San
Finna N°461 du
28 Avril au 04 Mai 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
CONFERENCE
DE PRESSE DE NICOLAS SARKOZY
APPRECIATIONS D’UN TELESPECTATEUR BURKINABE
Quand
on va au marché en Afrique, c’est parce que
généralement, on a ajusté sa bourse
en fonction des échoppes qu’on va visiter
et des marchandises qui nous intéressent et qu’on
est en mesure d’acheter.
Lorsque
je me suis installé pour assister à
la conférence de presse du président
français, annoncée sur une multitude
de chaînes, en boucle et bien à l’avance,
j’avais déjà dans ma tête
mon marché fait par rapport aux questions
qui devaient être abordées : pour moi,
c’était avant tout l’International.
Mais quelle ne fut ma déception ! Toute la
conférence de presse s’est déroulée
d’abord sur des questions politiques et économiques
nationales ans pouvoir m’édifier et
me
donner
à penser que la cote du conférencier
pouvait remonter. Mais passons ! Je voulais quant
à moi, juger par rapport à l’International,
convaincu qu’une place de choix y serait faite
à l’Afrique. Quand on pense à
tout ce qui a été fait et dit avant,
pendant et après la campagne, quand on pense
à Cotonou, à Dakar, au Cap, quand
on pense à l’affaire de l’Arche
de Zoé, au coup de pouce de la France à
Idriss Déby, au Darfour, à l’Eurofor,
à Bockel, à la Françafrique…,
on
Nicolas
Sarkozy
ne
peut pas dire qu’il n’y avait pas matière
à évoquer le continent. Mais incroyable
mais vrai, pas un seul mot sur nous, sauf cette
phrase sortie comme par acquis de conscience qui
recommande d’aller vers les cultures vivrières.
De deux choses l’une : ou bien le sujet est
vraiment gênant, trop délicat pour
qu’on s’aventure à en parler
dans une conférence de presse pour se faire
taper dessus par un Bongo, ou bien comme Sarkozy
a eu à le dire par le passé : l’Afrique
pèse si peu dans le panier économique
de la France qu’elle ne trouve pas sa place
dans un entretien de cette envergure. A chacun de
choisir son explication.
Pour ma part, je suis déçu. Ne serait-ce
qu’en raison des circonstances du moment où
de partout, on n’en a que pour la catastrophe humanitaire
qui menace l’Afrique, on aurait pu en dire un peu
plus. En tout cas, ce n’est pas à mon niveau
que la cote de Sarkozy va monter !