SUR
LA COMMUNE DE OUESSA
DROIT DE REPONSE
Nous
avons reçu ce droit de réponse de Mr
DABIRE Victor, suite à un article paru dans
notre édition du 10 au 16 mars 2008, N°
454, consacré à la commune de Ouessa.
Lisez plutôt.
«
DABIRE Victor
Conseiller
A
Monsieur
le Directeur du Journal
SAN FINNA
Monsieur
le Directeur,
Dans
votre édition n°454 du 10 au 16 mars 2008,
notamment dans la rubrique consacrée à
la commune de Ouessa et intitulée « On
est prêt à mourir… », nous
avons relevé certaines allégations du
maire qui interpellent une précision de notre
part, d’où cette présente note
qui vaut droit de réponse dont nous usons après
mûres réflexions.
Mais en attendant, nous tenons à saluer la
démarche courageuse et objective que vous avez
entreprise en bravant l’état de la route
pour collecter les informations à la source
sur la vie de la commune de Ouessa. Nous souhaitons
que de telles initiatives se multiplient car l’implication
de la presse dans la construction de notre jeune démocratie
est fondamentale, grâce à son pouvoir
d’information et de sensibilisation des citoyens,
dans l’objectivité et en toute impartialité.
Cependant la brièveté de votre séjour
ne vous a pas permis de mesurer la profondeur du malaise
qui sévit dans cette commune et dont le maire
tente d’en imputer les causes à «
l’UNDD locale ». En vous référant
à la note de Monsieur Nalobèmaor publiée
dans le journal Le Pays et dont vous en avez fait
une économie dans votre parution du 04 au 10
février dernier, vous comprendrez aisément
notre indignation de voir la maligne subtilité
qu’on veut utiliser pour trouver un bouc émissaire
à ces évènements.
Bref, la crise qui sévit à Ouessa et
que le maire tente d’accuser l’UNDD locale
d’en être auteur ou instigateur, découle
uniquement de la mauvaise compréhension du
maire de ses attributions et prérogatives,
de son refus de la contradiction et des règles
du jeu démocratique à la base. Lorsqu’on
se donne la peine d’analyser certaines déclarations
du maire lors de l’interview que vous lui avez
consacré, et que je me permets de relever,
les faits sont édifiants :
•
Sur le cas du recrutement de son frère dans
les fonctions de collecteur et de gardien, le maire
a dit : « je recrute la personne en qui j’ai
confiance. Ou bien c’est parce que c’est
mon frère que je ne dois pas le recruter. Il
a été pendant 6 ans gardien au Ghana,
donc il a l’expérience ». Jugez
en vous-même les faits. Lors de la session du
05 mars 2008, nous avons dit au maire que ce n’est
pas le fait que le gardien soit son frère mais
plutôt la procédure illégalement
utilisée pour son recrutement. Compte tenu
du fait qu’il y avait plusieurs demandes, il
était plus indiqué d’organiser
un test pour départager les postulants et en
retenir le meilleur. En réponse, il nous a
fait comprendre que c’est lui le maire et qu’il
recrute qui il veut.
•
En ce qui concerne les chargés de missions,
personne n’a contesté leur nomination
unilatérale par le maire, d’autant plus
qu’il s’agit de bénévolat.
Mais ce qui est paradoxal, c’est quand le maire
les envoie en ses lieux et place à des formations
destinées aux élus et à des missions
officielles, au lieu de se faire représenter
par les membres du bureau du conseil. Pour toute réponse,
il nous a dit que cela ne peut pas se faire parce
que le niveau peu élevé des adjoints
et des présidents des commissions les met dans
l’incapacité de faire des comptes-rendus
écrits. Pourtant, la commune de Ouessa n’est
pas la seule à vivre ce phénomène
d’illettrisme et d’analphabétisme,
mais ailleurs, on constate la participation des autres
élus locaux aux sessions de formation. Du reste,
pourquoi avoir accepté la candidature des intéressés
lors des élections, en occultant l’aspect
« savoir lire et écrire en langue française
» ? Dans tous les cas, lors des formations,
les organisateurs ont toujours fait l’effort
de faire assurer la traduction aux participants qui
n’ont pas eu la chance de maîtriser la
langue française mais qui ont reçu cependant
la confiance de la population pour contribuer à
la gestion des affaires locales. Pour notre part,
nous pensons qu’ils ont le même droit
de formation que les lettrés en tant qu’acteurs
du processus de décentralisation.
•
Concernant le marché de Hamélé,
notre position n’a jamais été
contre sa construction mais contre la méthodologie
d’approche initiale utilisée par le maire
et qui a conduit à cette situation de crise
qu’on tente de mettre sur le dos des conseillers
UNDD. D’ailleurs, sur la question, nous avons
demandé au maire au cours de la session dernière,
d’arrêter d’opposer les partis politiques
en mettant constamment en exergue les appartenances
politiques lors des débats, pour justifier
les interventions des gens. Pour notre part, après
la période des campagnes électorales,
l’heure n’est plus à des luttes
politiques intestines et mesquines mais à l’union
de tous les acteurs pour la construction de notre
jeune commune. Nous avons toujours revendiqué
la collaboration au sein du conseil municipal mais
sans jamais avoir l’oreille attentive du maire.
Les conseillers UNDD n’ont aucune difficulté
d’échange et de partage avec leurs collègues
CDP. Le problème, c’est le maire et pas
autre personne. Voyez-vous, dans le cas du marché
de Hamélé, la réaction de la
population Sissala n’a aucune connotation politique,
encore moins une implication quelconque de «
l’UNDD local ». Du reste, selon ses propos,
il se dit la personne la mieux proche de la chefferie
Sissala, lorsqu’il précise lui-même
que« personne n’a autant de relation avec
le chef que moi dans cette région. Il fut un
grand ami de mon père défunt…
» Pourquoi s’en prend –il alors
à la section locale UNDD, après l’échec
de sa tentative de règlement familial du problème
?
Nous
voulons à travers ce droit de réponse,
rassurer l’opinion nationale et les ressortissants
de la commune de Ouessa que les conseillers UNDD n’ont
aucune ambition ou prétention de déstabilisation
les actions du maire. Cependant, nous nous insurgerons
toujours contre les comportements et pratiques qui
ne s’inscrivent pas dans la légalité,
la régularité et le respect des droits
humains et des règles de jeu démocratique.
Voyez- vous, avant de remonter à Ouaga après
la session du 05 mars 2008, nous avons été
approché par deux membres du nouveau bureau
de l’association des parents d’élèves
du lycée provincial de Ouessa, et qui nous
ont informé que le maire s’oppose à
la passation de service entre les deux bureaux (sortant
et entrant) et exige la démission du nouveau
bureau parce qu’il ne peut pas accepter que
des étrangers viennent diriger l’établissement.
Sans faire de commentaire sur cette question, nous
vous adressons la composition des deux bureaux, en
vous laissant la latitude de vérifier par vous-même
si cela est encore du fait de l’UNDD local ou
s’il s’agit d’un problème
de mal gouvernance ».
NDLR
: Nous tâcherons de publier la composition de
ces bureaux la semaine prochaine, le document envoyé
n’ayant pas joint ladite composition.