San
Finna N°457 du
31 Mars au 06 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
FILIERE
SUCRE
AGIR POUR SAUVER LA PRODUCTION INTERIEURE !
Depuis
la privatisation de la société sucrière
de la Comoé en 1998, la Société
Nouvelle SOSUCO a relevé un certain nombre
de défis, dont les plus importants ont
été ceux de la production et de
la productivité. Une progression
Sucre
roux et blanc
Une progression significative de l’action
à mettre au crédit des nouveaux
actionnaires et du personnel de la SN SOSUCO.
Elle exploite 5 000 ha de canne à sucre
avec une production de sucre de 40 000 tonnes
de sucre dans les meilleures années.
C’est une société qui fait
vivre plus de 50 000 familles dans la région.
Seulement, depuis quelques années, la
nationale du sucre a de sérieux problèmes
dus essentiellement à la fraude, aux
subventions internationales et à la concurrence
déloyale.
Tous ces facteurs menaceraient sérieusement
l’essor de la société et partant,
les emplois du personnel et de l’économie
du Burkina. En effet, nombres d’opérateurs
économiques d’opérette ont largement
contribué à laisser des factures salées
impayés dans les comptes de la SOSUCO. Cela
a créé parfois des situations tellement
graves que l’entreprise ne pouvait plus faire
face à ses engagements et nombre de mouvements
d’humeurs et de grève que la société
a connu ces dernières années auraient
été inhérents à cela.
Ces commerçants ont poussé le sinistre
jusqu’à sont summum en saturant le marché
burkinabé de sucres indiens et brésiliens
avec la complicité de certains bonzes du régime
de Blaise Compaoré mettant ainsi en péril
ce fleuron de l’économie et toute une
région du Burkina Faso qui génère
tant d’emplois directs et indirects. Et si l’on
sait que ceux-ci sont l’objet de fraude massive
qui contourneraient la législation régionale
de l’UEMOA et déverseraient sur le marché,
un sucre importé bon marché, parce qu’ils
n’ont acquitté que partiellement les
taxes en vigueur ou pas du tout. On constate un manque
à gagner pour la SOSUCO, mais surtout un manque
à gagner pour l’Etat du Burkina Faso
surtout que celle-ci participe aux ressources fiscales
à hauteur de 3 milliards de FCFA par an. Il
est donc plus que nécessaire que l’Etat
burkinabé recourt à l’application
stricte et rigoureuse des Lois et Règlements
en vigueur tant en CEMAC qu’en UEMOA, sous le
règlement N° 6/99/CM/UEMOA portant adoption
du mécanisme de la Taxe Conjoncturelle à
l’importation au sein de l’UEMOA.
Au niveau de la production sucrière, la SN
SOSUCO est passée de 24 700 tonnes pour la
campagne 1998 -1999 à 36 800 tonnes pour la
campagne 2002-2003 soit une croissance de 12 105 tonnes
( + 50 % en 5 ans). Si pour la campagne qui s’achève,
les taux d’extraction se sont maintenus, ils
ont sans cesse progressé entre 1998 et 2003,
passant de 9 à 10 % pour atteindre plus de
11 % et 12 % lors de certaines campagnes, une progression
significative à mettre au crédit des
nouveaux actionnaires de la société
et de son personnel. Tous ces efforts pour satisfaire
à la demande nationale et sapés par
des commerçants véreux ont amené
les employés de la SOSUCO à manifester
en février dernier pour attirer l’attention
des pouvoir publics sur la nécessité
de trouver des solutions quant à l’enlèvement
du sucre. Lequel sucre manque actuellement de place
de stockage. Si comme certains le disent, l’affaire
du sucre frauduleux serait l’affaire de personnages
proches du régime, il serait à craindre
que l’on assisterait là à la fermeture
de cette unité de production. Ce qui va ouvrir
un front de contestations aux conséquences
incalculables dans la ville du Paysan noir et par
extension dans toute la région des Cascades.
Il est donc à craindre que le principal actionnaire,
Industriel Promotion Services (IPS) West Africa qui
avait injecté des milliards dans la SN SOSUCO
ne soit obligé de délocaliser ses activités
dans un pays de la sous région où les
pouvoirs publics sont plus fermes quant à l’application
des textes en matière d’importation et
où la législation serait sévère
et surtout appliquée à l’endroit
des fraudeurs.