Mise à jour le 29/03/2009
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San Finna N°508 du 30 Mars au 05 Avril 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

CRISE SOCIALE
LES CAFETIERS DECIDES A SE FAIRE ENTENDRE QUOI QU’IL EN COUTE

En décidant d’aller en grève ces 26 et 27 mars 2009, le Syndicat National des Cafetiers du Burkina Faso et Vendeurs de Pain (SYNACAF) voulait marquer son mécontentement face aux boulangers et fabricants de pains. Le différend serait parti avec l’augmentation du prix du pain à 130 FCFA la miche. Rappelons que

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les revendeurs et cafetiers collaboraient en bonne intelligence avec les boulangers jusqu’à la dernière augmentation du prix du pain. Le système qui était appliqué entre les parties à travers un quota bien déterminé, n’a pas été revu suite à la hausse récente du prix du pain, d’où la montée de la moutarde dans les narines des cafetiers et vendeurs de pains.

Il était 10 heures, ce 26 mars, quand nous sommes arrivés à la Bourse du Travail pour rencontrer les grévistes et faire le point avec eux. Au piquet de grève, nous avons trouvé des dizaines de militants en train d’échanger sous les arbres. Une banderole rappelait aux passants et visiteurs que le SYNACAF était en grève. Comment se manifeste la grève concrètement ? Le secrétaire Général du SYNACAF répond : ‘‘Nous avons décidé de ne pas prendre et vendre du pain pendant deux jours’’. Si pour les fonctionnaires et certaines corporations, il est plus facile de mesurer l’impact de la grève tant les fonctions et les métiers sont fixes, chez les cafetiers et revendeurs de pain, il nous a été difficile de mesurer l’impact de cette grève sur la population, surtout à Ouagadougou. Un rapide tour devant certains Etablissements pouvait nous être utile, mais pour des raisons de congé du deuxième trimestre, les élèves sont à la maison. A quelques 200 mètres des bureaux de notre organe San Finna, notamment au bas de l’immeuble qu’on appelle ‘‘Pascal étage’’ sur l’avenue Charles De Gaulle, il y a chaque jour une activité intense et on y vend du ‘‘pain-Bro’’, entendez par là du pain accompagné de brochettes. Nous n’avons pas pu rencontrer le responsable qui était absent, mais personne ne semblait être au courant d’une grève. En ce lieu, la seule chose qu’on aurait observée, c’était la présence de 4 policiers à la boulangerie Wend Konta sis avenue Charles De Gaulle. ‘‘Nous avons voulu mettre nos piquets de grève devant les différentes boulangeries de la ville, afin d’empêcher ceux qui allaient enfreindre à notre mot d’ordre de grève. Mais la Sûreté nationale a attiré notre attention en nous disant le 25 mars soir que se comporter de la sorte c’est aller à l’encontre de la loi. C’est pour cela que nous sommes ici à la Bourse de Travail’’, nous dira Monsieur Bilgo Mahamadi, le patron du syndicat des cafetiers et revendeurs de pain. Et comme pour nuancer le suivi de la grève, il va ajouter : « A l’heure actuelle, nous savons que près de 70% des vendeurs de café et de pain ont respecté le mot d’ordre de grève et ils nous informent au fur et à mesure’’.

Si les membres du SYNCAF sont conscients que la lutte n’est pas gagnée pour autant avec cette grève, ils ne désespèrent pas. Malgré leur volonté de rencontrer les représentants des boulangers pour s’expliquer, ceux-ci sont restés muets, ce qui ne calme pas la tension au sein de cette corporation. Ils envisagent de passer à la vitesse supérieure si on refuse de les écouter et d’accéder à leurs revendications. Il serait sage que les boulangers les écoutent parce qu’à les entendre, d’autres considérations sont en train de rentrer en ligne de compte et le commun des burkinabé commence à soutenir ceux-ci. Vivement le dialogue pour éviter des affrontements !

Aristide Ouédraogo






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