L’AVENIR
EST NATURELLEMENT A L’INDUSTRIALISATION DE
L’ AGRICULTURE AFRICAINE
On
ne peut pas rester en marge du progrès :
l’agriculture africaine est naturellement
appelée à s’industrialiser et
rien ne pourra empêcher cette évolution.
Evolution d’ailleurs tout à fait souhaitable.
Les paysans la souhaitent car ils voient bien qu’il
n’y a pas d’avenir dans l’agriculture
traditionnelle. Ils n’aspirent qu’à
une chose : obtenir des tracteurs, des crédits,
se regrouper, afin de produire plus pour avoir des
excédents substantiels et vendre leur surplus.
Ils aspirent à vivre et non survivre de leur
dur labeur ! Par ailleurs, il y a que la population
ne cesse de croître en Afrique : comment nourrir
toutes ces bouches ? Ce seul argument prouve que
l’industrialisation de l’agriculture
est inscrite dans l’ordre des choses. On ne
va pas rester dans le passé et se maintenir
dans une agriculture de subsistance qui, au demeurant,
n’arrive déjà plus, de nos jours,
à nourrir toutes les bouches. Même
si la révolution verte n’a pas donné
les résultats escomptés sur le continent,
il faut remettre ça en analysant mieux les
erreurs passées et en les corrigeant. Mais
il ne faut surtout pas dévier de cette voie
qui, ne l’oublions pas, a permis au Japon
de se retrouver deuxième puissance du monde.
C’est pourquoi il faut saisir les opportunités
qui se présentent pour nous aider dans l’industrialisation
de l’agriculture. Les nouvelles techniques
de production, la mécanisation, la production
à large échelle, tout ça, si
c’est bon pour les autres, pourquoi ça
ne le serait pas pour nous ? Si on peut produire
trois ou quatre fois plus, pourquoi devrait-on se
limiter et rester dans la pauvreté absolue,
avec des disettes et des famines qui ne peuvent
que devenir monnaie courante durant ce siècle
de tous les dangers ? Ce serait ridicule de ne pas
profiter de toutes ces avancées. Quand par
exemple, AGRA (Alliance pour une révolution
verte en Afrique) qui prône la nouvelle révolution
verte sur notre continent, se décarcasse
par le biais de Kofi Annan, pour avoir des fonds
et aider l’Afrique à développer
sa première richesse qui est l’agriculture,
on ne comprendrait pas qu’on rejette cette
initiative en disant qu’on va s’en sortir
seul et en maintenant les méthodes du passé.
Maintenant, bien sûr, il faut contrôler
ce qui sera fait, faire en sorte que les tracteurs
envoyés ne soient pas détournés,
que les dirigeants ne fassent pas une concurrence
déloyale aux paysans, etc. Et on verra que
la révolution industrielle agricole sauvera
le continent !
TOMI. |
NE
PAS SE LANCER DANS UNE INDUSTRIALISATION POUR SERVIR
D’AUTRES INTERETS
On
n’en a actuellement que pour l’industrialisation
de l’agriculture africaine. Heureusement,
face à ce diktat, il y a des gens et des
structures pour dire non. Ainsi, l’organisation
internationale écologique bien connue, GRAIN,
(www.grain.org) estime qu’avec la nouvelle
révolution verte qui nous est proposée,
«les premiers perdants sont les agriculteurs,
les petits ». Elle dénonce conséquemment
la domination en cours du secteur par l’agrobusiness.
Chez nous, par exemple, tout le monde voit que ce
sont les gens d’en haut qui ont pris les plus
belles terres et qui sont devenus de riches agriculteurs.
Il y a aussi que les multinationales achètent
de plus en plus de terres en Afrique à des
prix bradés. A Madagascar, il y a en ce moment
une révolution populaire et l’un des
griefs faits par la population est celui de celui
de cette terre qu’on vend comme des petits
pains à la Corée du nord… Que
restera-t-il demain à nos enfants ? Par ailleurs,
à l’occasion de la tenue d’un
Forum Afrique/Canada tenu du 28 septembre au 01
octobre 2008, sur le thème « La révolution
verte : quel avenir pour l’agriculture africaine
? », il est ressorti que ceux qui financent
l’AGRA, veulent en douce imposer l’introduction
des technologies de modification génétiques
; les responsables de cette organisation se sont
rendus compte que « l’initiative de
l’AGRA serait plus facile à introduire
sans inclure les cultures ou les semences GM, la
stratégie est sans aucun doute de l’introduire
plus tard, une fois que le programme sera installé
et que les agriculteurs auront déjà
adopté les nouvelles semences ». C’est
vraiment tordu, comme cheminement ! Fort heureusement,
en Afrique, la résistance s’organise.
Des organisations de paysans, d’agriculteurs
familiaux, de pêcheurs artisanaux, de peuples
autochtones, de travailleurs sans terre, des associations
d’écologistes..., montent de plus en
plus au créneau pour renforcer le mouvement
mondial en faveur de la souveraineté alimentaire
par le biais d’une révolution de l’agriculture
saine basée sur des solutions locales. Les
problèmes sont identifiés : la maîtrise
de l’eau, la fertilité des sols, l’accès
aux crédits à des coûts raisonnables,
la transformation sur place des produits, l’accès
aux marchés, le soutien à la recherche
des semences locales, la promotion des produits
locaux… Alors, ne désespérons
pas et luttons pour le maintien de notre agriculture
traditionnelle en l’améliorant cependant
petit à petit et dans la compréhension
de nos paysans !
TOZI. |