avec elle que «le
Vieux» s'est fâché et la lui a cédée.
Un proche d'Houphouët - et non des moindres - m'a
confié que «le Vieux» en a pleuré.
Parce qu'il ne pouvait pas s'imaginer que quelqu'un qu'il
a fait venir auprès de lui de bonne foi puisse
lui planter le couteau dans le dos. Son entourage en été
malade aussi. C'est de là qu'est parti le débat
sur la filiation de Ouattara. Aujourd'hui, nous disons
qu'Alassane Ouattara est certes un Ivoirien mais il y
a un problème.
N.V.
: Quel problème encore ?
A.B. : Tu peux être un Ivoirien mais si
tu as grandi à Bobo-Dioulasso, où est le
problème ? Ses frères ont grandi à
Dimbokro, dans le centre de la Côte d'Ivoire. Mais
lui, il a grandi du côté de la Haute Volta,
c'est-à-dire dans la région de Bobo-Dioulasso.
Même quand il parle le malinké, son accent
est de Bobo-Dioulasso. Il ne faut pas en avoir honte !
Mais il semble tellement perturbé par cela. Et
il raconte à sa femme Dominique que je suis son
cousin. Parce que nous sommes tous deux nés à
Dimbokro. Je ne suis pas son parent. Il n'a pas besoin
de forcer des liens de parenté avec moi pour prouver
qu'il est Ivoirien. Dans tous les cas, on ne couche pas
avec la femme de son papa. Mais il l'a fait.
N.V.
: Pourquoi est-ce maintenant que vous en parlez ?
A.B. : Excusez-moi, chaque chose en son temps
! Un jour ou l'autre, Dominique Folléroux se réveillera.
Alassane Ouattara pense que M. Sarkozy va l'imposer aux
Ivoiriens parce qu'il a été tout simplement
le témoin de son mariage. C'est peut-être
vrai que le président français est son ami,
mais attention !
N.V.
: N'est-il pas envisageable que M. Sarkozy veuille donner
un coup de pouce à son ami en difficulté
?
A.B. : M. Sarkozy pourrait aider la Côte
d'Ivoire en tant qu'Etat mais pas M. Ouattara en tant
qu'individu. Parce que les intérêts de la
France sont plus grands que ceux de Messieurs Sarkozy
et Ouattara. Quand je dis qu'Alassane Ouattara ne peut
pas être président de Côte d'Ivoire,
c'est parce qu'il a fait couler trop de sang, de larmes.
Il a fait briser trop de vies d'innocents. Je pense sincèrement
ce que je dis. Depuis le coup d'Etat de 1999, avez-vous
vu se bousculer des personnalités comme Ahoua N'Guetta,
Essy Amara, enfin tous les repères de tous bords
politiques confondus ? Savez-vous pourquoi ? Parce que
la chaîne référentielle a été
brisée. En outre, les généraux Palenfo
et Coulibaly se sont également éclipsés
et ont vu leurs vies respectives brisées parce
qu'on leur colle une étiquette de RDR déçus.
Même moi qui vous parle...
N.V.
: Justement, il y a quelques années, vous avez
proclamé que vous êtes un militant du RDR...
A.B. : J'ai déjà reconnu dans un
mensuel panafricain qu'Alassane Ouattara a roulé
tout le monde dans la farine. On dit que M. Gbagbo est
un boulanger. D'accord, mais je dis que M. Ouattara est
un hyper boulanger. C'est le propriétaire des Grands
Moulins d'Abidjan (rires). Et moi, je suis un chanceux
parmi ceux que M. Ouattara a roulés dans la farine.
Mon ami H., le comédien Camara Yêrêfê,
en a été tellement victime qu'il en est
mort. On raconte que je n'ai rien fait pour lui jusqu'à
ce qu'il trouve la mort. Mais qu'ils me font pitié,
les colporteurs de ces rumeurs ! Je vais vous dire la
vérité. Lorsque la SICOGI de Yopougon voulait
expulser H. pour une location-vente impayée à
hauteur de 3 millions FCFA, c'est vers moi qu'il a couru.
Je partais pour une tournée à l'étranger
et je n'avais pas de la liquidité sur moi. Je lui
ai alors signé un chèque de 3 millions FCFA.
Je précise qu'on a appelé Ibrahim dit «photocopie»,
le frère cadet de M. Alassane Ouattara, pour lui
poser le problème de H. qui a fait la prison, qui
a perdu son boulot à la télé à
cause de son militantisme au RDR... On m'a répondu
que lorsque qu'on donne de l'argent à H., il le
dilapide. Au vu de cette attitude du RDR à son
égard, j'ai interpellé H. en ces termes
: «Petit frère, fais attention à toi
! Ces gens vont t'utiliser pour rien. Chaque fois que
y a drap, tu viens me dire : Elvis (l'autre surnom d'Alpha
Blondy), on m'a blessé, on a blessé mon
fils... Et je demande : est-ce qu'un seul enfant d'Alassane
a été égratigné ? Une façon
de te demander de faire attention et de te dire que moi-même
qui te parle, ils ont envoyé des militaires chez
moi en 1999 sans que je n'y comprenne rien. N'oublie donc
pas d'où on vient». J'ai dit tout cela à
H. Depuis ce jour, on se fréquentait davantage,
on mangeait du poisson à la braise ensemble...
Un jour, il m'a encore dit que des militaires l'ont blessé
à la tête. Pour le tirer de ce guêpier
et lui permettre de reprendre ses activités professionnelles,
j'ai décidé de lui remettre une caméra
que j'ai achetée à 20 millions FCFA. Je
lui ai même demandé de changer sa façon
de militer. Je lui ai expliqué que c'est parce
que les gens du RDR parlent trop. Je lui expliquais aussi
comment j'étais souvent félicité,
à ma grande surprise, pour des sacs de riz et autres
que j'aurais offert à des militants du RDR.
N.V.
: Et que se passait-il en réalité ?
A.B. : Ma secrétaire d'alors, Koné
Ténin (aujourd'hui membre du cabinet de la ministre
Jeanne Peuhmond, NDLR) était militante du RDR ;
mon manager Koné Dodo était du RDR et ils
le sont aujourd'hui encore. Au départ, ils ont
nié mais plus tard, Ténin l'a reconnu. Ténin
était tellement passionnée qu'il suffisait
de critiquer M. Alassane Ouattara, pour qu'elle étouffe.
Je connais Ténin, je la respecte ; elle a fait
un choix que je respecte. En revanche, Koné Dodo
m'a trahi dans sa passion, non pas pour le RDR, mais pour
M. Alassane Ouattara qui est en réalité
le problème et non le RDR car Alassane veut faire
de ce parti une sorte de secte.
Koné Dodo m'a trahi en me disant que des gens l'ont
chargé de venir encaisser de l'argent auprès
de moi pour financer la rébellion. Moi, je lui
ai dit que je préférerais faire des dons
à la Croix Rouge pour des actions humanitaires
en faveur de ceux qui en avaient besoin dans l'urgence.
Il en était tellement passionné que je le
suspecte aujourd'hui d'avoir détourné au
profit de la rébellion une partie des recettes
de 35 millions de FCFA engrangés lors de ma tournée
de 2003. Aujourd'hui, Koné Dodo se trouverait à
Boundiali, hypertendu, à moitié paralysé.
Pendant ce temps, que fait le RDR pour lui ? Que fait
pour Koné Dodo, M. Alassane Ouattara qui, paraît-il,
est propriétaire de 22 avions et 212 bateaux ?
Fohi ! Rien ! Actuellement Dodo ne vit qu'avec l'aide
que lui apporte son fils.
N.V.
: Quels sont aujourd'hui vos rapports ?
A.B. : Koné Dodo m'appelle parfois. Il
me demande de l'appeler à mon tour. Seulement,
c'est moi qui me sens gêné. Ah, lui aussi
a été tellement aveuglé ! Mais je
pense qu'un jour, il se réveillera car, tout comme
Ténin, il admirait beaucoup M. Zémogo Fofana
(personnalité politique, transfuge du RDR qui a
créé l'ANCI, son parti).
N.V.
: Vous auriez abandonné également Aldo Moro,
Affri Loué et bien d'autres de vos proches malades...
A.B. : J'avais proposé à Aldo Moro
(paix à son âme) de travailler avec H. pour
la réalisation de sketches qu'ils devaient commercialiser.
Mais Aldo Moro (ancien cameraman à la RTI) m'a
dit que son rêve, c'était de découvrir
la Jamaïque. Je l'ai envoyé en Jamaïque.
Quant à Eugène Affri Loué (paix à
son âme), il était condamné à
mort, je n'y pouvais rien. Pinto, quant à lui,
est superviseur au Café de Versailles (le restaurant
chic bâti par Alpha Blondy). Vous pouvez le lui
demander. Il n'a jamais été victime d'un
grave accident de la circulation avec ma voiture sans
que je ne sois au courant. (Pinto dément devant
nous avoir fait un accident avec un véhicule de
Blondy). «Ancien» (un regretté collaborateur
d'Alpha) est mort d'insuffisance rénale. Lorsque
j'ai arrêté de fumer de la drogue, j'ai dit
à tous ceux qui fumaient comme moi de rester à
carreau pour ne pas que je replonge. «Ancien»
était devenu entre temps le manager du groupe Adjam
Tala Rockers. On s'est perdus de vue. Un jour, lorsque
je l'ai vu à Grand-Bassam, j'ai découvert
une loque humaine. Une autre fois, il a fait venir des
jeunes gens chez moi pour me solliciter de l'aide, alors
qu'il était en instance d'être hospitalisé
au CHU de Treichville. Plus tard, j'ai appris que ces
jeunes se sont volatilisés dans la nature avec
l'argent que je leur avais remis. Après, il s'est
levé lui-même de son lit d'hôpital
pour me trouver à Grand-Bassam. Il avait besoin
d'argent. Je lui en ai donné. C'est à Yohou
Yolande dite «Yoyo Rasta», une grande amie,
que je remettais de l'argent pour secourir «Ancien».
Un jour, à la veille d'une tournée, il m'a
dit : «Si on ne se revoit plus... » Je lui
ai répondu : «Arrête, ne me parle pas
de ta mort... (Alpha Blondy se met à pleurer. Après
une pause, il poursuit ses propos)... Alassane Dramane
Ouattara est dangereux pour la Côte d'Ivoire. Pourquoi,
en le disant, on doit être menacé de mort
? ».