POUR OU CONTRE LES MULTIPLES PRESENTATIONS DE VOEUX
DES INSTITUTIONS AUX FRAIS DE L'ETAT?
Souhaiter la bonne année est un rituel que tout le monde respecte quand viennent les premiers instants de l’année. Dans les quatre coins du monde, c’est chose normale et on n’a jamais trouvé à redire aux dépenses que certaines institutions font à l’occasion pour présenter aux personnels les vœux pour la nouvelle année. Au Burkina Faso, par contre la chose a tendance à faire polémique. Les uns estiment que c’est de l’argent inutile dépensé, et du temps perdu, cependant que d’autres se montrent plus tolérants : les cérémonies de présentation de vœux sont une occasion pour les personnels de communier sur l’année passée et de planter les bases d’une année future de dur labeur. Deux sons de cloche que l’imperturbable Tomi et le serein Tozi partagent à travers les lignes qui suivent. |
CES CEREMONIES SONT UNIQUEMENT DES OCCASIONS POUR « DEALER » !
Les médias l’an dernier avaient abondamment critiqué ces cérémonies organisées à tort et à travers dans les différentes administrations. Ces médias, rappelons-nous, sont régulièrement invités pour la couverture médiatique de ces fastes occasions, faisant que la majorité des pages des journaux leur consacrent moult pages : cérémonie de présentation des vœux de tel ministre, tel directeur, tel patron de corps constitués, tel parti politique, tel maire…, la liste est longue. La Presse nationale n’en pouvait plus et déjà, elle demandait aux institutions de ne plus la convier à ces cérémonies (si c’est juste pour revenir écrire la même chose). La télévision nationale ne refusant pas grande invitation de son mentor (l’Administration), ces sujets principaux sont des « présentations de vœux », du 1er Janvier à la fin Février. C’est donc un secret de Polichinelle que d’affirmer qu’elles sont agaçantes et dépensières. C’est l’occasion de nous demander si les montants alloués à ces cérémonies sont inscrits dans le Budget de l’Etat. Si tel est le cas, il est temps vraiment de purement les éliminer afin de réduire les besoins de financement de notre Budget qui se chiffrent cette année à plus de 250 milliards de nos francs. De personnes indiscrètes vont d’ailleurs jusqu’à dire que les débuts d’année sont des occasions pour certaines institutions de dépenser ce qui leur reste du budget précédent. Occasion aussi de surfacturer et/ou prendre des commissions importantes avec les services traiteurs désignés pour les cocktails. Si cela est justifié, voilà encore une raison de supprimer ces cérémonies. On n’a pas besoin d’une fête pour dire les vœux aux personnels ou aux dirigeants d’institutions. Des notes personnalisées aux travailleurs suffisent amplement pour leur adresser les vœux et les encourager à plus d’ardeur au service. A la limite, si l’on veut plus d’ambiance dans les services, il faudrait penser à distribuer la somme réservée aux cérémonies à tous les travailleurs. Ils en ont plus besoin.
TOMI |
C’EST L’OCCASION DONNEE D’ENTRER EN BEAUTE DANS L’AN NOUVEAU
A chaque fois qu’il est possible, les ménages comme toutes les entreprises célèbrent le début de l’année nouvelle. C’est ainsi au Burkina comme partout dans le monde. Les travailleurs ont ainsi cette occasion unique de festoyer tous ensemble, de parler des difficultés rencontrées l’année écoulée et dans une joyeuse ambiance, de poser les jalons d’une meilleure collaboration tout au long de la future année. C’est aussi le moment pour les travailleurs de faire venir les membres de leurs familles restreintes. Occasion encore unique de former une grande famille et de se sentir dans une communauté solidaire. L’occasion pour les enfants et épouse du travailleur de connaître son cadre de travail et de le voir dans l’ambiance qu’il côtoie au quotidien. Ces célébrations ne se limitent pas à la fête. Elles permettent aussi de féliciter les travailleurs les plus méritants, le service le plus compétent. C’est la pratique dans le pays le plus riche comme le plus pauvre de la planète. Mon Dieu, on ne peut pas omettre ça ! Il ne s’agit pas de critiquer inutilement ; il faut voir les côtés positifs de ces manifestations. Aussi, il faut savoir que ces cérémonies coûtent pas autant que ça, bonbon. Devant les dépenses pour des ateliers de formation ou de validation de tel ou tel rapport, les montants alloués aux présentations de vœux ne sont pas considérables. Certains ministères notons-le, fêtent la nouvelle année en tapinois : entre travailleurs, on boit un coup, avec comme accompagnements quelques morceaux de viande et des olives, et hop ! Le ministre souhaite à chacun ses bons vœux, le personnel fait de même à son égard et on y va. Ce que l’on peut être en droit de revendiquer en de pareilles circonstances, ce n’est pas la suppression de ces cérémonies, mais le plafonnement des dépenses qui y sont liées. Chacun de nous garde toujours en mémoire ces moments forts de partage, ces moments de joie qui n’ont d’autres effets que la consolidation des liens d’amitié et de travail.
TOZI
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