*
On avait lu
dans la presse que les propriétaires des tracteurs
qui ne les avaient pas remboursés, devaient le
faire au plus tard le 07 mars sous peine de poursuites
et de retrait desdits tracteurs. Nous sommes pratiquement
en fin mars et depuis, c’est silence radio. Où
en est-on exactement ? Maintenant qu’on a intéressé
les lecteurs à ce dossier, il faut aller jusqu’au
bout et dire combien n’ont pas honoré leurs
engagements, le nombre de tracteurs retirés,
le lieu où ils se trouvent, dans quel état
ils sont et à qui et sous quelles conditions
ils seront à nouveau vendus ; enfin, dire si
des poursuites ont effectivement été engagées
contre ceux qui n’ayant pas tout réglé,
n’ont pas restitué le matériel.
* La Coalition
pour la protection du patrimoine génétique
africain (COPAGEN) a organisé récemment
à Ouagadougou, après moult déclarations
précédentes, une marche pour exiger, selon
son représentant au Burkina Faso, un «
moratoire de cinq ans sur l'introduction des plantes
transgéniques dans nos systèmes agraires,
l'instauration d'un débat national sur la problématique
des OGM, le renforcement des capacités nationales
et la mise en place de toutes les structures administratives
nécessaires préconisées en la matière,
la réalisation d'études sur les impacts
socioéconomiques , environnementaux et sur le
plan de la santé encourus par les populations…
». On se souvient que l’Union nationale
pour la démocratie (UNDD) et le développement
avait également, en juin 2004, exigé «qu’un
point complet et contradictoire de l’état
des expérimentations déjà entreprises
soit fait, qu’il soit sursis aux expérimentations
en cours jusqu’à plus large information,
consultations d’experts scientifiques et internationaux
neutres et larges débats populaires qui permettent
au peuple de se prononcer en toute connaissance de cause
» ! Hélas, le gouvernement n’a pas
du tout l’air de vouloir aller dans ce sens !
* La Journée
nationale de pardon 2008 (célébrée
le 30 mars), telle qu’elle s’annonce dans
ce contexte de morosité et de désaffection
populaire vis-à-vis des institutions et des gouvernants,
nous interpelle tous. Quel sera le message de ce nouveau
crû ? A la limite, si le rebondissement n’est
pas possible, il faut avoir le courage de mettre solennellement
fin à cette célébration qui hélas,
est devenue l’expression suprême de la feintise
d’Etat !
* Décidément,
on ne finira jamais de parler des femmes. Chez nous,
une épouse en circulation ayant remarqué
la voiture de son mari garée derrière
un maquis quelque part vers la périphérie,
fit demi-tour et vint se garer aussi à proximité.
Elle vit son époux aux côtés d’une
charmante jeune fille. Elle fouilla tranquillement dans
son sac, sortit son portable et l’appela :’’Tu
es où, chéri ?’’ Le mari :’’
Oh, je suis vers la frontière du Ghana. On va
bientôt la traverser ». Et la femme de lui
asséner : ‘’Si tu es à la
frontière, moi je suis derrière toi’’.
Et là, tout se gâta. Le monsieur se retourna,
noir de colère et improvisa un scandale, vociférant
comme un diable. Il sortit de sa poche un billet de
10.000 FCFA, le jetta sur la table et s’en alla
prendre son véhicule. La femme attendit qu’il
s’en aille et s’adressa à la demoiselle
de la façon la plus courtoise qui soit : ‘’Ne
vous en faites pas, je ne vous en veux pas. Terminez
tranquillement votre boisson et rentrez ; je réglerai
ça avec mon mari.’’ Sacrées
femmes ! Comment faites-vous parfois pour rester aussi
Zen ?
* On critiquait
les tests ADN utilisés dans certains pays européens
pour lutter contre l’immigration illégale.
Eh bien, il y a d’autres contrôles tout
aussi choquants voir plus. Ainsi, le contrôle
génital qui deviendrait de plus en plus fréquent.
On vient de l’apprendre avec ce jeune Angolais
qui a subi en France un examen poussé pour connaître
son âge afin de savoir s’il était
expulsable ou pas puisque la loi n’est pas la
même selon qu’on est majeur ou non. Le site
www.rue89 nous apprend que l’examen des os du
poignet n’ayant pas sufi, il a fallu recourir
à un examen pileux et génital du jeune.
Et le site rapporte que pour les jeunes filles, on procède
en cas de besoin, à un examen des seins et des
poils. En tout cas, le jeune Angolais a été
déclaré mineur et restera donc sur le
territoire français, pour l’instant.
* La refondation
fait des émules. Il n’est jusqu’au
Canada où ne parviennent des réactions
exprimant une adhésion à la formule pour
sortir de la crise et remettre la gouvernance sur les
rails. Une Internaute burkinabé, fidèle
lectrice de San Finna, qui réside au pays de
l’érable, tout en argumentant sur son soutien
à la refondation, a estimé nécessaire
de mettre en garde les lecteurs de San Finna et les
Burkinabé partisans de la refondation, sur le
risque d’arnaque en bout d’effort. Elle
a souligné que le fait a déjà trouvé
à s’illustrer avec le Collège de
sages où le sacrifice de Norbert Zongo, qui a
donné lieu à une mobilisation sans pareille
dans l’histoire de notre pays, a fini en queue
de poisson à travers des décisions non
exécutoires qui ont permis au pouvoir, par la
suite et une fois le calme revenu, de rapporter toutes
les mesures qui ont constitué à l’époque,
la substance des luttes populaires. Merci à cette
dame. Nul doute que son judicieux conseil sera entendu
au moment où les patriotes de ce pays sont interpellés
sur la nécessité d’une union sacrée.
* Chez nous,
les murs d’enceinte de l’école primaire
de Wemtenga sont en train de tomber en lambeaux sans
que quelque chose ne soit fait pour y remédier.
Mais le comble, c’est qu’en plus de laisser
cette école à l’abandon, ce lieu
est devenu un dépotoir d’ordures pour les
riverains. Avec la petite pluie de vendredi nuit, les
passants ont dû souffrir des odeurs de putréfaction
qui s’y dégageaient. Il est important de
protéger les enfants qui vont partout et qui
touchent à tout. Alors, vivement qu’une
solution soit trouvée.
* Le secrétaire
d’Etat français à la Francophonie,
Jean-Marie Bockel, qui voulait signer « l’acte
de décès de la françafrique »,
vient de quitter son portefeuille à l’issue
d’un remaniement ministériel, pour celui
de la Défense et des Anciens combattants. Il
ne signera donc pas l’acte de décès
de la françafrique et ne remettra pas la synthèse
que lui avait demandée Sarkozy. Si on avait voulu
lui dire de fermer sa « gueule » en l’envoyant
ainsi au « garage », on ne s’y serait
pas pris autrement ! En même temps, on donne une
prime à Bongo et N’Guesso qui n’ont
pas du tout avalé la sortie de Bockel sur la
françafrique. La morale de l’histoire,
c’est que malgré son discours du Cap où
il a promis de changer de cap, Sarkozy reste un défenseur
de la ligne de la françafrique ! On dit d’ailleurs
aujourd’hui qu’il se « chiraquise
» ! Ce qu’on ne comprend pas en tout cas,
c’est que Bockel qui se dit homme pétri
des valeurs de la Gauche, n’ait pas refusé
ce camouflet pour lui-même et ses idées
en déclinant ce portefeuille qui marquera la
suite de sa carrière politique d’une tache
d’inconséquence !
* Si aujourd’hui
le téléphone portable communément
appelé cellulaire est devenu un outil indispensable,
il n’en demeure pas moins qu’avec celui-ci,
nombre d’usagers ont appris à mentir. Voilà
un fait insolite chez nous qui illustre un peu la fausseté
de certains. Ayant contracté une dette auprès
de son ami et ne pouvant plus rembourser, un «
débiteur » prit soin de ne plus répondre
aux appels intempestifs de cet ami. Alors l’ami
mis au point une technique pour le piéger. Il
attendit trois jours et alla l’appeler dans un
télé centre. Celui-ci décrocha
et reconnut la voix de son ami. Pris donc au piège,
il se fit passer pour l’ordinateur du service
clientèle d’une des services de téléphonie
mobile de la place. Il dit en mooré à
peu près ceci : ’’La personne que
vous cherchez est actuellement injoignable. Veuillez
rappeler ultérieurement’’ avant de
raccrocher. Comme quoi il faut s’attendre à
tout à Ouaga !
* Nous avons
reçu par Internet un message nous annonçant
la naissance de l'Association nationale pour le bien-être
des Enseignants du Primaire du Burkina Faso, en abrégé
ANEP. Nous y apprenons qu’elle a été
créée au cours de l'année 2007
à Ouagadougou, l'ANEP et est légalement
reconnue depuis le 25 janvier 2008, qu’elle a
une envergure nationale avec des sections et des sous-sections
qui sont en train d'être installées à
travers le territoire national. Son objectif est de
contribuer à l'amélioration quantitative
et qualitative de l'accès et de la qualité
dans l'enseignement de base en travaillant spécifiquement
pour le bien-être des enseignants du primaire,
en veillant à une saine mise en oeuvre de la
politique éducative nationale au niveau du primaire.
Enfin, sachez qu’elle est apolitique, non syndicale
et que son siège est à Ouagadougou.
* Le Journaliste Pierre Tuquoi du quotidien français
Le Monde, a rédigé un article sur la Côte
d’Ivoire. On peut y lire ceci : «…
à plusieurs reprises, Laurent Gbagbo, poussé
par un entourage très va-t-en-guerre, a affirmé
que le désarmement des rebelles était
un préalable à l'organisation du scrutin
présidentiel». Voudrait-il suggérer
que la normale, c’est d’organiser des élections
en temps de guerre ou est-il seulement ignorant de ce
que le désarmement fait partie intégrante
de l’Accord de Ouagadougou en tant qu’obligation
de résultat ?
* Etait-ce avisé
que le ministre Filippe Sawadogo dise, lors de son passage
aux Editions Le Pays, qui l’a répercuté
à la Une, « Vous faites les meilleurs comptes
rendus » ? Nous ne disons pas que ce quotidien
ne fait pas du bon boulot, loin de là et le ministre
peut même le penser sincèrement in
petto mais avouez que ce n’était pas
une chose à affirmer publiquement !
* Il y a une
vingtaine d’années, Me Yaméogo Hermann
lançait l’idée d’une gestion
consensuelle du pouvoir et écrivait un peu plus
tard sur le sujet un petit ouvrage intitulé «
Un supplément d’âme pour une démocratie
consensuelle ». Il prévenait contre les
dangers de notre société plurale, hétérogène
pour préconiser un retour progressif et maîtrisé
au pluralisme démocratique reposant sur une gestion
démocratique entre une majorité qui gouverne
et une opposition qui s’oppose. Les accusations
de vouloir une démocratie au rabais et de cultiver
l’entrisme ont plu sur l’idée. 20
ans après, l’idée revient en force,
fait l’objet d’expérimentations ici
et là et est recommandée par des observateurs
et politologues extérieurs mais aussi intérieurs.
Seydou Badian, auteur malien bien connu, 80 ans dans
un mois, qui vient de publier « La saison des
pièges », était l’invité
le 23 mars 2008 de Philippe Leymarie dans l’émission
«Ainsi va l’Afrique » sur RFI. L’ancien
ministre de Modiko Keïta n’a pas utilisé
la langue de bois pour dire que seule une gestion consensuelle
du pouvoir était de mise en Afrique. Pour lui,
il est dommage qu’au Kenya, on ait attendu d’enregistrer
plus de 1000 morts pour comprendre la nécessité
de partager le pouvoir !
* Et pour finir,
un mot sur la mort du coureur Zonou Tidjane Koukou lors
du dernier RAMO qui rend difficilement consolables sa
famille et ses amis bien sûr mais aussi l’organisateur
de la course, Mustapha Thiombiano. Ce dernier a expliqué
dans un communiqué (qu’hélas par
manque de place nous ne pouvons diffuser) comment l’accident
a eu lieu, malgré 201 policiers mobilisés
pour la sécurité des personnes sur les
lieux. Il a aussi expliqué que le jeune homme
portait un casque qui s’est pourtant cassé
lors du choc, ce qui remet en cause la qualité
des casques vendus au Faso. L’organisateur s’est
engagé à lutter pour un RAMO plus professionnel
au plan organisationnel et souhaité notamment
que soit créé un circuit qui porterait
le nom de Zonou Tidjane Koukou.