Mise à jour le 06/04/2008
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San Finna N°458 du 07 au 13 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

QUESTIONS A MR CHRISTIAN KONE
PATRON DU PNR/JV

Christian Koné n’est plus à présenter. L’homme des « Cascades » au franc-parler se révèle être l’un des fervents défenseurs de la refondation mais aussi d’une redistribution équitable des pouvoirs et des ressources au plan régional

Christian Koné
pour combattre l’ethnicisme et le régionalisme négatifs. A ce sujet, il se démarque de ceux qui usent la langue de bois pour dénoncer les menaces de fracture nationale à travers le déséquilibre de l’intervention de l’Etat dans les régions et des politiques qui ne sont pas très regardantes sur la nécessité de préserver la diversité culturelle, linguistique… du pays. Nous l’avons approché et voici ce qu’il nous a dit.

1) Pouvez-vous justifier votre refondation en lui donnant un contenu ?

La refondation que nous appelons de tous nos vœux s’impose au regard de toutes les dérives qu’on constate aujourd’hui dans la gouvernance de notre pays. Les droits politiques, la justice, l’économie bref aucun secteur n’est à l’abri ! C’est pour ces raisons que nous souhaitons une refondation en profondeur, une refondation institutionnelle. Il faut que l’on revisite la constitution qu’on redéfinisse les règles du jeu politique.

Il ne faut donc pas que les gens attendent que le pays s’embrase pour engager les réformes qui s’imposent face à la situation actuelle du pays. De part et d’autre, majorité comme opposition, nous devons avoir un sens de responsabilité élevé pour mettre de côté les ressentiments personnels pour engager un nouveau départ pour notre démocratie.

Aujourd’hui, nous, nous militons pour un régime parlementaire dans un cadre électoral élaboré de façon consensuelle et fondé sur un certain dosage « proportionnel » pour équilibrer la représentativité des tendances politiques.

La refondation doit également concerner le mode de gestion des partis politiques à travers notamment une réglementation des accords politiques, les scissions, les démissions d’élus, le financement des campagnes, bref autant de choses qu’on néglige mais qui ont un impact certain sur notre gouvernance.

2) Sur quoi vous basez-vous pour craindre une dérive ethnique et régionaliste au Faso ?

Tout d’abord je vais dire ceci : il faut que les gens comprennent que j’aime le Burkina, c’est justement pour ça que j’aborde avec courage des questions comme celle-là.

Il faut que les dirigeants évitent les agissements de nature ethnocentrique et régionaliste.

Vous savez au lendemain des indépendances, avec le président Maurice YAMEOGO, les forces politiques et culturelles étaient équilibrées. L’Assemblée nationale par exemple était occupée par un de l’Ouest du pays et le dosage au niveau des ministères était équilibré. Sous le président LAMIZANA, ça a été relativement la même chose .En 1992, on a essayé de respecter cette « coutume » ; en 1997, l’équilibre a été maintenu. Depuis 2002, il y a rupture : le Président, le Premier ministre, le Président de l’Assemblée nationale, la plupart des ministres (mieux toutes les grandes Directions : LONAB, SONABEL, TRESOR, CBC, Chambre de commerce, SONABHY) sont dans les mains d’une seule ethnie.
C’est pourquoi je dis qu’on est très mal parti .Le gouvernement Zongo a gardé le même esprit : c’est toujours le même groupe qui est là où il y a du pouvoir et les autres s’occupent des secteurs à problèmes.

3) Quels remèdes proposez vous ?
J’attire l’attention du Président de la république qu’il comprenne que les autres ne sont pas dupes. Tout le monde est burkinabé ; il se doit de s’investir à l’accomplissement de l’unité nationale. Aujourd’hui par exemple, nous constatons une certaine prépondérance d’une certaine chefferie traditionnelle dans le politique …Où sont les autres chefs coutumiers ? Pourquoi on ne les voit pas à la télé ? Pourquoi ? Il faut justement commencer par éviter ce type d’échelonnement culturel. Tous les pays qui ont connu des conflits comme le KENYA, le TOGO…sont des Etats qui ont laissé ce type de pratiques se perpétuer. La refondation pour nous doit également aller dans ce sens !

SK






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