Mise à jour le 01/02/2009
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San Finna N°500 du 02 au 08 Février 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"


Deux sons de cloche

L’AFRIQUE DOIT-ELLE SE TOURNER OU NON
VERS L’INDUSTRIALISATION DE SON AGRICULTURE ?

Deux opinions actuellement font rage en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier : celle qui conseille l’industrialisation de l’agriculture africaine pour sortir de l’ornière et la deuxième qui déconseille fortement cette option. Nous y avons vu un Deux sons de cloche, tout trouvé.

L’AVENIR EST NATURELLEMENT A L’INDUSTRIALISATION DE L’ AGRICULTURE AFRICAINE

On ne peut pas rester en marge du progrès : l’agriculture africaine est naturellement appelée à s’industrialiser et rien ne pourra empêcher cette évolution. Evolution d’ailleurs tout à fait souhaitable. Les paysans la souhaitent car ils voient bien qu’il n’y a pas d’avenir dans l’agriculture traditionnelle. Ils n’aspirent qu’à une chose : obtenir des tracteurs, des crédits, se regrouper, afin de produire plus pour avoir des excédents substantiels et vendre leur surplus. Ils aspirent à vivre et non survivre de leur dur labeur ! Par ailleurs, il y a que la population ne cesse de croître en Afrique : comment nourrir toutes ces bouches ? Ce seul argument prouve que l’industrialisation de l’agriculture est inscrite dans l’ordre des choses. On ne va pas rester dans le passé et se maintenir dans une agriculture de subsistance qui, au demeurant, n’arrive déjà plus, de nos jours, à nourrir toutes les bouches. Même si la révolution verte n’a pas donné les résultats escomptés sur le continent, il faut remettre ça en analysant mieux les erreurs passées et en les corrigeant. Mais il ne faut surtout pas dévier de cette voie qui, ne l’oublions pas, a permis au Japon de se retrouver deuxième puissance du monde. C’est pourquoi il faut saisir les opportunités qui se présentent pour nous aider dans l’industrialisation de l’agriculture. Les nouvelles techniques de production, la mécanisation, la production à large échelle, tout ça, si c’est bon pour les autres, pourquoi ça ne le serait pas pour nous ? Si on peut produire trois ou quatre fois plus, pourquoi devrait-on se limiter et rester dans la pauvreté absolue, avec des disettes et des famines qui ne peuvent que devenir monnaie courante durant ce siècle de tous les dangers ? Ce serait ridicule de ne pas profiter de toutes ces avancées. Quand par exemple, AGRA (Alliance pour une révolution verte en Afrique) qui prône la nouvelle révolution verte sur notre continent, se décarcasse par le biais de Kofi Annan, pour avoir des fonds et aider l’Afrique à développer sa première richesse qui est l’agriculture, on ne comprendrait pas qu’on rejette cette initiative en disant qu’on va s’en sortir seul et en maintenant les méthodes du passé. Maintenant, bien sûr, il faut contrôler ce qui sera fait, faire en sorte que les tracteurs envoyés ne soient pas détournés, que les dirigeants ne fassent pas une concurrence déloyale aux paysans, etc. Et on verra que la révolution industrielle agricole sauvera le continent !

TOMI.

NE PAS SE LANCER DANS UNE INDUSTRIALISATION POUR SERVIR D’AUTRES INTERETS

On n’en a actuellement que pour l’industrialisation de l’agriculture africaine. Heureusement, face à ce diktat, il y a des gens et des structures pour dire non. Ainsi, l’organisation internationale écologique bien connue, GRAIN, (www.grain.org) estime qu’avec la nouvelle révolution verte qui nous est proposée, «les premiers perdants sont les agriculteurs, les petits ». Elle dénonce conséquemment la domination en cours du secteur par l’agrobusiness. Chez nous, par exemple, tout le monde voit que ce sont les gens d’en haut qui ont pris les plus belles terres et qui sont devenus de riches agriculteurs. Il y a aussi que les multinationales achètent de plus en plus de terres en Afrique à des prix bradés. A Madagascar, il y a en ce moment une révolution populaire et l’un des griefs faits par la population est celui de celui de cette terre qu’on vend comme des petits pains à la Corée du nord… Que restera-t-il demain à nos enfants ? Par ailleurs, à l’occasion de la tenue d’un Forum Afrique/Canada tenu du 28 septembre au 01 octobre 2008, sur le thème « La révolution verte : quel avenir pour l’agriculture africaine ? », il est ressorti que ceux qui financent l’AGRA, veulent en douce imposer l’introduction des technologies de modification génétiques ; les responsables de cette organisation se sont rendus compte que « l’initiative de l’AGRA serait plus facile à introduire sans inclure les cultures ou les semences GM, la stratégie est sans aucun doute de l’introduire plus tard, une fois que le programme sera installé et que les agriculteurs auront déjà adopté les nouvelles semences ». C’est vraiment tordu, comme cheminement ! Fort heureusement, en Afrique, la résistance s’organise. Des organisations de paysans, d’agriculteurs familiaux, de pêcheurs artisanaux, de peuples autochtones, de travailleurs sans terre, des associations d’écologistes..., montent de plus en plus au créneau pour renforcer le mouvement mondial en faveur de la souveraineté alimentaire par le biais d’une révolution de l’agriculture saine basée sur des solutions locales. Les problèmes sont identifiés : la maîtrise de l’eau, la fertilité des sols, l’accès aux crédits à des coûts raisonnables, la transformation sur place des produits, l’accès aux marchés, le soutien à la recherche des semences locales, la promotion des produits locaux… Alors, ne désespérons pas et luttons pour le maintien de notre agriculture traditionnelle en l’améliorant cependant petit à petit et dans la compréhension de nos paysans !

TOZI.

Citation de la semaine

«Toutes les religions s’égalent en cruauté »

Voltaire (Ecrivain et Philosophe du XVIII ème siècle)






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