Mise à jour le 27/04/2008
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San Finna N°461 du 28 Avril au 04 Mai 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

A vue de monde

CONFERENCE DE PRESSE DE NICOLAS SARKOZY
APPRECIATIONS D’UN TELESPECTATEUR BURKINABE

Quand on va au marché en Afrique, c’est parce que généralement, on a ajusté sa bourse en fonction des échoppes qu’on va visiter et des marchandises qui nous intéressent et qu’on est en mesure d’acheter.

Lorsque je me suis installé pour assister à la conférence de presse du président français, annoncée sur une multitude de chaînes, en boucle et bien à l’avance, j’avais déjà dans ma tête mon marché fait par rapport aux questions qui devaient être abordées : pour moi, c’était avant tout l’International. Mais quelle ne fut ma déception ! Toute la conférence de presse s’est déroulée d’abord sur des questions politiques et économiques nationales ans pouvoir m’édifier et me
donner à penser que la cote du conférencier pouvait remonter. Mais passons ! Je voulais quant à moi, juger par rapport à l’International, convaincu qu’une place de choix y serait faite à l’Afrique. Quand on pense à tout ce qui a été fait et dit avant, pendant et après la campagne, quand on pense à Cotonou, à Dakar, au Cap, quand on pense à l’affaire de l’Arche de Zoé, au coup de pouce de la France à Idriss Déby, au Darfour, à l’Eurofor, à Bockel, à la Françafrique…, on

Nicolas Sarkozy
ne peut pas dire qu’il n’y avait pas matière à évoquer le continent. Mais incroyable mais vrai, pas un seul mot sur nous, sauf cette phrase sortie comme par acquis de conscience qui recommande d’aller vers les cultures vivrières. De deux choses l’une : ou bien le sujet est vraiment gênant, trop délicat pour qu’on s’aventure à en parler dans une conférence de presse pour se faire taper dessus par un Bongo, ou bien comme Sarkozy a eu à le dire par le passé : l’Afrique pèse si peu dans le panier économique de la France qu’elle ne trouve pas sa place dans un entretien de cette envergure. A chacun de choisir son explication.


Pour ma part, je suis déçu. Ne serait-ce qu’en raison des circonstances du moment où de partout, on n’en a que pour la catastrophe humanitaire qui menace l’Afrique, on aurait pu en dire un peu plus. En tout cas, ce n’est pas à mon niveau que la cote de Sarkozy va monter !

Benjamin Ouédraogo
Enseignant






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