San
Finna N°461 du
28 Avril au 04 Mai 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
DEUX
MESSAGES REÇUS SUR THABO M’BEKI
EN DESACCORD AVEC LA POSITION DE SAN FINNA
«
San Finna est l'un des meilleurs
journaux de combat en Afrique que je lis tous les
lundis sur le Net. Mais à propos de la position
de Thabo MBEKI au Zimbabwe, je ne suis pas d'accord
avec votre analyse. Comment le Zimbabwé,
sinon son Président, est-il devenu l'ennemi
public numéro un des Occidentaux dont nous
reprenons en Afrique, parfois avec légèreté,
les sentiments vis-à-vis de tel ou tel leader
africain? Tant que les fermiers blancs (4% de la
population) étaient encore sur leurs fermes
(70% des terres cultivables), nul ne trouvait à
redire en Grande Bretagne ou aux États Unis
quoi que ce soit contre
Robert MUGABE. Mais 20 ans après l'indépendance
de son pays (1980) et plusieurs tentatives infructueuses
(y compris avec la participation et la promesse
de l'ancienne puissance coloniale) de redistribuer
les terres entre Blancs et Noirs (96% de la population,
seulement 4% des terres cultivables), l'ancien combattant
d'Harare décide de faire occuper de force
les propriétés des Blancs par des
anciens combattants de la guerre d'indépendance
(véritable boulet à ses pieds), et
nous voilà avec une autre image de MUGABE
: un sanguinaire, un dictateur, un corrompu. Mais
que voulez-vous que MUGABE fasse d'autre contre
le colon et sa ligue de suppôts locaux ?
Pays
sans bordure maritime, le Zimbabwe est facilement
« asphyxiable » au plan économique
avec des conséquences politiques toutes évidentes.
Et c'est ce que les Occidentaux qui n'abandonnent
jamais le plus petit de leurs citoyens (fut-il le
plus grand mécréant que la terre ait
enfanté) aux mains de la justice du Tiers-monde,
ont fait pour étouffer MUGABE et son peuple.
Demandez-vous parfois les raisons de ce grand amour
que les Occidentaux portent à un '' Nègre''
comme Mandela. Ils ont d'immenses investissements
en Afrique du Sud. Et Madiba, devenu Président
après des années de conciliabules,
a préservé leurs intérêts.
Le Blanc n'aime que son intérêt. Et
MANDELA n'a fait que préserver cela dès
son accession à la magistrature suprême
de son pays. Que serait-il advenu de lui s'il avait,
ne serait-ce que souhaité avec insistance,
que les Blancs cèdent des parts de leur prospérité
aux Noirs? Que Dieu vous bénisse ! »
H.R.
«
Au sujet de l'article "THABO MBEKI PALE SUCCESSEUR
DE « MADIBA » DEVANT L’HISTOIRE",
je me dois de vous dire que votre analyse est franchement
biaisée. Il me semble qu'un point de vue personnel
a pris le dessus sur le bon sens et les normes journalistiques.
Fraternellement”,
Sans signature
NDLR
: Notre journal a toujours combattu la pensée
unique et a ancré sa lutte dans le paysage médiatique
autour de la nécessité d’obtenir que
la décision soit soumise au contrôle. Une
telle ambition ne peut être satisfaite que si la
contradiction est acceptée comme une règle
d’or. C’est pour cela que les réactions
que nous avons reçues par rapport à notre
article publié dans notre dernière édition
sur Thabo M’beki, sont communiquées pour
partage, à l’opinion. Nous voulons simplement
repréciser que nous restons conformes à
notre ligne. Qu’il s’agisse de Thabo M’beki
et de Mugabe, nous ne saurions méconnaître
qu’ils ont constitué des références
pour l’Afrique et qu’ils ont travaillé
pour elle mais nous ne pouvons pas ne pas souligner les
limites qu’ils peuvent montrer dans leur gouvernance
et qui vont à l’encontre de l’intérêt
de leurs peuples et du continent. Nous ne saurions privilégier
ni ce que Mugabe a eu à faire dans le passé
qui honore le Zimbabwe et l’Afrique, ni ce que Thabo
M’beki a pu faire dans le même sens pour l’Afrique
du Sud et le continent quand dans leur comportement, ils
se mettent en porte à faux avec l’intérêt
des peuples zimbabwéen, sud africain et des peuples
d’Afrique. C’est tout ce que nous voulions
dire. Si aujourd’hui Mugabe accepte qu’il
a fait son temps et que le bonheur de son peuple compte
beaucoup plus que le sien, et qu’en conséquence,
il se soumet au verdict populaire en quittant le pouvoir,
pour nous, il quittera le pouvoir par la grande porte.
Si de son côté, Thabo M’béki
se met au diapason du Prix Nobel Desmond Tutu, du président
de l’ANC Jacob Zuma, du peuple sud-africain, pour
demander à Mugabe de quitter le pouvoir, et si
pareillement, il s’engage beaucoup plus à
fond dans la lutte contre le sida…, nous garderons
de lui, le plus positif de ce qu’il a pu accomplir
pendant ces deux mandats !