San
Finna N°461 du
28 Avril au 04 Mai 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
RECONNAISSANCE
DU KOSOVO
LE GOUVERNEMENT DOIT ENCORE CONVAINCRE
Le
nouvel Etat n'a été reconnu que
par 36 pays, bien moins que ce que promettait
le Premier ministre Hashim Thaçi, ce
qui interdit d'envisager son adhésion
à la plupart des organisations internationales,
et même à l'Onu. La Fifa et l'UEFA
ont exclu l'adhésion du Kosovo. Et Seuls
quatre pays musulmans ont ainsi reconnu le nouvel
Etat : l'anti-américanisme se révèle
plus fort que l'hypothétique solidarité
avec un Kosovo majoritairement musulman. Et
pour tout dire, les attributs étatiques
du nouveau Kosovo sont quelque peu sujet à
caution : sa population est loin d’adhérer
unanimement à la même identité
; sa monnaie est l'euro ; sa sécurité
est assurée par les troupes de l'Otan,
et les autorités élues seront
étroitement contrôlées par
les missions internationales.
Le
KOSOVO (10.877 km², qui a fait sécession
d’avec la Serbie)
C’est
dans ce contexte plutôt instable que le
Burkina Faso a choisi de reconnaître officiellement
le Kosovo (10.877 km², 2.2000.000 habitants
en 2005) comme Etat indépendant. La décision
a été prise le 23 avril dernier
en conseil des ministres. Pour mieux expliquer
à l’opinion les raisons de ce choix
diplomatiques, le ministre des affaires étrangères
et de la coopération régionale
a rencontré la presse nationale et internationale
le vendredi 25 avril 2008 dans la salle de conférence
dudit ministère. Pour le ministre Djibril
Bassolé trois raisons ont motivé
le Burkina Faso à reconnaître le
Kosovo.
Il y a d’abord le droit international il ressort
incontestablement, aux yeux du gouvernement, que le
Kosovo remplit les conditions juridiques pour être
reconnu comme Etat. En effet, il dispose d’une
population, d’un territoire déterminé
et de l’autorité effective d’un
organe central doté de la souveraineté
et d’une personnalité juridique. Ensuite
le Burkina Faso en sa qualité de membre non
permanent du Conseil de Sécurité se
doit d’assumer pleinement ses responsabilités
en apportant sa contribution à la résolution
de toutes les questions susceptibles de compromettre
la paix et la sécurité internationales.
Enfin, au regard de l’évolution historique
et de la situation particulière des Balkans,
le Burkina Faso fonde sa conviction que seules la
liberté et l’indépendance du peuple
kosovar lui permettront de contribuer pleinement à
la consolidation de la stabilité dans cette
partie du monde avec les nations voisines. Justifications
à bien des égards, fragiles, au regard
de leurs potentialités belligènes. Du
reste, au jeu des questions réponses avec les
journalistes, et à la suite notamment de celles
que nous avons personnellement posées, le ministre
Djibril Bassolé reconnaîtra que nombre
de pays refuse de reconnaître le Kosovo du fait
de la sensibilité du sujet et que cela risquait
effectivement d’amener d’autres communautés
ou ensemble a revendiquer leur indépendance.
Mais alors quel intérêt politique, économique
et diplomatique le Burkina aurait à reconnaître
le Kosovo ? A tenté de savoir nombres de journalistes
présent dans la salle. « Il faut éviter
de voir chaque fois dans les décisions du gouvernement
quelque chose au bout de la corde » répondra
tout simplement Djibril Bassolet.
Bref, il ne sera pas en mesure de nous aider à
mieux comprendre l’imbroglio kosovar car la
reconnaissance du nouvel Etat par le Burkina intervient
alors que la situation se complexifie davantage dans
ce pays. Les contestations se font plus vives par
rapport à l’identité nationale
puisque les 120.000 Serbes du Kosovo font de la résistance
à travers des petites enclaves disséminées
au sud du territoire. De leur côté, comme
si de rien n’était, les ministres serbes
multiplient visite sur visite dans ces territoires,
histoire de montrer aux yeux du monde, qu’ils
ne sont nullement concernés par la reconnaissance
opérée aux forceps par quelques pays
au nombre desquels vient s’ajouter le nôtre.
Des pieds de nez qui sont perçus comme des
provocations par les autorités de Pristina
comme par les troupes de la KFOR et de la Police des
Nations Unies. Mais on évite d’engager
l’épreuve de force avec Belgrade.
Le cafouillis de la situation se mesure aussi aux
contradictions qui se dessinent au plan international.
L’Union Européenne compte déployer
le 15 juin une nouvelle mission, baptisée Eulex,
et dont les compétences seront concentrées
dans les secteurs stratégiques de la justice
et de la police, cependant que la Mission des Nations
unies au Kosovo (Minuk) demeure en fonction. Voilà
en perspective des risques de télescopage et
certains disent, d’une "guerre des missions
internationales" puisque les pays hostiles à
l'indépendance du Kosovo insistent sur le maintien
des prérogatives de la Minuk.
Pour
savoir jusqu’où le Burkina était
prêt à tirer les conclusions de
sa reconnaissance du Kosovo, nous avons voulu
savoir ce qu’il en serait de celle du
Pountland si la demande était formulée
puisque les motivations avancées par
le
ministre, à notre sens, rendent éligible
ce pays à la reconnaissance internationale.
En effet, le Pountland (Pays des Pount, 250.000
km², 3.500.000 habitants en 2000) était
constitué dans l’Antiquité
égyptienne par les territoires se situant
dans les cotes somaliennes actuelles. Aujourd’hui,
il correspond au nord-est de la Somalie. Il
a une identité essentiellement musulmane.
A la différence des autres territoires
somali, il a proclamé son indépendance
et réussit tant bien que mal, à
exercer dans les faits les prérogatives
étatiques. Mais pour toute réponse,
Djibril Bassolé dira ignorer qu’un
tel Etat existerait et même ne pas connaître
sa situation géographique. Il ajoutera
que si le Pountland demande sa reconnaissance,
le Burkina Faso examinera cette demande.
Le
PUNTLAND (250.000 km2,qui a fait sécession
d’avec la Somalie)
Voilà qui met à mal la règle
d’or de l’intangibilité des frontières
héritées de la colonisation. Mais on
sait que sur le sujet, le Burkina avait déjà
eu des valses hésitations avec le territoire
sahraoui et Taiwan. Ici encore, notre soif du pourquoi
et du comment ne sera pas étanchée à
moins que le fin mot de cette histoire soit encore
et toujours de faire plaisir à la France.
Quant à la question de savoir ce que pensent
les autorités du livre de Carla del Ponte («
La chasse, moi et les criminels de guerre »
qui met en cause les gouvernants du Kosovo dans des
trafics d’organes prélevés sur
des prisonniers serbes), dans les réponses,
elle passera tout simplement aux pertes et profits.
Bref, pour avoir voulu éclairer nos lanternes
au sujet de la reconnaissance du Kosovo, nous restons
sinon dans le brouillard, dans la pénombre
! Mais le pouvoir au moins, semble décidé
à assumer sa reconnaissance en communiquant
tant bien que mal.
Aristide
Ouédraogo
Communiqué
Les
Fidèles musulmans de la ville de Tô,
Province de la Sissili, ont le plaisir d’informer
parents, amis et connaissances de la fin des travaux
de construction de leur grande mosquée, offerte
par El Hadj Oumarou KANAZOE.
Ils les informent également que l’inauguration
de ladite mosquée aura lieu le vendredi 02
mai 2008 à partir de 10 heures, sous le haut
patronage du donateur El Hadj Oumarou KANAZOE, Président
de la Communauté Musulmane du Burkina Faso.