Mise à jour le 26/07/2009
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San Finna N°525 du 27 Juillet au 02 Août 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

A vue de pays

HOPITAL PEDIATRIQUE
UN MALAISE QUI PERDURE

S’il est vrai que plusieurs Centres Hospitaliers et structures de santé traversent des crises sans précédent dans notre pays à cause du manque de moyens financiers, il n’en demeure pas moins que certains sont mal gérés au point où on en est presque à se demander ce que fait Seydou Bouda, le ministre de la Santé. Le cas de l’Hôpital pédiatrique Charles de Gaulle fait maintenant école. On dirait que nos alertes répétées ne sont que des feux de paille sur un terrain sec et isolé. Et ce sont des milliers de Burkinabé durement frappés par la crise qui trinquent quand ils y vont pour les soins de leurs enfants. Ce 22 juillet encore, le personnel soignant était en sit-in devant la direction pour les raisons que l’on sait.

L’Hôpital pédiatrique Charles de Gaulle, à son inauguration, était sans nul doute la formation sanitaire pour enfant de pointe de la sous région et il faisait la fierté de notre pays. Aujourd’hui, seule l’architecture des lieux attire le regard des étudiants en quête d’inspiration et ses jardins, les paysagistes. Aucun soin approprié ne peut

Sit-in à l’Hôpital pédiatrique
être, depuis pas mal de temps,  vraiment dispensé dans ce centre hospitalier. A travers plusieurs mouvements dont nous ne cessons de rendre compte, les travailleurs avaient interpellé la Direction sur un certain nombre de problèmes qui bloqueraient le fonctionnement de la structure. Des rencontres de travail ont été organisées, des propositions faites mais le cas du patient répondant au nom de ‘‘l’hôpital pédiatrique Charles de Gaulle’’ s’aggraverait chaque jour. Pour la résolution d’un minimum de problèmes, les travailleurs se sont retrouvés une fois encore devant la direction générale et de façon spontanée pour manifester leur
mécontentement. C’était le 22 juillet dernier. Un mouvement d’humeur qui fait suite à l’arrêt injustifié d’un prestataire externe de l’hôpital. En effet, ce prestataire qui dessert l’hôpital en nourriture aurait arrêté ses activités sans mot dire ; alors les malades, accompagnants, médecins de garde, internes et autres devaient recourir à d’autres moyens pour se restaurer les 21 et 22 juillet dernier en attendant que la direction daigne résoudre le problème.

          
A notre arrivée à l’hôpital pédiatrique, les travailleurs étaient déjà massés devant la direction. Il a fallu que notre confrère de la télévision Canal3 arrive pour que le Directeur sorte de son bureau. Pris à partie par les travailleurs qui ne cessaient d’utiliser des mots assez grossiers à son encontre ainsi qu’à l’endroit de son DAF, le Directeur tentait désespérément de justifier la situation. Loin d’aborder les problèmes réels de l’hôpital qui est dans un état de délabrement avancé, le Directeur jettera la cause du mal à la CAMEG,  prétextant que celle-ci aurait suspendu la livraison des produits et consommables parce que l’hôpital n’arrivait pas à honorer ses engagements. Chose d’ailleurs qu’il reconnaîtra mais tout en rassurant qu’il serait en contact avec la CAMEG pour la résolution diligente du problème.

Le responsable SYNTSHA section de l’hôpital pédiatrique a tenu à montrer aux journalistes présents le vrai visage de l’hôpital. Tous étaient unanimes à reconnaître que l’état de la formation sanitaire était épouvantable. Pendant qu’on accomplissait la visite des lieux,  certains travailleurs ont rassemblé les blouses sales et sont allés les déposer devant la direction générale. Nous nous sommes retirés de l’hôpital avec une image assez pathétique qui commande que les responsables au niveau du ministère de la Santé réagissent afin de sauver l’essentiel. Mais il se susurre au sein de l’hôpital que certaines personnes y sont parce qu’ils auraient bénéficié des bienfaits douteux de la courte échelle sinon leur place devrait être dans une classe d’école. Monsieur le Premier Ministre où se trouve donc la promotion au mérite 
?

 

                                                          Aristide Ouédraogo





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