QUESTIONS
A MR CHRISTIAN KONE
PATRON DU PNR/JV
Christian
Koné n’est plus à présenter.
L’homme des « Cascades » au
franc-parler se révèle être
l’un des fervents défenseurs de
la refondation mais aussi d’une redistribution
équitable des pouvoirs et des ressources
au plan régional |
Christian
Koné |
pour
combattre l’ethnicisme et le régionalisme
négatifs. A ce sujet, il se démarque
de ceux qui usent la langue de bois pour dénoncer
les menaces de fracture nationale à travers
le déséquilibre de l’intervention
de l’Etat dans les régions et des
politiques qui ne sont pas très regardantes
sur la nécessité de préserver
la diversité culturelle, linguistique…
du pays. Nous l’avons approché
et voici ce qu’il nous a dit. |
1)
Pouvez-vous justifier votre refondation en lui donnant
un contenu ?
La refondation que nous appelons de tous nos vœux
s’impose au regard de toutes les dérives
qu’on constate aujourd’hui dans la gouvernance
de notre pays. Les droits politiques, la justice,
l’économie bref aucun secteur n’est
à l’abri ! C’est pour ces raisons
que nous souhaitons une refondation en profondeur,
une refondation institutionnelle. Il faut que l’on
revisite la constitution qu’on redéfinisse
les règles du jeu politique.
Il ne faut donc pas que les gens attendent que le
pays s’embrase pour engager les réformes
qui s’imposent face à la situation actuelle
du pays. De part et d’autre, majorité
comme opposition, nous devons avoir un sens de responsabilité
élevé pour mettre de côté
les ressentiments personnels pour engager un nouveau
départ pour notre démocratie.
Aujourd’hui, nous, nous militons pour un régime
parlementaire dans un cadre électoral élaboré
de façon consensuelle et fondé sur un
certain dosage « proportionnel » pour
équilibrer la représentativité
des tendances politiques.
La refondation doit également concerner le
mode de gestion des partis politiques à travers
notamment une réglementation des accords politiques,
les scissions, les démissions d’élus,
le financement des campagnes, bref autant de choses
qu’on néglige mais qui ont un impact
certain sur notre gouvernance.
2)
Sur quoi vous basez-vous pour craindre une dérive
ethnique et régionaliste au Faso ?
Tout d’abord je vais dire ceci : il faut que
les gens comprennent que j’aime le Burkina,
c’est justement pour ça que j’aborde
avec courage des questions comme celle-là.
Il faut que les dirigeants évitent les agissements
de nature ethnocentrique et régionaliste.
Vous savez au lendemain des indépendances,
avec le président Maurice YAMEOGO, les forces
politiques et culturelles étaient équilibrées.
L’Assemblée nationale par exemple était
occupée par un de l’Ouest du pays et
le dosage au niveau des ministères était
équilibré. Sous le président
LAMIZANA, ça a été relativement
la même chose .En 1992, on a essayé de
respecter cette « coutume » ; en 1997,
l’équilibre a été maintenu.
Depuis 2002, il y a rupture : le Président,
le Premier ministre, le Président de l’Assemblée
nationale, la plupart des ministres (mieux toutes
les grandes Directions : LONAB, SONABEL, TRESOR, CBC,
Chambre de commerce, SONABHY) sont dans les mains
d’une seule ethnie.
C’est pourquoi je dis qu’on est très
mal parti .Le gouvernement Zongo a gardé le
même esprit : c’est toujours le même
groupe qui est là où il y a du pouvoir
et les autres s’occupent des secteurs à
problèmes.
3)
Quels remèdes proposez vous ?
J’attire l’attention du Président
de la république qu’il comprenne que
les autres ne sont pas dupes. Tout le monde est burkinabé
; il se doit de s’investir à l’accomplissement
de l’unité nationale. Aujourd’hui
par exemple, nous constatons une certaine prépondérance
d’une certaine chefferie traditionnelle dans
le politique …Où sont les autres chefs
coutumiers ? Pourquoi on ne les voit pas à
la télé ? Pourquoi ? Il faut justement
commencer par éviter ce type d’échelonnement
culturel. Tous les pays qui ont connu des conflits
comme le KENYA, le TOGO…sont des Etats qui ont
laissé ce type de pratiques se perpétuer.
La refondation pour nous doit également aller
dans ce sens !
SK