Mise à jour le 08/02/2009
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San Finna N°501 du 09 au 15 Février 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

 

ABSENCE DE BLAISE COMPAORE AU SOMMET DE L’UNION AFRICAINE
QUE FAUT-IL EN PENSER ?

Le 12ème sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine à Addis-Abeba en Ethiopie a pris fin le 04 février dernier. Un sommet où les débats étaient houleux, contradictoires, parfois biaisés puisque le thème « Développement des infrastructures en Afrique » a été moins débattu au profit de certaines sessions spéciales, à savoir les crises en Afrique et la question du gouvernement de l’Union.

Certains Chefs d’Etats se feront raconter l’évènement. Parmi ceux-ci, figure

Blaise COMPAORE
(Photo ZEDCOM.BF)

en bonne place, le Président Blaise Compaoré qui n’est vraiment pas un habitué des absences aux fêtes des chefs d’Etats Africains. Mieux, depuis quelques années, Blaise Compaoré est devenu incontournable sur le traitement de bien de questions qui engagent l’Afrique. Mieux encore, le Burkina Faso est médiateur de plusieurs crises dans la sous région.

Fort de ce constat, l’absence de Blaise Compaoré à ce sommet pour des raisons de santé serait-elle la seule

cause ? Loin s’en faut.

Loin de nous de douter de la véracité de la maladie du chef de l’Etat Burkinabé. Mais plusieurs arguments, et des moins farfelus, pourraient aussi expliquer son absence. De prime à bord, les Burkinabé se sont étonnés de la médiatisation de l’état de santé du chef de l’Etat. C’est une première à féliciter et à encourager. Cette question de santé présidentielle a toujours été un tabou. Souvent même ceux qui en parlent sont menacés. Pourquoi cette fois-ci, cela a été sans problème ?

L’impression que bons nombres d’analystes se font cependant est que le président Blaise Compaoré évite au maximum la question des Etats-Unis. Certes qu’il n’est pas le seul à s’absenter à Addis-Abeba, mais sa proximité d’antan avec le président Kadhafi pousse à la réflexion. On se rappelle encore qu’au sommet d’Accra en 2005, Blaise Compaoré a vite fait de quitter les lieux avant qu’on parle des Etats-Unis d’Afrique. Serait-il en train d’éviter Kadhafi, son ex acolyte, le porte flambeau de l’idée ? L’affirmation de cette thèse ne souffre d’aucun doute. Etant donné que Blaise Compaoré ne veut pas partager le point de vue de Kadhafi sur les Etats-Unis d’Afrique et que s’opposer à lui de face peut occasionner des incidences diplomatiques aux conséquences très mauvaises pour surtout le Burkina Faso, on peut y voir la justification de son absence. Est-ce aussi ce qui explique que certaines presses trouvent l’idée étasunienne d’Afrique très prématurée et par conséquent que Kadhafi leur apparaisse comme un forceur qu’il ne faut pas suivre ? Beaucoup le pensent sans qu’on puisse forcément leur donner tort. Les Mossi disent que quand ta tante change de mari, il te faut aussi changer de « rakire, rakia » (NDLR : parent à plaisanterie). On n’est pas sans savoir que les relations entre le « Roi des Rois traditionnels d’Afrique » et Blaise Compaoré n’est plus au beau fixe. Alors, pas question pour les suiveurs de faire des cadeaux, même au « Guide » libyen qui n’est plus en odeur de sainteté au Faso !

Une autre raison où l’on pourrait trouver l’explication du faux bond de Blaise Compaoré au dernier sommet de l’UA, c’est qu’il y a un certain nombre de crises, notamment en Guinée, en Mauritanie, à Madagascar, au Mali (avec le problème Touareg), où l’on a le sentiment qu’il n’aimerait pas donner l’occasion de se faire interpeller. Et cette affaire d’opération de la cataracte ne pouvait que tomber à point nommé. D’où cette médiatisation à outrance pour qu’il soit compris par tous que la session buissonnière ne s’explique que par des nécessités de sa convalescence.

Mais à chacun de se faire son opinion !

Issouf Sidibé

 






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