CRISE
SOCIALE
LES CAFETIERS DECIDES A SE FAIRE ENTENDRE QUOI QU’IL
EN COUTE
En
décidant d’aller en grève
ces 26 et 27 mars 2009, le Syndicat National
des Cafetiers du Burkina Faso et Vendeurs de
Pain (SYNACAF) voulait marquer son mécontentement
face aux boulangers
et fabricants de pains. Le différend
serait parti avec l’augmentation du prix
du pain à 130
FCFA la miche. Rappelons
que
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Lieu
pour petit déjeuner en Afrique |
les revendeurs et cafetiers collaboraient
en bonne intelligence avec les boulangers
jusqu’à la dernière augmentation
du prix du pain. Le système qui était
appliqué entre les parties à
travers un quota bien déterminé,
n’a pas été revu suite
à la hausse récente du prix
du pain, d’où la montée
de la moutarde dans les narines des cafetiers
et vendeurs de pains.
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Il
était 10 heures, ce 26 mars, quand nous sommes
arrivés à la Bourse du Travail pour
rencontrer les grévistes et faire le point
avec eux. Au piquet de grève, nous avons trouvé
des dizaines de militants en train d’échanger
sous les arbres. Une banderole rappelait aux passants
et visiteurs que le SYNACAF était en grève.
Comment se manifeste la grève concrètement
? Le secrétaire Général du SYNACAF
répond : ‘‘Nous avons décidé
de ne pas prendre et vendre du pain pendant deux jours’’.
Si pour les fonctionnaires et certaines corporations,
il est plus facile de mesurer l’impact de la
grève tant les fonctions et les métiers
sont fixes, chez les cafetiers et revendeurs de pain,
il nous a été difficile de mesurer l’impact
de cette grève sur la population, surtout à
Ouagadougou. Un rapide tour devant certains Etablissements
pouvait nous être utile, mais pour des raisons
de congé du deuxième trimestre, les
élèves sont à la maison. A quelques
200 mètres des bureaux de notre organe San
Finna, notamment au bas de l’immeuble qu’on
appelle ‘‘Pascal étage’’
sur l’avenue Charles De Gaulle, il y a chaque
jour une activité intense et on y vend du ‘‘pain-Bro’’,
entendez par là du pain accompagné de
brochettes. Nous n’avons pas pu rencontrer le
responsable qui était absent, mais personne
ne semblait être au courant d’une grève.
En ce lieu, la seule chose qu’on aurait observée,
c’était la présence de 4 policiers
à la boulangerie Wend Konta sis avenue Charles
De Gaulle. ‘‘Nous avons voulu mettre nos
piquets de grève devant les différentes
boulangeries de la ville, afin d’empêcher
ceux qui allaient enfreindre à notre mot d’ordre
de grève. Mais la Sûreté nationale
a attiré notre attention en nous disant le
25 mars soir que se comporter de la sorte c’est
aller à l’encontre de la loi. C’est
pour cela que nous sommes ici à la Bourse de
Travail’’, nous dira Monsieur Bilgo Mahamadi,
le patron du syndicat des cafetiers et revendeurs
de pain. Et comme pour nuancer le suivi de la grève,
il va ajouter : « A l’heure actuelle,
nous savons que près de 70% des vendeurs de
café et de pain ont respecté le mot
d’ordre de grève et ils nous informent
au fur et à mesure’’.
Si les membres du SYNCAF sont conscients que la lutte
n’est pas gagnée pour autant avec cette
grève, ils ne désespèrent pas.
Malgré leur volonté de rencontrer les
représentants des boulangers pour s’expliquer,
ceux-ci sont restés muets, ce qui ne calme
pas la tension au sein de cette corporation. Ils envisagent
de passer à la vitesse supérieure si
on refuse de les écouter et d’accéder
à leurs revendications. Il serait sage que
les boulangers les écoutent parce qu’à
les entendre, d’autres considérations
sont en train de rentrer en ligne de compte et le
commun des burkinabé commence à soutenir
ceux-ci. Vivement le dialogue pour éviter des
affrontements !
Aristide
Ouédraogo