Mise à jour le 13/04/2008
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San Finna N°459 du 14 au 20 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

JACK LANG BRISE L’OMERTA FRANÇAFRICAINE
ET PROVOQUE UN RAFFUT DU DIABLE

Depuis la visite de Jack Lang en Côte d’Ivoire, on ne lit plus que des articles du style : « …Jack Lang a rendu visite au dictateur Gbagbo ; il est allé s’éclater en boîte de nuit avec Gbagbo pendant que les Ivoiriens meurent dans les manifestations contre la vie chère… ». Que penser de tout ce matraquage médiatique ?

Jack Lang, rompant une quarantaine observée par quasiment toutes les forces politiques à l’époque de Jacques Chirac mais aussi de Nicolas Sarkozy, s’est effectivement rendu en Côte d’Ivoire pour des contacts tous azimuts. Cet éminent membre du Parti Socialiste a rencontré les représentants significatifs de la classe politique (Bédié, Ouattara, Soro…) et il a aussi rencontré le président Laurent Gbagbo.
Avec lui, il a visité quelques sites de réalisation des grands travaux, des hôpitaux… Il s’est fait expliquer au cours de ces rencontres, certains évènements que le pays a vécus comme l’attaque de Bouaké. Et puis, la délégation socialiste a accepté d’accompagner le numéro un ivoirien dans l’un des quartiers les plus populaires de la capitale, véritable coupe-gorge selon les uns, pour toucher du doigt les réalités sociales dans ce milieu internationalement connu.

Sans sécurité particulière, ils ont marché plus de 800 mètres et pour rentrer dans le tempérament du milieu, ils sont allés dans la boîte de nuit appartenant à Didier Drogba, et là ils ont esquissé quelques pas de danse filmés, semble-t-il, par des amateurs.

Jack Lang

Il n’en a pas fallu plus pour que, de tous les coins de France et de Navarre, viennent de certains milieux, des critiques, nous replongeant en pleine transe comme au plus chaud de la guerre punitive, pour refus de déstabilisation et d’exploitation de ses ressources, contre la Côte d’Ivoire.

Au cours d’une émission sur la chaîne française I Télé, des personnalités au nombre desquelles un ministre du gouvernement, ont remis au goût du jour les clichés tant véhiculés par les médias en uniforme sur Gbagbo le Boulanger, l’Ivoiritaire…

Plusieurs conclusions s’imposent.

La Coalition anti-Gbagbo a des racines et des complicités très profondes. Elle survit au départ de Jacques Chirac. Cette complicité (incompréhensible alors que face à l’impuissance de la communauté internationale, les protagonistes ont avancé dans la sortie de crise) ne peut que convaincre de l’insatisfaction d’une certaine élite politique et économique de voir les Ivoiriens réussir dans la reconquête de leur concorde, de leur unité…

Laurent Gbagbo
Les Ivoiriens et les Africains comprendront encore mieux le complot permanent dont le continent reste la victime.

Jack Lang et nombre de socialistes français ont fait le choix de l’avenir (même si au sein du parti, on peut comprendre qu’il y ait encore des irréductibles !), celui de la mémoire et de la nécessaire restauration des bonnes relations entre le PS et le FPI comme celles entre la France et la Côte d’Ivoire.


Ils ont aussi pris l’option de traquer la vérité dans ce dossier en demandant une commission d’enquête internationale ; une commission qui ferait la lumière sur le comportement des forces françaises en Côte d’Ivoire et notamment à l’occasion et à la suite des évènements de Bouaké.

Après avoir fait le point sur place et compris la force déstabilisatrice des médias aux ordres, Jack Lang reconduit cette exigence du PS. On ne comprendrait pas qu’on la rejette, à moins que le souci de la vérité, de la réconciliation, ne soit pas également partagé en France dans tous les segments de la vie politique et économique !

Quant à ceux qui critiquent bêtement le fait qu’il soit allé en boîte de nuit pour « s’éclater » alors que le lendemain, il y avait un mort suite aux troubles contre la vie chère, on pourrait rétorquer : mais est-ce que Jack Lang pouvait savoir qu’il y aurait un mort suite le lendemain, suite à des émeutes ? Qui plus est, la délégation est restée surtout à l’extérieur avec les Ivoiriens, la danse filmée et dénigrée n’a duré que quelques minutes et ce n’est pas un crime. Au contraire, c’est tout un symbole : celui du pays qui est sur le chemin de la paix définitive et qui a le droit de se réjouir de cette perspective. 10 minutes d’attitude positive en boîte de nuit pour un pays qui sort de la plus grave crise de son histoire ne valent vraiment pas tout ce déchaînement de haine médiatique, à moins que ceux qui appuient sur ce petit fait et qui ont tant misé sur le départ de Laurent Gbagbo n’aient pas encore totalement désarmé !

VT






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