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LE
PROJET SAMANDENI VA-T-IL OU NON REUSSIR ?
Considéré
comme la plus ambitieuse réalisation en matière
de développement économique et social
jamais faite dans notre pays, et piloté de
main de maître par le ministre de l'Agriculture,
de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques,
Salif Diallo, le Programme de développement
intégré de la vallée de Samandéni
(PDIS) vient de voir le jour avec le lancement des
travaux du barrage de ladite localité par
le chef de l'Etat, Blaise Compaoré, le 25
janvier 2008. La construction du barrage de Samandéni
à 40 km à l’ouest de Bobo-Dioulasso,
avance à grand pas. Il sera le 3è
plus grand barrage du Burkina après ceux
de la Kompienga et de Bagré. Il alimentera
une centrale d’une capacité de 16 gigawatt
heure (GWH) et servira à l’irrigation
pour la culture de contre-saison, sur une superficie
de 21 mille hectares. Comme pour quasiment toute
œuvre humaine, ce projet fait l’objet
de polémique. Il y a ceux qui disent que
ça va marcher car le pouvoir est décidé
à faire sortir le pays du sous développement
et il y a ceux qui disent que, comme d’habitude,
on appelle des milliards et des milliards de nos
francs pour n’en utiliser qu’une partie
et qu’ainsi, le projet n’aboutira pas
surtout que son patron n’est plus aux commandes.
Deux sons de cloche.
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AVEC LE DEPART DE SALIF DIALLO, LE PROJET
VA TOMBER A L’EAU
Situé
au confluent de deux affluents du Mouhoun, le plus
grand fleuve du Burkina, le barrage de Samandéni
aura une capacité normale de retenue de 5,05
milliards de m3 d’eau et couvrira une surface
inondée de 150 km2, pour une profondeur de
15 m. Un véritable lac artificiel, selon
le ministère de l’Agriculture, de l’hydraulique
et des ressources halieutiques. Les infrastructures
annexes permettront une disponibilité annuelle
de plus de 300 mille tonnes de produits agricoles
et 1.000 tonnes de produits de pêche. Après
la mise en eau du barrage, l’écosystème
environnant sera favorable à l’élevage
dont le bénéfice chiffré s’élève
à 2.000 tonnes de viande et 2 millions de
litres de lait. Le site abritera aussi une zone
agro-industrielle dotée d’une centaine
d’unités modestes de transformation
et de conservation. Pour motiver les entrepreneurs
à s’installer sur le site, le gouvernement
a prévu que la zone sera hors douane et bénéficiera
d’un coût étudié de l’électricité.
Mais avec le départ de Salif Diallo, maître
à penser de ce projet, il est à craindre
que celui-ci ne voit plus le jour ; du moins c’est
l’avis d’un certain nombre de Burkinabé
comme Ali Mohamed Ouédraogo qui pensent que
« Salif Diallo était la cheville
ouvrière du projet de Samandeni et son dynamisme
avait permis de trouver l’argent nécessaire
au lancement des travaux. Il n’est pas sûr
que son remplaçant saura mener à bien
ce projet. Salif Diallo était un homme à
part. Mais attendons de voir ». On avance
aussi que le nouveau ministre aura besoin de temps
pour s’imprégner des dossiers du ministère
alors que le chantier n’attend pas, qu’il
n’est pas sûr qu’il puisse l’exécuter
comme son prédécesseur. D’autres
encore disent comme Bernardin Sawadogo que «
Même si le ministre Diallo était toujours
là, on savait que l’entreprise était
monumentale et que de toutes les 1000 manières,
on avait eu les yeux plus gros que le ventre ».
Et pour finir, ce Bobolais Ahmed Sanou dira, catégorique
: «Même à Bobo, au fond, les
gens ne voulaient pas de ce projet car ils auraient
préféré qu’on s’occupe
de la ville même au lieu d’aller en
pleine brousse car il ne faut pas oublier que Sya,
c’est la capitale économique et qu’elle
meurt ». Que rajouter ?
TOMI. |
SAMANDENI
VA ABOUTIR, C’EST UN PROJET DE LA REPUBLIQUE
Le gouvernement nourrit de nombreuses ambitions
pour ce projet intégré qui créer
100.000 emplois. C’est ça le plus important.
Il ne faut pas juger le projet comme étant
intrinsèquement lié à un homme
mais plutôt comme celui du peuple. Le site
avait été identifié en 1976
comme solution à la lutte contre la pauvreté
et au besoin d’eau, après la grande
sécheresse au Sahel. Ca ne date pas d’aujourd’hui
encore moins de Salif Diallo, comme on le voit.
Son coût de réalisation évalué
actuellement à 181,3 milliards de francs
CFA, avait toujours été un handicap
pour sa mise en œuvre. En 2007, une dizaine
de conventions de prêts relatifs à
ce barrage, ont a été ratifiées
par l’Assemblée nationale. Les prêts
seront remboursés dans une échéance
de 20 à 30 ans. De nombreux partenaires se
sont engagés à financer ce projet,
notamment la Banque Ouest Africaine de développement
(BOAD), la Banque d’investissement pour le
développement au sein des pays de la CEDEAO
(BIDC), la Banque arabe pour le développement
économique en Afrique (BADEA), la Banque
islamique de développement (BID), le Fonds
Abu-Dhabi pour le développement, le fonds
de l’OPEP, le fonds koweitien pour le développement
économiquement arabe (FKDEA), et le fonds
Saoudien pour le développement. Donc on comprendra
mal que ce projet ne puisse pas aboutir, que du
jour au lendemain on dise 'oh, finalement, on
va laisser tomber le projet pour voir d’autres
plus réalistes et plus facilement réalisables'.
C’est inconcevable encore et surtout que le
projet est parfait. Et comme dit Bambara Kassom
: «De tels projets doivent être
au dessus de personnes et le ministre Bougma est
tout aussi dynamique que Salif Diallo pour mener
à bien ce projet. Samandeni constitue un
espoir pour notre pays et il est impensable que
le départ d’un seul homme du gouvernement
puisse mette à mal ce projet. Nous sommes
dans une république responsable je crois
! ». Tout n’est-il pas dit dans ces
seules phrases ? ». Nous pensons que
oui.
TOZI.
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