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LE
LIVRE DE CARLA DEL PONTE
« LA CHASSE, MOI ET LES CRIMINELS DE GUERRE
»
EST-IL BIENVENU OU MAL VENU ?
Carla
del Ponte, qu’on ne présente plus,
a écrit un livre au titre évocateur
« La chasse, moi et les criminels de guerre
» qui fait grand bruit en Suisse et dans le
monde entier. L’ex Procureure du Tribunal
pénal international sur la Yougoslavie (TPIY)
a remis le couteau dans la plaie des exactions qui
ont eu lieu pendant la guerre dans l’ex-Yougoslavie,
en dénonçant des trafics d’organes
qui auraient pu être perpétrés
par les actuels dirigeants du Kosovo qui vient d’accéder
à l’indépendance. La polémique
enfle, impliquant des personnalités de bien
de pays et mettant deux camps, face à face.
Le premier estime que ce livre est mal venu, diffamatoire,
parce qu’il prend de simples allégations
pour vérité révélée
et porte atteinte à la crédibilité
de simples citoyens ou de personnalités.
Le second camp maintient ferme que ce livre est
le bienvenu car quand on connaît la personne
qui l’a écrit, on sait que son contenu
ne peut être que le fruit de la vérité
et un cri d’exigence, de justice dans un monde
où l’impunité gagne en puissance.
Deux sons de cloche.
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« LA CHASSE, MOI ET LES CRIMINELS
DE GUERRE » EST UN LIVRE PLUS QUE BIENVENU
Rien dans la naissance, dans la vie, dans la carrière
de Carla del Ponte, n’indiquait qu’elle
puisse finir comme une affabulatrice, une personne
qui dénature les faits pour le plaisir de
faire des victimes ou pour s’enrichir. Elle
est née en 1947 dans une famille à
cheval sur les principes. Elle vit à la dure
avec ses trois frères à Bignasco dans
le Val Maggia où elle aime bien chasser les
vipères avec eux. Son désir de devenir
médecin comme deux de ses frères est
contrarié par un père qui la destine
tout simplement à être une bonne épouse
et une bonne mère. Mais comme elle a déjà
le caractère trempé, elle obtiendra
au moins de faire du droit et tout s’enchaîne.
Elle ouvre son Cabinet d’avocat dès
1975, est nommée juge d’instruction
en 1981, procureur du canton de Lugano en 1985,
procureur général de la confédération
helvétique en 1994, procureur général
du Tribunal pénal international sur le Rwanda
et du TPIY en 1999, mandat renouvelé en 2003
pour le TPIY mais pas pour le TPIR. Le 23 août
2007, le Département fédéral
des affaires étrangères la nomme comme
Ambassadeur de Suisse en Argentine pour compter
de janvier 2008 après la fin de son mandat
au TPIY. On voit bien, avec le petit résumé
de sa carrière que ce n’est pas une
femme de rien mais l’une des plus célèbres
du monde. Si elle laisse entendre, encore qu’elle
le fasse avec prudence et au conditionnel, qu’il
y a eu des trafics d’organes et que jusqu’à
300 prisonniers, majoritairement des Serbes, auraient
pu être conduits par les éléments
de l’UCK en Albanie pour y subir des opérations
d’ablations d’organes avant d’être
exécutés, elle sait de quoi elle parle.
Cette femme de tête, au moment où elle
quitte le TPIY ne voudrait pas se rendre complice
d’impunité en permettant que les dossiers
dorment d’un sommeil éternel. C’est
un pied de nez qu’elle fait à sa façon
à toutes ces puissances politiques, financières,
dont on sait qu’elles sont en œuvre au
niveau du TPIY pour éviter que certaines
procédures aboutissent. Ce n’est pas
pour rien que le gouvernement serbe a saisi la balle
au bond pour introduire une plainte au niveau du
TPIY. Qu’il y ait des mécontentements
un peu partout, ça se comprend. Toutes ces
puissances, qui ont joué des pieds et des
mains pour la proclamation de l’indépendance
du Kosovo n’aimeraient pas qu’il soit
prouvé que les responsables de l’UCK,
Agim Ceku et Hashim Thaçi actuel premier
Ministre du Kosovo indépendant, soient reconnus
coupables des faits dont parle Mme del Ponte. Ce
serait une claque pour eux !
TOMI. |
«
LA CHASSE, MOI ET LES CRIMINELS DE GUERRE »
EST UN LIVRE VRAIMENT MAL VENU
Carla
del Ponte a occupé de grandes responsabilités,
n’est pas dans le besoin mais cela ne lui
délivre pas un brevet absolu d’intégrité
et de fiabilité. Femme difficile à
vivre, acariâtre de surcroît, elle pensait
toujours avoir le monopole de la vérité.
Les deux époux qui ont pris leurs cliques
et leurs claques sans demander leur reste pour la
fuir pourraient certainement beaucoup en dire sur
son caractère. La nature du reste ne ment
pas qui l’a taillée comme elle est
: abrupte au-dedans comme au-dehors. Quand une jeune
fille peut préférer passer son temps
à courir après les vipères
au lieu d’agir comme toutes les autres jeunes
filles, on comprend qu’elle puisse traquer
des êtres innocents juste pour le plaisir
de les voir souffrir ! Quand on approche son ancienne
Porte parole, Florence Hartmann, qui la connaît
très bien pour avoir travaillé à
ses côtés, on comprend qu’elle
se révolte devant les propos de son ancienne
patronne. Et de fait, pour une juriste si chevronnée,
on ne comprend pas que Mme del Ponte puisse, sachant
très bien le retentissement qu’aura
son livre, mettre en cause (même avec la prudence
du conditionnel) de hautes personnalités
du Kosovo. A juste titre, Mme Hartmann dit que parler
aujourd’hui de cette affaire qui n’a
pas pu être élucidée par manque
de preuves, relève d’une irresponsabilité
sans bornes. C’est ce qu’elle exprime
fortement dans « Le Temps » du 5 avril
2008 sous ce titre : « Kosovo, Carla del Ponte
lance des accusations irresponsables et indignes
». Elle y explique que saisie de l’affaire,
Carla del Ponte a mené des investigations
qui n’ont pas abouti. «S'il est du devoir
d'un procureur de n'écarter aucune piste,
est-il judicieux de révéler celles
qui furent abandonnées du fait de l'absence
de toute forme de preuve ? La piste d'un trafic
d'organes dirigé par les hauts responsables
de l'armée indépendantiste kosovare
ne s'est pas heurtée à des résistances,
que de telles révélations, même
tardives, viendraient salutairement dénoncer,
elle a tout simplement fait chou blanc. En parler
aujourd'hui, alors que, depuis près de cinq
ans, aucun nouvel élément pouvant
accréditer cette thèse n'est apparu,
est irresponsable». Elle poursuit en soulignant
: «Désigner implicitement les commanditaires
d'un crime non avéré sous prétexte
que certains leaders albanais du Kosovo ont été
suspectés d'autres crimes est indigne».
Elle a tout dit ! Avide de publicité, Carla
del Ponte sera servie avec en prime de l’argent,
mais ça n’ira pas beaucoup plus loin
!
TOZI.
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