Mise à jour le 30/03/2008
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San Finna N°457 du 31 Mars au 06 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

JOURNEE NATIONALE DE PARDON
LE DEBAT EXISTENTIEL CONTINUE

Lorsqu’on se remémore le contexte qui a marqué la célébration de la Journée nationale de pardon (JNP) le 30 mars 2001, les sommes dépensées, la mobilisation sans précédent qui dans ce même lieu du Stade du 4 Août a réuni en qualité de témoins et de caution, les anciens présidents, les hiérarchies supérieures des confessions religieuses, le Mogho Naaba, les présidents d’institutions, les responsables de partis politiques et de la société civile, on se dit que cette espérance a été au fil du temps, dilapidée par la trahison faite au serment prononcé ce jour-là. Serment qui portait sur le renoncement à rééditer les erreurs du passé, à en finir avec l’impunité, la corruption, le sang versé, les violations de la constitution, les ingérences…, matérialisé par un « Plus jamais ça !» des plus solennels, pour refonder la démocratie et donner des assises consensuelles solides à la gouvernance nationale.

La journée qui devait célébrer la fête des fêtes, celle de la réconciliation du peuple avec lui-même, s’efface petit à petit sans bruit du paysage pour se cacher aux yeux du public, comme un adultère coupable. Voilà encore une occasion que les forces immanentes (qui n’ont jamais abandonné le Burkina Faso) lui ont donnée et qui n’a pas été exploitée à bon escient puisqu’elle tombe désespérément en quenouille, n’offrant que le ridicule pour ceux qui envers et contre tout, persistent à la célébrer alors qu’elle s’est vidée de tout le suc qui en donnait toute la saveur.

Nous avons demandé à quelques Burkinabé de se prononcer sur la JNP : «Faut-il conserver en l’état la célébration du 30 mars, la supprimer ou la revoir, et pourquoi ? ».
Réponses.

Bernard OUEDRAOGO, Etudiant : «Demandez à 10 Burkinabé à Ouagadougou de mon âge ; peut-être 2 seulement vont expliquer exactement ce que veut dire la JNP. Ca signifie que la mayonnaise n’a pas pris et qu’il faut en tirer la conclusion en la supprimant. On va au moins économiser ».

Mme Martine ZONGO, « Femmes en noir du Faso » : «On peut garder la Journée nationale de pardon mais sauf si on fait ce qu’on devait faire et qu’on n’a pas fait : juger les dossiers Norbert Zongo, Thomas Sankara. Les familles n’ont pas refusé le pardon. Elles demandent seulement la vérité et la justice. Elles n’ont pas tort car si on doit pardonner, il faut d’abord qu’on connaisse qui nous a fait du mal. Or, jusqu’à présent, on ne sait pas ».

Abdul Fataph SAVADOGO, Responsable de l’UNDD : « Moi je serai d’avis qu’on exerce des pressions sur le pouvoir pour qu’il respecte les termes de son serment initial. Et je pense que l’occasion est toute trouvée avec le climat qui pèse en ce moment sur le pays et qui amène la majorité des Burkinabé à demander un changement dans les mécanismes de notre gouvernance et dans la qualité des hommes qui nous gouvernent. Si nous avons encore des patriotes à la tête de l’Etat, ils devraient accéder à ce besoin de changement collectif et le faire précéder par un signal fort. Ca pourrait être la réhabilitation de la Journée de pardon et ça consisterait à purger tous nos cabinets d’instruction, toutes nos instances de jugement dont les rôles sont engorgés par des fausses procédures engagées pour des raisons politiques. Ca pourrait consister, comme le suggère Me Hermann Yaméogo, en des mesures favorables à tous ceux qui ont été injustement inculpés, incarcérés ou condamnés à purger des peines de prison. Ce qui est ici visé, ce sont des situations aussi éclatées que celles faites à Ouali et à Naon, victimes d’un complot surréaliste, à Noël Yaméogo qui a passé 6 mois dans les locaux de la Sûreté et qui est obligé d’aller pointer tous les mois au Cabinet du juge d’instruction dans le cadre d’un dossier vide, à Nana Thibaut et à tous ceux qui ont été arrêtés à la faveur des dernières émeutes et condamnés dans le mépris des responsabilités encourues par le pouvoir, à Clément Ouédraogo détenu à la MACO et dont la seule faute est de vouloir défendre ses droits de militaire à la retraite et de libre citoyen. Une amnistie générale portant sur les procédures dont sont frappés ces individus et bien d’autres pourrait être un signal qui prédispose à ce dialogue si nécessaire que j’espère voir instaurer ».

CY


LCB
UN CONSEIL NATIONAL SUR FOND DE CRISE DE LA VIE CHERE

En faisant le rappel de ses 14.450 membres à la Maison du Peuple ce vendredi 28 mars 2008, la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) voulait d’abord sacrifier à une obligation statutaire et ensuite aborder la problématique de la vie chère. Un conseil national qui s’ouvre en pleine polémique sur la non participation à la marche du 15 mars dernier organisée par la société civile et les syndicalistes.

Responsables de la LCB
(Photo archives du faso.net)

C’est en effet à travers d’abord un climat économique, social et même politique qui tire le thermomètre vers le haut que la Ligue des Consommateurs du Burkina (LCB) a choisi de tenir son conseil national. Des militants et sympathisants de la LCB ont pris d’assaut la Maison du peuple pour écouter leurs responsables et aussi examiner les projets du plan d’action 2008 et du budget. Mais c’est aussi face à ce millier de militants que le Secrétaire Général de la LCB, qui prenait la

parole à la place du Président empêché, dira : ‘’… Il est évident que plus d’un dans cette salle s’interrogent encore sur le bien fondé de la position de la LCB au sujet de la marche du 15 mars dernier ; journée au cours de laquelle, la LCB, à l’instar des autres organisations dans le monde, a célébré la Journée mondiale du consommateur sous le thème : ‘Génération malbouffe’’’. Tout en promettant d’y revenir, il affirme que les membres bureau exécutif national ‘’en se démarquant de la marche collective du 15 mars a agi au plus près de leur conscience pour que notre organisation soit respectée et acceptée dans sa vision et dans sa méthode de travail’’. Même s’il dit que la LCB a soutenu moralement cette marche et pas matériellement. A l’origine de la brouille, la volonté de celle-ci de voir ses revendications (à savoir l’application immédiate des mesures prises par le gouvernement, la mise en place d’un observatoire sur la qualité et les prix des produits de grandes consommations) figurées dans la plate forme revendicative du Collectif qui a appelé à la marche du 15 mars dernier.

Au sujet donc de l’Observatoire, la LCB organisera le 10 et 11 avril 2008 un atelier national sur la gouvernance économique qui se voudrait un cadre de concertation entre les acteurs de l’économie nationale et cela servira de base pour la mise en place dudit Observatoire. On le constate bien, la LCB tient à sa chose et à sa plate forme propre qui s’articule en 4 points : l’audit des prix des produits de grande consommation, le renforcement de la production nationale, la création de coopératives de consommateurs, la création d’un Observatoire, toutes choses qui ont été -semble-t-il- formulé au nouveau gouvernement aux premières heures de la crise.

Aristide Ouédraogo





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