San
Finna N°461 du
28 Avril au 04 Mai 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
LE
MARATHON REFONDATEUR GAGNE EN CONVICTION ET EN FORCE
Alors
que les commentaires, les débats, les réactions,
se poursuivent dans les médias, dans les conversations,
autour de la Refondation qui est devenue un problème
global de société, le CDP bruit des mêmes
motivations qui justifient cette demande au plan national.
Nous poursuivons donc le débat à travers
une réflexion sur ce coup de tonnerre et un échange
que nous avons arraché de haute main à René
Emile Kaboré, personnalité bien connue du
nouveau courant au CDP.
I.
Des Refondateurs au C.D.P ?
« Au secours » ou « Youpi », c’est
selon !
Comme
dit l’adage, le poisson pourrit toujours par la
tête ! Aujourd’hui, la question de la crise
est sur toutes les lèvres. Quand on parle de la
situation, même si le mot de refondation ne sort
pas toujours, on entend invariablement dire « Ca
ne va pas ! ». Certains vont jusqu’à
affirmer qu’au Burkina Faso, on va se voir, on va
s’étriper un de ces quatre !
Pendant
longtemps, ceux qui nous gouvernent ont fait comme
si de rien n’était, affirmant alentour
qu’il n’y avait rien au village. Les
bruits se sont faits persistants, et puis on a parlé
d’une Fédération des associations
soutenant Blaise Compaoré. Ensuite, les bisbilles
entre responsables du CDP sont arrivées à
se manifester par médias interposés.
Au sommet de l’Etat, l’entente, disait-on,
n’était plus cordiale. Tout cela a
abouti à l’éviction de Salif
Diallo. On a commencé alors à comprendre
que ça n’allait vraiment pas dans la
grande maison CDP.
Avec
l’incroyable Déclaration parue dans
Le Pays du vendredi 25 avril 2008, de personnalités
du parti (et pas des moindres !) qui dénoncent
un mal-vivre dans la famille, des carences telles
que «l’abandon du dialogue, pour ne
pas dire du débat, au profit d’une
dérive autoritaire et sectaire… la
perte progressive et importante de la confiance
des militants vis-à-vis de la direction du
parti… la peur, le manque de courage de beaucoup
de militants dans l’expression et la défense
de leurs idées », on se convainc que
le ver est dans le fruit, que le mal qui frappe
le CDP est celui qui frappe aussi le pays. Normal
: quand la tête du poisson pourrit (comme
nous le disions), c’est tout le corps qui
se corrompt.
Roch
Marc Christian KABORE, Président du CDP
Avec la lettre historique et courageuse du 23 avril 2008
annonçant la création d’un courant
au sein du parti pour son recadrage et pour le service
de la démocratie, c’est en quelque sorte
la refondation qui y est rentrée. Certains pourront
dire que c’est la catastrophe parce que ça
peut déboucher sur la grande lessive, des pertes
d’avantages, et ils auront pour ce qui les concerne,
raison d’appeler au secours. Mais d’autres
pourront s’écrier «Youpi ! »
parce que pour eux, il était temps qu’on
mette les choses à plat pour voir si chacun a joué
sa partition, pour comprendre pourquoi certains maux se
sont emparés du pays et pourquoi la démocratie
a pris ce cours inattendu. Le moment était plus
que venu, pour ceux-là, de rabattre le caquet de
ceux qu’on a construit de toutes pièces et
qui ont tellement attrapé la grosse tête
qu’ils pensent pouvoir piétiner tout le monde
sur leur passage, formater les institutions à leur
goût et pire, être calife à la place
du calife.
Cependant, on peut aussi se donner un peu plus de perspective
en se disant que le plus important, ce n’est pas
la revanche sur tel ou tel ; c’est la prise de conscience,
comme dit l’adage, qu’une chose ne se gâte
que parce qu’on n’engage pas la discussion
pour empêcher qu’elle se gâte. Si la
discussion s’engage au sein du CDP pour refonder
le parti, elle peut aussi s’engager au plan national
pour refonder la gouvernance nationale. L’aggiornamento
demandé au plan national se fera à ce prix
!
VT
II.
Petit échange avec René Emile Kaboré
«
Il est difficile de parler de démocratie
puisqu’à l’intérieur même
de notre parti, nous n’arrivons pas à de
vrais débats d’idées »
-
Qu’est-ce qui sous-tend votre volonté de
créer un courant au sein du CDP ?
René
Emile Kaboré (R.E.K.) :
Je réponds parce que c’est peut-être
un approfondissent de ce qui est écrit dans
le papier. Nous avons d’abord fait le constat
que nous sommes CDP par une volonté que nous
avons exprimée. Si on est CDP, c’est
parce que nous soutenons le programme du président
Blaise Compaoré. Nous sommes censés
être le fer de lance de ce programme puisque
le CDP a été créé pour
soutenir le président Compaoré, pas
pour faire autre chose. Malheureusement, nous avons
constaté qu’au sein du CDP, il y a
des gens qui jouent pour eux et non pour le président.
C’est ce que nous avons qualifié un
peu de dérive, et nous, nous souhaitons que
les choses soient un
René
Emile Kaboré
peu
recentrées, qu’on revienne à
une orthodoxie plus claire et plus franche. Ensuite,
nous pensons qu’il est difficile de parler
de démocratie puisqu’à l’intérieur
même de notre parti, nous n’arrivons
pas à de vrais débats d’idées.
Nous considérons que c’est de ces débats
francs, honnêtes même s’ils sont
quelquefois houleux que les bonnes idées
peuvent sortir et servir le président. S’il
n’y a pas d’idées qui émergent,
que voulez-vous qu’il fasse ?
-
Justement, parlant de dérives au plan national,
pensez-vous que les responsabilités pourraient
être imputables au CDP ?
R.E.K
:
Je le pense pour plusieurs raisons. La 1ère raison,
c’est que le CDP, c’est le parti qui est au
pouvoir, c’est le 1er parti du pays. Son comportement,
ses actions, ses propositions, ne peuvent qu’avoir
un impact sur la vie nationale. Indépendamment
du fait que nous sommes des artificiers chargés
d’alimenter le président Compaoré
en munitions, et ces munitions doivent être les
bonnes idées que nous pouvons sortir pour lui.
Or, nous constatons que par manque de débats, on
n’alimente pas le président de munitions
notamment de bonnes idées.
-
Qu’est-ce qui explique cela ?
R.E.K
:
Vous savez, en politique, les ambitions ne manquent pas.
En tout cas, nous ne pouvons pas ne pas nous poser des
questions sur l’honnêteté de certains
de nos camarades à servir le programme du chef
de l’Etat.
-
S’agit-il d’un courant animé principalement
par les anciens de la CNPP/PSD comme l’a titré
un quotidien de la place ?
R.E.K
: Je
pense que le journal qui l’a dit a tiré les
conclusions au vu de certaines choses. Quand vous prenez
notre camarade Pierre Tapsoba, il était le président
de la CNPP/PSD ; quant aux autres, les camarades Yao Marc,
Boly Moussa, Taho ou Mathieu Ouédraogo, ils ont
milité avant dans la CNPP mais moi par exemple,
je n’y étais pas. J’étais président
d’une autre formation politique. Je crois que ce
serait un peu réducteur de ramener le débat
à des clivages politiques passés. Aujourd’hui,
nous agissons pleinement en tant que militants CDP et
ce que nous dénonçons n’a rien à
voir avec les anciennes formations politiques. C’est
ce qui se passe à l’intérieur du CDP
aujourd’hui que nous voulons aider à corriger
pour que le parti soit plus efficace et au service de
celui que nous soutenons.
Ce qui mériterait d’être souligné,
c’est le fait que notre camarade Yao O. Marc est
tout de même le 2ème vice-Président
du CDP, que le camarade Pierre Tapsoba est le Secrétaire
à la Formation politique et civique, que tous les
deux sont, comme notre camarade Boly, membre du Bureau
Exécutif National (BEN) et que tous les signataires
sont tous membres du Bureau Politique National.
-
Quelles sont vos forces réelles au sein du CDP
présentement ?
R.E.K
:
Je crois plus à la force des idées qu’à
la force de tout autre chose. Ce que nous avons posé
comme constat est-il réel ? S’il est réel
et qu’à l’intérieur du parti,
la majorité des militants veut vraiment que le
CDP soit plus efficace, plus fonctionnel et soucieux de
soutenir le président, en ce moment, il y aura
une majorité qui épousera ce que nous disons.
Mais nous n’avons pas non plus sur un coup de tête
décidé de faire ce que nous avons fait.
C’est parce que nous écoutons, nous entendons
et observons que nous avons estimé qu’il
était vraiment temps de tirer la sonnette d’alarme
et de faire en sorte qu’on travaille tous à
améliorer les choses.
-
Mais ne craignez-vous pas des sanctions, des exclusions,
parce que vous avez foulé la discipline du parti
au pied en envoyant une déclaration à la
presse ?
R.E.K
:
Il s’agit en réalité d’une lettre
interne au président du parti. Mais comme vous
les journalistes, vous êtes très forts, vous
avez réussi à vous la procurer. La hauteur
de notre démocratie pourra se vérifier aussi
aux attitudes qui pourront être adoptées.
Je pense que ce sera une occasion de vérifier si
notre démocratie est mature ou infantile.
-
Seriez-vous prêt à accueillir d’autres
courants extérieurs de votre parti qui partageraient
cette idée cardinale de recadrage de la démocratie
?
R.E.K
:
Nous avons occupé un certain nombre de responsabilités
dans ce pays, et je pense que chacun de nous a pu prouver
son amour pour ce pays. Le Burkina Faso appartient à
tous ses enfants. Je pense alors que c’est même
un devoir pour chacun de ces enfants de travailler à
ce que la santé de ce Burkina-là soit la
meilleure. Nous ne pouvons donc pas dénoncer certaines
dérives et nous replier, nous recroqueviller sur
nous-mêmes et refuser l’ouverture. Ce serait
un peu contradictoire. Si l’on part du raisonnement
que nous sommes tous des frères, nous devons pouvoir
en principe avoir des passerelles entre nous, nous parler
sans aucun problème.
Lamine
Koné
Aristide Ouédraogo
ATTENTION
: Les boissons et autres aliments en boîte
sont emmagasinés dans des hangars infestés
de rongeurs, et sont transportés jusqu'au
point de vente sans passer par aucun type de nettoyage,
ce qu’il fait que les boîtes sont couvertes
d’urine et autres excréments séchés.
Chaque fois que vous achetez une boîte ou
une canette, lavez consciencieusement la partie
supérieure avec de l'eau et du détergent,
et rincez bien, avant de mettre au frigo, ou à
la bouche. Sachez que selon une étude réalisée
en Espagne, les couvercles des boites de conserve
et canettes de boissons sont plus contaminés
que les WC publics. Sachez aussi qu’une Européenne
vivant sur un bateau, vient de mourir pour n’avoir
pas suivi ces conseils !