Mise à jour le 27/04/2008
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Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
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San Finna N°461 du 28 Avril au 04 Mai 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

Tribune de la femme

* Le RECIF/ONG, l’UNPRB et le RFAE se sont manifestés sur la question du riz : le Burkina produit 110.000 tonnes de riz par an, 300.000 tonnes de riz sont importées durant la même période pour la consommation des ménages burkinabé, ce qui tourne autour de 35 milliards FCFA. Ces organisations, compte tenu de la flambée du prix du riz, se sont engagées à aider à la promotion de la filière riz local. Belle initiative. En tout cas, tout a été dit. En deux mots, il faut soutenir massivement et totalement la filière (organisation des acteurs, mise en place d’infrastructures, mise à disposition de moyens techniques, matériels et financiers, éventuellement subventions agricoles à la production pour diminuer les coûts du riz local par rapport à celui importé…) lancer un vaste programme de promotion du riz local afin que les consommateurs, qui boudent le riz local, aient envie de soutenir la filière. En tout cas, on peut dire qu’il y a vraiment du travail à faire : on trouve difficilement ce riz, on ne connaît pas les variétés produites chez nous et surtout, on ne sait pas forcément le cuire convenablement. Ne pourrait-on pas, par ailleurs, essayer de nouvelles variétés qui se rapprocheraient le plus des variétés tant appréciées des pays asiatiques car plus on se rapprochera de ce riz, et plus les chances de le consommer grandiront. Chercheurs, à vos marques ! Quant aux chefs de cuisine du Faso, ils pourraient en attendant, être appelés en renfort pour imaginer des plats intéressants à base de riz local, avec explications dans les médias et on pourrait prévoir pourquoi pas, un concours national retransmis bien sûr le plus largement possible dans les médias et notamment la TNB ! Mais les changements comportements, alimentaires, qui sous-tendent les changements structurels commandés par la situation ne peuvent voir le jour sans une plus grande implication de l’Etat et une plus grande consultation des populations à travers notamment leurs structures organisées. La bataille se gagnera collectivement ou non.

* Justement, sur le sujet du riz, la Coalition des organisations de la société civile pour le développement durable et équitable (CODDE) s’est exprimée sur la filière et ses chiffres sont légèrement différents : pour elle, on cultive 70.000 tonnes de riz au Faso pour une consommation d’environ 200.000 tonnes. Mais ce n’est pas le plus important encore que les autorités pourraient publier les chiffres exacts ! Pour la CODDE, il existe des potentialités d’extension car « le Burkina Faso dispose d’un potentiel de près de neuf (9) millions d’hectares de terres agricoles, de cinq cent mille (500 000) hectares de bas-fonds aménageables » et qu’il n’y a que 21 000 hectares d’aménagés. Pour la CODDE, pour que la production du riz local atteigne un seuil de l’autosuffisance, il faut que la politique de la culture du riz intègre la situation du Burkina Faso dans la sous région. Alors vite, que les choses bougent ! Ca va faire plus de 50 ans que des conseils dans ce sens se perdent dans le désert.

* On aurait pu penser que cette histoire se passerait en Afrique ou en Afghanistan mais pas en Europe, ce qui est le cas. Lisez plutôt. Un fermier bulgare a échangé sa femme contre une chèvre sous prétexte qu'elle ne pouvait pas lui donner d'enfants. Stoil Panayotov, c’est ainsi qu’il s’appelle, a pris sa troisième femme sous le bras, et l'a emmenée au marché le plus proche afin de l'échanger contre une chèvre de 8 ans, prénommée Elena. C’est un de ses amis qui aimait beaucoup la femme de Stoil Panayotov qui est devenu le propriétaire de la femme contre la chèvre. Tout ceci, affirme-t-on, avec l’accord de la femme ! Et si la femme n’a toujours pas donné de bébés, la chèvre a mis bas trois fois !

* Bientôt, des caméras de surveillance à Port-Louis, la capitale mauricienne et dans d’autres villes touristiques. Cela se fera avec l'aide de la Chine, dans le cadre de la lutte contre la criminalité entamée par le gouvernement, comme expliqué dans une dépêche de la PANA qui rapporte que ces caméras seront installées dans des points stratégiques, tels les ports, les marchés centraux et les principales rues pour permettre aux services de sécurité de surveiller les principaux complexes publics comme les banques commerciales, les services publics, les grandes entreprises et même les places publiques. Il faudrait peut-être que le Burkina songe à trouver des sponsors dans ce domaine à cause de cette criminalité qui a atteint des seuils critiques !

* Chez nous, au moment où on parle de problèmes au niveau de l’éducation (insuffisance de personnels, classes trop surchargées, mauvaise rétribution des enseignants, cotisations des parents d’élèves élevées s’assimilant à des quasi frais de scolarité…), au même moment, on lit dans la presse que le président ougandais Yorewi Museveni, a affirmé qu’"Introduire de nouveaux frais ou d'autres formes de frais va à l'encontre de la vision et de l'objectif des programmes" et il a annoncé que les contrevenants feront face à des peines de prison ou d'autres formes de sanctions. Il a souligné que le parti au pouvoir a lancé des programmes en faveur de l'éducation primaire et secondaire universelle, pour permettre à tous les enfants ougandais d'aller à l'école « sans aucun obstacle ». Ah, si le PM ou le chef de l’Etat prenait des mesures aussi fermes, comme les Burkinabé en seraient heureux ! A bon entendeur…

* Au Paraguay, c’est un ancien évêque catholique, Fernando Lugo, qui a remporté l’élection présidentielle. Il prendra fonction le 15 août prochain. Etant donné qu’il n’a pas d’épouse puisqu’il est toujours un prêtre catholique et qu’il ne peut se marier en vertu des lois de l’Eglise, il a demandé à sa sœur, Mercedes Lugo, d’accepter de remplir le rôle de première Dame du pays, ce qu’elle a accepté. Situation assez originale, il faut le reconnaître qui fait penser aussi à celle de Mandela, à l’époque où il avait divorcé d’avec Winnie et qu’il ne s’était pas encore remarié : il était presque toujours accompagné par une de ses filles qui faisait fonction de First Lady !

* Chez nous, on savait que les fruits et légumes contenaient du carbure pour le plus grand mal des consommateurs. Eh bien, pour les poissons, ce serait la même chose : nous l’avons lu dans un écrit d’un acteur de la filière poisson (donc qui s’y connaît !) diffusé dans des organes de presse. Il rapport même qu’on dynamite le poisson pour l’assourdir et le pêcher ! Et pour finir sur le sujet, l’auteur, qui regrette que l’Environnement ait été déconnecté de l’Agriculture, affirme que la filière serait squattée par 80 % de pêcheurs d’origine étrangère et que, foulant au pied la vie des consommateurs, on transporterait le poisson n’importe comment, sans tenir compte de la législation (et au vu et au su des autorités) dans le Houët. Les autorités réagiront-elles ? Il faut l’espérer !

* Pourvu que les crises d’hystérie qui ont lieu dans les collèges sénégalais ne contaminent pas les nôtres. On apprend qu’après le Lycée Lamine Guèye à Dakar, c’est au tour du Cem Khadim Rassoul de Castors de connaître une vague de crises d’hystérie au point qu’une vingtaine d’élèves dont deux garçons ont été évacués à l’hôpital par les sapeurs-pompiers. Le Directeur de l’école a en tout cas rejeté l’idée selon laquelle, son Cem serait possédé par des esprits maléfiques.

* Chez nous, l’association des élèves et étudiants musulmans burkinabé (AEEMB) nous a fait parvenir une déclaration soutenant la Mairie de Ouagadougou dans sa lutte pour la moralisation de la société. Elle condamne la prostitution et le racolage qui sont contraires à la foi et aux valeurs spirituelles de notre pays, toute choses qui ouvrirait à la voie à d’autres vices comme la drogue, le trafic des enfants, le proxénétisme et l’expansion du sida. L’AEEMB en appelle donc à la responsabilité et à l’action énergique des autorités publiques contre toute forme de vice.

* Extraits d’un entretien du journal Le Devoir avec Gil Courtemanche, sur le procès de Charles Taylor : « …La lenteur semble souvent d'autant plus inexplicable dans le cas de la justice internationale que les crimes reprochés à Charles Taylor, par exemple, ont fait l'objet de centaines d'articles, de livres et de documentaires télévisés. On se demande pourquoi il faut tant de temps pour condamner un homme qu'on sait coupable. C'est que la preuve doit être d'une solidité absolue et répondre aux plus exigeants critères du droit criminel. Or recueillir une preuve criminelle dans une province comme l'Ituri, toujours en proie aux désordres civils, ce n'est pas comme enquêter sur un crime commis à Brossard (NDLR : ville du Canada)…. plus que dans nos sociétés policées et organisées, le problème de la protection des témoins, de la relocalisation des proches constitue une tâche éminemment complexe, longue et ardue. Ainsi, on apprenait que des proches d'une jeune enfant soldat, qui doit témoigner ici en juin, avaient fait l'objet de menaces cette semaine. Voilà peut-être un témoin important qui changera d'idée pour ne pas nuire aux siens » (Edition du 5au 6 avril 2008).

* Tout récemment, Air Burkina a débarqué à l’aéroport de Ouagadougou, 3 Maliens en partance pour la France, suspectés d’avoir de faux passeports. Grogne bien évidemment des passagers dans l’avion où ces « officiers de liaison », apparemment de l’Union européenne, contrôlaient à la loupe les documents. Et le site www.lefaso.net, qui a dévoilé l’affaire, s’entendra dire que c’est la faute aux autorités maliennes qui sont trop laxistes sur les contrôles à l’embarquement à Bamako et qui laissent embarquer des personnes avec des faux passeports ». On apprendra donc à cette occasion qu’ « Air Burkina préfère débarquer les personnes pour qui elle a un doute quitte à leur repayer ultérieurement un billet pour Paris si jamais les passeports s’avèrent authentiques » car la France facture 5000 euros à la compagnie tout passager non admis sur le territoire à l’arrivée par la police aux frontières. Coup de gueule d’un Internaute sur le site suscité : « C'est une humiliation de la pire des façons dont je suis sûre qu'elle n'a lieu qu'en Afrique. Je me demande finalement quelle autre humiliation faut il faire aux africains pour qu'ils disent non! Si ça continue comme ça, on nous réduira un jour en esclavage de nouveau. Je dénonce la lâcheté des responsables de Air Burkina (qui ne sont d'ailleurs pas burkinabè), des autorités malienne et burkinabè qui acceptent de telles pratiques ». Bien vrai que l’immigration illégale est mauvaise et qu’on doit la combattre mais on pourrait trouver d’autres formules que celle-ci car c’est une véritable humiliation publique surtout si la personne s’avère par la suite innocente !

* Les sachets plastiques continuent au Faso à causer des dégâts, qu’ils soient noirs ou blancs ! Bien vrai que la sensibilisation peut donner quelques résultats mais ne vaudrait-il pas mieux songer à une solution définitive : prendre un texte qui oblige dans un délai court les sociétés fabriquant ces sacs à les rendre biodégradables ? Avec des exemptions d’impôts pour leur permettre d’acquérir le matériel pour cela, ça pourrait être faisable !

* En Espagne, le manque d’eau amène des gens à prier la Sainte Vierge tant la crise est grave. On parle de guerre de l’eau ! En plus d’interdire l’arrosage des jardins, le lavage des véhicules…, on vient de demander à la population de consommer moins ceci pour éviter des restrictions drastiques à partir de l'automne pour cinq millions et demi d'habitants. Si en plus de la nourriture qui devient hors de prix, il faut rationner l’eau, ça devient grave. Peut-être est-ce pour cela qu’une analyse sur les besoins d’eau de l’être humain a été répercutée dans le monde entier, faisant état de ce qu’il est tout à fait inutile de trop boire contrairement à ce qu’on nous a rabâché pendant des dizaines d’années (« Buvez au moins 1 litre et demi d’eau par jour ») ? Et les spécialistes de demander aux jeunes filles qui tiennent sous le bras, leur légendaire bouteille d’eau, de « quitter dans ça » ! Tout est possible : qui sait ?

* Les Dames blanches à Cuba, qui luttent pacifiquement comme on sait pour la libération des prisonniers politiques des geôles cubaines, ont été tout dernièrement malmenées et délogées manu militari du lieu de leur manifestation. Raul Castro, le frère de Fidèle, sera-t-il donc aussi hermétique au cri de cœur de ces dames que son aîné, ignorant les légitimes demandes des familles des victimes, emprisonnées pour certaines depuis 5 ans ? On avait pensé qu’il y aurait un peu d’ouverture avec son arrivée au pouvoir ! A croire qu’à ce niveau en tout cas, il faut déchanter !

* Dans le monde entier, on a annoncé l’entrée de l’opposition dans le nouveau gouvernement d’Idriss Déby au Tchad. 4 ministres de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC) ont fait leur entrée mais, comme il fallait s’y attendre, l’opération avait été menée à titre personnel par le pouvoir Déby qui a donc essayé encore d’enfariner tout le monde. Voici la conclusion de l’histoire par les premiers intéressés : "La CPDC en tant que telle n'est pas au gouvernement". On s’attend logiquement à ce que cette coordination vole en éclats !

* L'Union européenne vient de décaisser 27 millions d'euros, soit 17,7 milliards de francs CFA au profit du gouvernement burkinabè, pour financer la lutte contre la pauvreté. C’est une contribution à la mise en œuvre du Cadre stratégique de Lutte contre le Pauvreté (CSLP), notamment, apprend-on, pour l'amélioration des services sociaux de la santé, de l'éducation, mais aussi au niveau des réformes des finances publiques. Dommage que l’affectation soit si vague pour le citoyen lambda au point qu’il ne puisse même pas imaginer ce qu’on fera un tant soit peu de cet argent sans compter qu’on ne rendra pas public, le dispatching précis !

* Bravo à l’ambassadeur français aux Nations Unies, Jean-Maurice Ripert, qui, entendant des inepties de la part de l’ambassadeur libyen délégué à l’ONU, Ibrahim Dabbashi (comparant la situation de Gaza aux camps de concentration nazis sous le 2ème guerre mondiale), s’est levé et a quitté la salle, entraînant avec lui d’autres ambassadeurs. Israël s’est félicité de cette attitude. Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Arieh Mekel, a eu ces mots : "Nous sommes très inquiets de ce qui s'est passé dernièrement au Conseil de sécurité de l'ONU, qui est pris en otage par des pays irresponsables qui ont été par le passé impliqués jusqu'au cou dans le terrorisme", en faisant allusion, on l’a compris, à la Libye.





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