Mise à jour le 27/04/2008
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°461
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope
PUBLICITES

Galerie de photos

 
 
LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni

RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi

Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°461 du 28 Avril au 04 Mai 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Au courant de la plume

SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU
UNE VISITE D’ECHANGES QUI TOURNE A LA « RECUP »

Après Accra au Ghana le 21 avril dernier où il a pris part à la 12ème session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le Développement (CNUCED XII), et le Liberia où il a aussi séjourné, le secrétaire général des Nations Unies a fait un détour dans notre pays le 22 avril en partance pour la Côte d’Ivoire où il est arrivé le 23 avril 2008. Beaucoup se faisaient un plaisir de cette visite. Les autorités bien sûr, qui y voyaient comme une marque de considération, politiquement et diplomatiquement importante à leur égard ; les journalistes qui escomptaient de ce séjour, en savoir un peu plus sur la vision du Secrétaire général par rapport à la crise mondiale qui frappe plus durement les pays pauvres que les autres ; et bien de Burkinabé qui, avec eux, se faisaient également une joie d’interpeller l’illustre hôte au sujet de questions brûlantes de l’heure intéressant le continent comme celles liées à la gouvernance et plus spécifiquement celles relatives au Zimbabwe, en Somalie et dans le Détroit d’Aden…

Ce qu’on peut relever après le départ de Ban Ki Moon, c’est qu’il y en a qui sont contents et d’autres qui le sont moins.
Ceux qui ne sont pas contents, ce sont évidemment les journalistes qui n’ont pas pu, (sauf évidemment les « élus » de l’occasion, RNB et BBC version anglaise qu’on a autorisé à poser des questions) prendre part à cette conférence de presse ouverte qui avait été annoncée dans le programme juste après la visite au Chef de l’Etat, Blaise Compaoré, et qui a été de façon stalinienne, omis par la suite. Tout avait été fait comme s’il fallait, à la réflexion, éviter des contacts indésirables qui donneraient l’occasion de poser des questions déplacées.

Ban Ki Moon en plein speech


C’est donc dans une atmosphère aseptisée que Ban Ki Moon a été conduit de place en place pour voir le chef de l’Etat, le Premier Ministre, le président de l’Assemblée nationale, le personnel des Nations Unies à Ouagadougou et pour finir, au Secteur 28, à cette école Manegda où, avec son épouse, il a procédé à une plantation d’arbres et à un lâcher de colombes. On comprend donc que beaucoup de journalistes l’aient « amer », ce d’autant que le coup leur a déjà été joué à l’occasion de la visite de Bernard Kouchner.

Ceux qui se félicitent, de bien entendu, ce sont les autorités qui, si elles gardent le triomphe modeste, s’en remettent aux laudateurs et autres griots de service, pour mousser à volonté le passage de Ban Ki Moon jusqu’à le présenter comme un satisfecit à la gouvernance nationale et un camouflet à ceux qui, comme les Refondateurs, n’en ont que contre la crise et la nécessité de repenser la gouvernance nationale.

Ce qu’il faut en dire, c’est que c’est dommage que l’exercice de communication, de dialogue, tant prêché dans les instances onusiennes, n’ait pas eu à s’illustrer à Ouagadougou. Ban Ki Moon aurait gagné à entendre plusieurs sons pour se faire une idée de la gouvernance nationale du niveau de prise de conscience par rapport à la crise mondiale et de mobilisation pour y faire face collectivement en interne.

Comment cacher aussi la perplexité de beaucoup de Burkinabé devant l’exploitation, la récupération qu’on fait aujourd’hui de ce séjour ? En effet, tirer argument des appréciations de Ban Ki Moon pour moquer les refondateurs qui vivraient sur une autre planète («les refondateurs ne sont certainement pas sur la même planète», in Sidwaya du 24-04-2008), n’est pas à l’avantage de ceux qui soutiennent cette idée ni du reste, à l’avantage du visiteur. De deux choses l’une : ou bien, Ban Ki Moon pense effectivement ce qu’il a dit et alors c’est qu’il ignore les rapports, les déclarations des institutions du système des Nations Unies qui, toutes tendances confondues, soutiennent que la crise sera plus terrible pour les pays pauvres (dont le Burkina Faso) et qui évoquent des problèmes de refondation de politiques agricoles voire même de gouvernance nationale, qu’il ignore totalement le classement peu flatteur du pays produit par le PNUD, de celui de Transparency International sur la corruption et de bien d’autres structures du genre qui s’intéressent aux critères de la bonne gouvernance ; ou bien alors, et c’est ce que nous pensons, il a respecté les règles de convenance diplomatique et dit des « mots bateau » (« J’ai le plus profond respect pour le président Compaoré et pour l’oeuvre qu’il accomplit pour la paix et pour la stabilité dans la région. Il a toute ma reconnaissance pour tous les efforts qu’il a entrepris au plan régional pour résoudre les nombreux problèmes" in Le Pays du 24 avril 2008) sans se douter qu’on en ferait des exploitations aussi débridées.

S’agissant particulièrement de ceux qui montent en neige les appréciations de Ban Ki Moon, on peut aussi se demander qui finalement vit dans une autre planète ou à Ouaga 2000 : ceux qui, en dépit du mécontentement exprimé dans tous les secteurs de la vie nationale (qui débouche de plus en plus sur des émeutes) continuent de soutenir que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes au Faso, ou ceux qui, tout en reconnaissant que nous ne sommes pas logés à la même enseigne que la Somalie, le Darfour…, n’en dénoncent pas moins les dérives en cours pour demander, de façon préventive, de s’asseoir autour d’une table ronde afin de faire le diagnostic et de chercher les moyens pour détourner sinon amortir les chocs qui viennent ?

Voilà ce qu’on peut dire de cette visite du SG de l’ONU et du « commerce » qui en est fait. Une visite qui, si elle était souhaitée par tout Burkinabé aimant son pays, laisse tout de même un goût d’inachevé à beaucoup.

La Rédaction






Site réalisé par Come Tell The World