Mise à jour le 13/04/2008
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San Finna N°459 du 14 au 20 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

GREVE DES 8 ET 9 AVRIL
ON N’A PAS ENCORE ATTEINT L’AUTRE RIVE

Si l’on devait comparer les demandes formulées par le Collectif contre la vie chère dès les premiers jours des manifestations consécutives aux émeutes aux réponses apportées par le gouvernement, on peut dire qu’on est très loin du compte. Ces demandes, bien que centrées sur les questions sociales, comportaient une vague référence aux libertés. Après la dernière grève de 48 heures, si l’on fait le point, on peut dire que la mobilisation est restée à un bon niveau même si par ci par là, on a senti que beaucoup auraient préféré des
démonstrations visibles plutôt que de rester chez soi. Voilà qui témoigne que le pouvoir aurait tort de croire qu’il pourrait avoir les Burkinabé à l’usure. On ne saurait avoir à l’usure un peuple qui est privé de pain et de libertés. Sa lutte devient dans ces circonstances, une question de survie. Les grèves ont donc réussi et l’on peut comprendre que si les syndicats font état d’une réussite à hauteur de 80 à 90 % que de son côté le gouvernement rabaisse les prétentions jusqu’au seuil de 20 %. Ca a toujours été une constante de sa part.

Ils étaient nombreux, et nombreuses,
à la Bourse du Travail, le 8 avril 2008

Maintenant, que va-t-il se passer ? En effet, non seulement on ne sent pas, loin de là, une volonté de satisfaire la demande d’augmentation récurrente de 25 % des salaires mais on le voit s’échinant à mettre toute la responsabilité de la situation sur le contexte international et à se perdre en rencontres à n’en plus finir avec au bout, de la ligne, des promesses dont on sait qu’elles ne pourront pas quant au fond, soulager la situation des travailleurs et des populations burkinabé.

Les jours et les semaines qui viennent nous en diront plus sur la détermination des uns et des autres, des syndicats, du pouvoir mais aussi des populations. D’ores et déjà, on ne voit pas comment devant une crise de cette envergure, on pourrait se contenter de jouer au chat et à la souris ou même de s’en remettre à des seules réponses conjoncturelles. Que va donc proposer le pouvoir pour enrayer la dernière étape qui s’annonce, celle de la grève illimitée ? Nous verrons bien et jugerons en conséquence du sérieux apporté au règlement de cette crise en profondeur.

Pour l’heure, on est très loin d’avoir atteint l’autre rive !

 

Bala Sibiri


BILLET
L’ABSENCE DE FEUX TRICOLORES A BOBO-DIOULASSO
EST DUREMENT RESSENTIE : BIEN PLUS D’ACCIDENTS ET DE MORTS

Les émeutes dans la ville de Sya suite à la hausse vertigineuse des produits de première nécessité les 20 et 21 février derniers, ont vu notamment, comme chacun sait, la destruction de la majorité des feux tricolores de la ville. La conséquence immédiate de cette destruction est que le nombre d’accidents s’est accru surtout que les autorités communales peinent à placer de nouveaux feux tricolores.

A l’intersection Avenue de la République et Boulevard de la Révolution non loin de la gare SOGEBAF (Société Générale Bamogo et Frères), les usagers ont de la peine à circuler librement tant ces voies sont encombrées. Véhicules de transports en commun, taxis, voitures, vendeurs de pain, simples passants,

Rue encombrée à Bobo-Dioulasso
chacun à sa façon essaie de se frayer un chemin. C’est dans cette confusion généralisée, au moment où nous faisions notre reportage, qu’un taximan faillit heurter un usager à moto. A quelques mètres de là, un piéton se trouvant bloqué au beau milieu de la chaussée par des véhicules de tous genres, proférait des injures à l’encontre des chauffeurs. C’est l’anarchie ! Cette situation s’explique par les feux tricolores et panneaux de stop qui ont été détruits.

Pour prendre la mesure de la gravité du problème, nous nous sommes rendus à la « Section accidents » du Commissariat central de Bobo-Dioulasso où nous avons rencontré le responsable de ce service qui n’est autre que l’Officier de police Siédogo Hamidou. Celui-ci nous dira qu’effectivement, les émeutes consécutives à la hausse vertigineuse des produits de première nécessité ont causé de sérieux dégâts dans la ville de Bobo-Dioulasso et aux usagers de la route en particulier avec la destruction quasi-totale des feux tricolores et autres panneaux de stop. Cette situation a eu pour conséquence une augmentation sensible des accidents de circulation dans la cité de Sya. On nous informera que le Commissariat central de Bobo-Dioulasso a enregistré les deux derniers mois, 207 accidents avec 5 morts. Heureusement, nous fera-t-on savoir, la promptitude des autorités communales à rétablir certains feux tricolores dans des intersections à hauts risques comme celle de la station Shell de Bindougousso (ex secteur 14 de Bobo) a contribué à amoindrir les risques d’accidents de circulation. La situation est d’autant plus préoccupante que, selon le commissaire, la majorité des usagers de la route ne maîtrise pas les règles élémentaires du code de la route dont surtout la simple priorité à droite.

Selon une source proche de la mairie centrale, la réhabilitation des feux tricolores endommagés coûtera environ 62 millions de francs CFA. Il est dommage qu’à l’occasion de la tenue de la SNC, on n’ait pas rogné sur certaines dépenses pour pouvoir remplacer tous les feux détruits ! Souhaitons en tout cas que des partenaires au Faso songent à mettre la main à la poche pour aider les autorités à obtenir cette somme, pas si importante que cela au fond, pour eux ! Il y va de la vie des Bobolais et autres personnes circulant à Sya ! A bon entendeur…

Seydou Diabo





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