Mise à jour le 05/04/2009
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San Finna N°509 du 06 au 12 Avril 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

HOPITAL PEDIATRIQUE CHARLES DE GAULLE
DU RIFIFI PARMI LES BLOUSES BLANCHES

Dès la sortie de la note de service controversée du 28 novembre 2008 faisant état de rupture de fils de suture, nous nous sommes intéressés de près à cette structure dans notre édition N°492 du 8 décembre 2008. En effet, il avait été signalé à l’endroit des usagers et par note de service la fermeture du bloc opératoire « pour rupture de fils de suture’’. Notre article attirait déjà l’attention des autorités sanitaires sur un certain nombre de faits et de comportements qui pouvaient mettre en péril ce noble établissement. Le DG, monsieur Pierre Damien Oubda, jouissant de son droit de réponse, nous avait accordé une interview pour, disait-il, corriger les contre-vérités et donner l’information vraie dans notre livraison de San Finna du 15 décembre 2008 N° 493. Trois mois après, le Centre Hospitalier semble avoir sombré dans la décrépitude et le dénuement le plus total. Personnel hospitalier et patients ne savent plus où donner de la tête tellement l’hôpital est presque à l’arrêt. Face à une telle situation, Emmanuel Zongo a sonné le rappel de sa troupe organisée au sein du SYNTSHA pour une journée de protestation. C’était le mercredi 01 avril 2009 devant la Direction.

Quand nous avons été alertés, nous avions cru à un poisson d’Avril parce que

Les travailleurs pendant le débrayage

notre directeur nous sait alertes à traiter de tels sujets. Il nous aurait fallu néanmoins quelques secondes pour nous convaincre que ce n’était point une farce ou un mauvais coup qu’on voulait nous tendre. A l’approche du centre hospitalier, nous n’avions même plus besoin qu’on nous fasse un dessin de la situation. Pendant environ 4 heures, les patients et les malades étaient suspendus à la décision des travailleurs de l’hôpital pédiatrique

Charles De Gaulle de reprendre le travail afin de soulager les jeunes patients. Mais commençons par le commencement.


A notre arrivée, les esprits étaient surchauffés. Les écarts de langage se disputaient aux intentions manifestées d’aller à l’affrontement. Le tout au milieu d’un attroupement monstre de travailleurs et du personnel de l’hôpital avec un Directeur Général, ballotté, malmené par des questions, des reproches. Le mot finira par être lâché par Emmanuel Zongo : ‘‘Démissionnez’’ ! avant de compléter ‘‘si vous ne pouvez pas diriger l’hôpital démissionnez ! Comme ça les autorités sauront qu’il y a des problèmes ici et elles feront quelque chose’’. Salves d’applaudissement. Des commentaires désobligeants emplissaient une atmosphère délétère et explosive. Une dame affolée par l’état de santé de son enfant s’approchera et s’adressera au Directeur Général en ces termes : ‘‘Si on ne travaille pas aujourd’hui, dites- nous, nous allons changer de coin’’. Cela a suffi au Directeur Administratif et Financier pour outrepasser ses compétences et avoir des propos dégradants et arrogants à l’endroit de la dame. Avant de lancer sous le regard de la caméra de notre confrère Canal 3 : ‘‘C’est un complot !’’. Il sera raccompagné dans son bureau et n’en ressortira plus, tellement il y avait des risques que les travailleurs ne le lynchent.

Bref, dehors, sur des feuilles A4, on pouvait lire, ‘‘Robinet en panne : pitié nous avons besoin de l’eau’’, ou bien ‘‘Bloc opératoire en panne’’. Il y avait aussi ‘’Pitié pour nos enfants en détresse’’. Selon les travailleurs, il ne reste que la fermeture du Centre Hospitalier parce que tout manque : les médicaments d’urgence, les médicaments de premiers soins, les machines seraient presque toutes en panne, les climatiseurs, les consommables etc. Cette montée d’adrénaline, on l’apprendra, faisait suite à une première interpellation des travailleurs et personnels de soins de l’hôpital à l’endroit de la direction, il y a de cela un mois. Cela avait été sanctionné par un sit-in.

Selon le Directeur Général que nous avons interrogé, tout allait bien sauf qu’il y aurait eu rupture de médicament essentiellement des consommables et c’est ce qui a amené le personnel soignant à organiser ce qu’on peut appeler un débrayage. Il nous a rassuré que tout rentrera dans l’ordre. Les produits étaient attendus pour ce vendredi 03 avril.

Pour sa part, Emmanuel Zongo le délégué syndical, promet de durcir la lutte pour le bien-être des travailleurs et pour qu’un minimum puisse être assuré pour le plus grand bonheur des usagers. L’hôpital pédiatrique est sans conteste un des prestigieux Centre Hospitaliers de notre pays et beaucoup d’enfants comptent sur ce centre pour avoir des soins appropriés. Il est temps pour les autorités sanitaires et même politiques jettent un coup d’œil sur ce joyau parce que nous pouvons éviter les évacuations très coûteuses de nos enfants vers d’autres centres de soins dans la sous-région ou en Europe.

Voilà bien longtemps que des alertes retentissent à intervalles réguliers sans résultat. Pauvre Général de Gaulle qui ne doit pas être à son aise de voir son nom associé à une telle irresponsabilité !

Aristide Ouédraogo






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