Mise à jour le 06/04/2008
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San Finna N°458 du 07 au 13 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

LE PROJET SAMANDENI VA-T-IL OU NON REUSSIR ?

Considéré comme la plus ambitieuse réalisation en matière de développement économique et social jamais faite dans notre pays, et piloté de main de maître par le ministre de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques, Salif Diallo, le Programme de développement intégré de la vallée de Samandéni (PDIS) vient de voir le jour avec le lancement des travaux du barrage de ladite localité par le chef de l'Etat, Blaise Compaoré, le 25 janvier 2008. La construction du barrage de Samandéni à 40 km à l’ouest de Bobo-Dioulasso, avance à grand pas. Il sera le 3è plus grand barrage du Burkina après ceux de la Kompienga et de Bagré. Il alimentera une centrale d’une capacité de 16 gigawatt heure (GWH) et servira à l’irrigation pour la culture de contre-saison, sur une superficie de 21 mille hectares. Comme pour quasiment toute œuvre humaine, ce projet fait l’objet de polémique. Il y a ceux qui disent que ça va marcher car le pouvoir est décidé à faire sortir le pays du sous développement et il y a ceux qui disent que, comme d’habitude, on appelle des milliards et des milliards de nos francs pour n’en utiliser qu’une partie et qu’ainsi, le projet n’aboutira pas surtout que son patron n’est plus aux commandes. Deux sons de cloche.

AVEC LE DEPART DE SALIF DIALLO, LE PROJET VA TOMBER A L’EAU

Situé au confluent de deux affluents du Mouhoun, le plus grand fleuve du Burkina, le barrage de Samandéni aura une capacité normale de retenue de 5,05 milliards de m3 d’eau et couvrira une surface inondée de 150 km2, pour une profondeur de 15 m. Un véritable lac artificiel, selon le ministère de l’Agriculture, de l’hydraulique et des ressources halieutiques. Les infrastructures annexes permettront une disponibilité annuelle de plus de 300 mille tonnes de produits agricoles et 1.000 tonnes de produits de pêche. Après la mise en eau du barrage, l’écosystème environnant sera favorable à l’élevage dont le bénéfice chiffré s’élève à 2.000 tonnes de viande et 2 millions de litres de lait. Le site abritera aussi une zone agro-industrielle dotée d’une centaine d’unités modestes de transformation et de conservation. Pour motiver les entrepreneurs à s’installer sur le site, le gouvernement a prévu que la zone sera hors douane et bénéficiera d’un coût étudié de l’électricité. Mais avec le départ de Salif Diallo, maître à penser de ce projet, il est à craindre que celui-ci ne voit plus le jour ; du moins c’est l’avis d’un certain nombre de Burkinabé comme Ali Mohamed Ouédraogo qui pensent que « Salif Diallo était la cheville ouvrière du projet de Samandeni et son dynamisme avait permis de trouver l’argent nécessaire au lancement des travaux. Il n’est pas sûr que son remplaçant saura mener à bien ce projet. Salif Diallo était un homme à part. Mais attendons de voir ». On avance aussi que le nouveau ministre aura besoin de temps pour s’imprégner des dossiers du ministère alors que le chantier n’attend pas, qu’il n’est pas sûr qu’il puisse l’exécuter comme son prédécesseur. D’autres encore disent comme Bernardin Sawadogo que « Même si le ministre Diallo était toujours là, on savait que l’entreprise était monumentale et que de toutes les 1000 manières, on avait eu les yeux plus gros que le ventre ». Et pour finir, ce Bobolais Ahmed Sanou dira, catégorique : «Même à Bobo, au fond, les gens ne voulaient pas de ce projet car ils auraient préféré qu’on s’occupe de la ville même au lieu d’aller en pleine brousse car il ne faut pas oublier que Sya, c’est la capitale économique et qu’elle meurt ». Que rajouter ?





TOMI.

SAMANDENI VA ABOUTIR, C’EST UN PROJET DE LA REPUBLIQUE

Le gouvernement nourrit de nombreuses ambitions pour ce projet intégré qui créer 100.000 emplois. C’est ça le plus important. Il ne faut pas juger le projet comme étant intrinsèquement lié à un homme mais plutôt comme celui du peuple. Le site avait été identifié en 1976 comme solution à la lutte contre la pauvreté et au besoin d’eau, après la grande sécheresse au Sahel. Ca ne date pas d’aujourd’hui encore moins de Salif Diallo, comme on le voit. Son coût de réalisation évalué actuellement à 181,3 milliards de francs CFA, avait toujours été un handicap pour sa mise en œuvre. En 2007, une dizaine de conventions de prêts relatifs à ce barrage, ont a été ratifiées par l’Assemblée nationale. Les prêts seront remboursés dans une échéance de 20 à 30 ans. De nombreux partenaires se sont engagés à financer ce projet, notamment la Banque Ouest Africaine de développement (BOAD), la Banque d’investissement pour le développement au sein des pays de la CEDEAO (BIDC), la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), la Banque islamique de développement (BID), le Fonds Abu-Dhabi pour le développement, le fonds de l’OPEP, le fonds koweitien pour le développement économiquement arabe (FKDEA), et le fonds Saoudien pour le développement. Donc on comprendra mal que ce projet ne puisse pas aboutir, que du jour au lendemain on dise 'oh, finalement, on va laisser tomber le projet pour voir d’autres plus réalistes et plus facilement réalisables'. C’est inconcevable encore et surtout que le projet est parfait. Et comme dit Bambara Kassom : «De tels projets doivent être au dessus de personnes et le ministre Bougma est tout aussi dynamique que Salif Diallo pour mener à bien ce projet. Samandeni constitue un espoir pour notre pays et il est impensable que le départ d’un seul homme du gouvernement puisse mette à mal ce projet. Nous sommes dans une république responsable je crois ! ». Tout n’est-il pas dit dans ces seules phrases ? ». Nous pensons que oui.




TOZI.

Citation de la semaine

«Malgré une production agricole généralement satisfaisante dans la plupart des Etats membres de la CEDEAO, il demeure quelques inquiétudes quant à la situation alimentaire des populations »

Professeur Ahlousseini Bretaudeau, Secrétaire exécutif du CILSS






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