Mise à jour le 20/04/2008
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San Finna N°460 du 21 au 27 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

RETOUR SUR LES TRACES
DE LA « GENERALE DE LA GASTRONOMIE »

Les images lancinantes de ces étudiantes aux ventres proéminents tels des enfants souffrants de Kwashiorkor, dansaient toujours dans ma mémoire mais également, ces déclarations et confidences qu’elles ne se sont pas privées de faire. Ces cadres de demain en avaient décidément gros sur le cœur, mais certaines informations étaient bien entendu à prendre avec des pincettes ou au conditionnel. C’est pour cerner encore l’information au plus juste qu’après notre article de la semaine passée, la Rédaction de San Finna m’a dépêché pour aller à la recherche de la gérante de la « Générale de la Gastronomie » (GEGA).

M’étant laissé dire que cette gérante serait résidente à Koudougou et pour permettre aux responsables de ce restaurant collectif, de s’exprimer par rapport aux récriminations supposées ou vraies des étudiants, je prenais à nouveau le car le 17 avril dernier aux seules fins de la (ou de les) rencontrer. C’est sous un soleil de plomb que mes investigations ont eu lieu. J’avais le bic dans une main et un paquet de mouchoirs en papier dans l’autre tellement je suais à grosses gouttes. D’abord, j’ai entrepris d’aller voir Monsieur le Directeur Régional du

Employée d’un restaurant universitaire
Centre Régional des œuvres universitaires de Koudougou. Mal m’en prit ! Conduit dans son bureau, je l’ai trouvé en pleine rédaction, m’a-t-il semblé, d’un droit de réponse à notre endroit puisque le Journal San Finna était bien en évidence sur la table à sa droite. J’eus droit au refrain du genre «Vous auriez pu approcher nos services avant de publier de telles choses ». Rien d’autre de bien croustillant n’est ressorti de cet entretien tendu. Dur, dur, le métier de journaliste !

Aussitôt après l’accueil plutôt frisquet du DR du CROUK, je me suis rendu au service de santé dudit centre mais j’y ai appris que ce service ne serait pas outillé pour des contrôles pointus en diététique. Je me suis alors rabattu sur les installations de la « Générale de la Gastronomie ». Il était 12 h 20 mn et le gérant adjoint Moussa Mohamed n’était pas là. Après avoir décliné mon identité, on me fera savoir que l’intéressé serait de retour à GEGA autour de 13 heures. De retour à l’heure dite, mes sens exercés de journaliste m’on fait percevoir une certaine ambiance au sein du personnel de la cuisine et du personnel d’appui. Notre précédent article était encore passé par là, et des conversations à voix basse ne trompaient pas à cet égard. Au fil des échanges, j’ai été étonné d’apprendre que la gérante de GEGA, tout comme les bureaux de la structure, étaient à Ouagadougou alors que nombre d’étudiants m’avaient affirmé le contraire. Le gérant adjoint Moussa Mohamed me mit en contact avec Ouagadougou. Je tairai ici la nature d’une conversation que j’ai eue alors avec un inconnu qui s’était fait passer pour le conseiller juridique de GEGA, mais toujours est-il qu’après des échanges aigre-doux, il m’a été organisé une visite guidée de toute la structure à Koudougou.

Il faut dire qu’après cet échange musclé de part et d’autre avec l’anonyme, le ton a fini par se policer avec, il faut le dire, la volonté manifeste de Madame Malicka Yugo/Séré, la directrice gérante, de rester dans les civilités. J’obtins en plus un rendez-vous pour le lendemain 18 Avril à 11 h 30 mn avec la directrice à Ouagadougou.

Mais pour en revenir à la visite guidée, même s’il y a des choses à redire, le profane que je suis a toutefois trouvé une installation assez professionnelle et bien tenue. Les serveurs et serveuses sont habillés en blouse blanche et même qu’un masque en tissu blanc leur cache la bouche. Le cube d’assaisonnement utilisé dans la préparation est la marque ‘‘Calnort’’. En plus du menu traditionnel riz, couscous, haricots, les étudiants ont droit quelquefois à du tô et au zamné, même au gaonré. Cette visite, histoire peut-être de me faire juger sur pièce, s’est achevée par un repas offert par le restaurant. C’était du riz au soumbala accompagné de viande ; sinon il y avait aussi, au menu, du couscous que j’ai goûté. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas ressenti de troubles particuliers et mon transit s’opère sans encombres. Mais bon, je suis un homme !

Dans la soirée du 17 avril, j’ai appris que les filles qui avaient été identifiées sur la photo illustrant le précédent article avaient reçu des convocations. Tiens tiens ! Renseignement pris, on me fit savoir que c’est le Chef de service restauration qui les convoquait à son service pour le 18 Avril 2008 à 16 heures, heure à laquelle elles sont d’habitude en cours. Bref ! Mais avant de reprendre le car pour Ouagadougou, je me suis promis d’en savoir plus et de connaître les motivations de la Direction du CROUK en convoquant 3 personnes sur les 5 qui sont intervenues dans l’article. Le Directeur Régional me confiera que c’est dans la dynamique du CROUK que d’entendre les filles pour mieux cerner le problème et voir qu’est-ce qui pourrait être fait s’il y avait réellement matière à intervenir. Donc nous attendons les conclusions de ce conciliabule avec impatience pour tirer toutes les conséquences.

Le lendemain, à 12 h 33 mn, j’étais au secrétariat de la Directrice de GEGA à Ouagadougou, Madame Malicka Yugo/Séré. Quand elle me permit enfin de rentrer dans son bureau, je vis qu’elle était assistée par Monsieur Kiéma Rasmané certainement un de ses fidèles lieutenants. Je ne reviendrais pas sur certains détails qui ont prévalu tout au long de nos échanges. Mais Madame Yugo dit avoir pour souci permanent que « Ces enfants mangent sainement » puisqu’elle n’aimerait pas que ses propres enfants se retrouvent un jour dans une situation peu appréciable. Elle dira aussi que, titulaire d’une maîtrise en sciences économiques, elle aurait pu être journaliste ou autre. ‘’J’ai fait le choix de faire l’entreprise et j’ai le souci permanent de le faire bien’’ dit-elle. Rappelons que la « Générale de la Gastronomie » existe voilà trois (03) ans et elle intervient aussi en restauration collective à l’EIER. Même si mes échanges avec Monsieur Kiéma ont failli enflammer l’air, c’est avec beaucoup de courtoisie et de respect que nous nous sommes quitté, fermant à 13 h 29 mn du même coup ce dossier GEGA en attendant bien sûr d’autres éléments plus probants.

Au stade actuel de nos recherches qui ont pour seul but de porter l’information la plus juste possible à l’opinion en vue de la préservation de la santé des étudiants burkinabé, l’objet central de nos préoccupations n’a pas été réglé dans la mesure où le phénomène dont les filles nous ont parlé, reste toujours inexpliqué. Maintenant, il faudra peut-être pousser plus loin les investigations notamment scientifiques et médiatiques par l’entrée en lice d’autres confrères qui pourraient à leur façon, apporter une vérification empirique par rapport à la réalité de l’existence du problème. Il faudrait, au-delà de Koudougou, étendre ces recherches dans l’ensemble des « Restau U » du pays en auditionnant même dans l’anonymat, les étudiantes et étudiants. Affaire à suivre en tout cas pour notre part !

Aristide Ouédraogo


DERNIERE MINUTE

Au moment de boucler, nous recevons effectivement un étonnant droit de réponse émanant du Directeur du Centre régional des œuvres universitaires de Koudougou (CROUK) qui conteste l’existence d’une cité appelée « Guantanamo » (pourtant ainsi baptisée par les étudiants) et qui dénonce, dans l’ignorance royale des précautions stylistiques utilisées par l’auteur de l’article pour parler de la question, le fait donc incorrect que San Finna ait mentionné de façon affirmative l’utilisation de formol et de Maggi blanc par la GEGA. Le document aussi affirme que les filles présentées sur la photo et entendues par le CROUK auraient, sans manifester le désir de produire un droit de réponse ou de nous assigner en justice, objecté avoir parlé à «l’ ami de l’oncle d’une co-chambrière », pas à un journaliste en tant que tel. Elles auraient en quelque sorte -à l’insu de leur plein gré- parlé en off, sans pour autant relever une contestation au fond, de l’écrit. Nous ne manquerons pas de revenir sur la suite à donner à ce droit de réponse qui, a priori, nous semble sans effet puisqu’en aucun cas, dans notre écrit, nous n’avons mis en cause cet organisme en tant que structure, ni dans ses rapports avec la GEGA.





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