San
Finna N°460 du
21 au 27 Avril 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
ARRONDISSEMENT
DE NONGR MASSOM
Y AURAIT-IL DES ATTRIBUTIONS FRAUDULEUSES ?
A
la suite des évènements du 28 février
2008 consécutives aux manifestations « contre
la vie chère », le maire de l’arrondissement
de Nongr Massom déclarait que les casses qui ont
eu lieu dans son arrondissement étaient le fait
« d’adversaires politiques » qui s’en
prenaient à lui. Il est même allé
jusqu’à ajouter que ses pertes personnelles
seraient à hauteur de soixante dix (70 000 000)
millions de nos francs. Alors qu’à l’évidence,
il s’agissait plutôt de l’explosion
des ressentiments des habitants de son arrondissement
à son égard.
En effet depuis son premier quinquennat, et à l’instar
d’autres maires de la commune de Ouagadougou, sa
gestion fut contestée par nombre de ses administrés,
notamment sur les attributions des parcelles.
La
question du lotissement
Voici une question qui fâche ou comme aiment à
le dire les autorités municipales, une question
délicate. Lors du plan de lotissement 2000-2005
la mairie de Nongr Massom avait dégagé 24
598 parcelles auxquelles 25 354 personnes avaient souscrit
pour un montant d’un peu plus de 1 milliard 40 millions
de FCFA. En son temps, on parlait de 21 344 personnes
ayant été attributaires ; 4 010 personnes
resteraient donc toujours dans l’attente de parcelles
pour s’abriter. Parmi ces personnes, il y en a qui
résidaient dans des zones non loties et d’autres
qui, quoique non résidants, étaient très
avancés dans la procédure d’acquisition
de parcelles. C’est le cas de l’association
FRADES (Fraternité pour le Développement
Economique et Social) qui avait, courant 2000, fait le
choix d’un site dans une zone non lotie du secteur
23 pour la réalisation d’un Centre de formation
en métiers artisanaux d’un coût de
plus de vingt (20.000.000) millions de FCFA. Suite à
quoi, le 08 septembre 2000, le Receveur des domaines et
de la publication foncière Kadiogo III a établi
un rapport positif et transmis le dossier pour signature
au maire SAWADOGO. Jusque là, rien !!!
C’est aussi l’exemple de ces centaines de
résidants (comprenez par résidants, les
personnes occupant la zone pendant qu’elle n’est
pas encore lotie) qui souscrivent juste pour légaliser
leurs occupations et dont certains avaient déjà
commencé à faire des briques pour construire
leurs bâtisses. Eh bien, ces personnes sont également
dans l’attente d’une réaction du maire
et de sa commission d’attribution. Dernièrement,
lors du déguerpissement de Tudub Weogo, comme pour
répondre à ces derniers, le maire SAWADOGO
confiait à un de nos confrères : «
Quand les citoyens entendent qu’il y a un projet
de lotissement quelque part, ils assiègent rapidement
l’endroit et achètent des superficies et
construisent des maisons de 10 tôles et plus »
ainsi «Vous trouvez des gens qui ont plus de 40
maisons à eux seuls. Lorsque vient le moment du
recensement et de l’aménagement, on se rend
compte qu’il y a plus de maisons que de parcelles
à dégager ; c’est de la spéculation».
Il est clair qu’on ne peut pas nier le fait qu’il
existe ce type de pratiques mais est-ce pour autant qu’il
faille prendre tous ceux qui souscrivent en tant que résidants
pour des spéculateurs ? Est-ce pour cette raison
qu’on doit donner beaucoup plus de chance au non
résidants et aux «Mogho puissants»
qu’à ceux qui résident déjà
sur les sites à lotir ?
Aujourd’hui,
le mécontentement des demandeurs est beaucoup plus
lié aux pratiques mafieuses dans les services domaniaux
où il est exigé aux demandeurs de payer
soixante quinze (75 000) mille, cent (100 000) FCFA ou
plus, en sus des cinquante (50 000) mille ou trente cinq
(35 000) mille FCFA de souscription demandés selon
que le demandeur soit résidant ou pas. A la mairie
de Nongr Massom, les transactions se font souvent très
tard dans la nuit. En l’espèce, un certain
enseignant à la retraite serait le prestataire
agrémenté. Il ne serait presque pas possible
d’obtenir une parcelle sans passer par lui avec
bien sûr, dit-on, « le nécessaire ».
En tout cas, de simple enseignant qu’il était,
il se retrouve aujourd’hui (affirme-t-on) grand
propriétaire d’immeubles et autres biens
sans qu’il soit établi qu’il ait hérité
de quelques grosses fortunes ou de quelques jackpot. Comment
empêcher dans ces conditions qu’on parle de
«deal » ? C’est Ouagadougou !
Le
Premier Ministre dans son élan d’assainissement
de notre gouvernance doit chercher à y voir clair,
car ce sont de nombreuses familles qui souffrent du manque
de logis.
Le
maire Zakaria SAWADOGO, «chef de gang », comme
le disent certains ?
Ça c’est un autre sentiment qui anime des
habitants de l’arrondissement de Nongr Massom. En
commençant par le député Yamba Malik
SAWADOGO qui a eu maille à partir avec le Ministre
de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation
sur la question il y a quelques semaines. Lors des manifestations
du 28 février 2008, une milice aurait été
recrutée par le conseil municipal pour ‘’bastonner’’
les ‘’casseurs’’. Et pour beaucoup,
les habitudes de C.D.R du maire seraient en train de le
rattraper.
Les membres de la milice en question seraient des jeunes
connus par les habitants recrutés par les dirigeants
actuels depuis les périodes sensibles des années
90. Ils seraient sans activités et ils resteraient
ainsi à la disposition des nostalgiques des périodes
de troubles post révolutionnaires. La question
du député SAWADOGO a été méprisée
par le ministre de l’Administration territoriale
en son temps qui avait nié l’existence de
milices dans notre pays. On peut comprendre ces dénégations
pourvu que dans le fond, on prenne toute la mesure des
risques que font courir certains élus zélés
à notre paix sociale.