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San Finna N° du 16 au 22 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Au courant de la plume

AFFAIRE CLEARSTREAM
LA CHUTE DU VASSAL DOMINIQUE DE VILLEPIN ENTRAINERA T-ELLE CELLE DU SUZERAIN JACQUES CHIRAC ?


Ça y est ! Cette fois-ci devant Dominique de Villepin, la trappe est largement ouverte, béante même et il n’ait pas de grand écart possible qui puisse lui éviter d’y tomber les pieds joints. Les juges d’instruction en charge de son dossier, fouineurs comme pas possible, sont tombés sur l’ordinateur du général Rondo. Et là, Eurêka ! Alors que le grand espion pensait avoir effacé du disque dur des éléments compromettants, pour ses donneurs d’ordres, les experts ont réussi la prouesse de les ressusciter. Et voilà encore plus mis en lumière l’implication de Dominique de villepin mais aussi de Jacques Chirac en personne. Bien que se léchant les babines, les juges se sont dits que deux précautions valaient mieux qu’une.

Ils ont alors entendu la secrétaire du général qui présente cette particularité d’être sa nièce. Et bien, elle a également confirmé en tous points que les fameux éléments de cette affaire de faux listings à travers laquelle Jacques Chirac et Dominique de villepin voulaient mouiller Nicolas Sarkozy, ont été bel et bien effacés notamment par elle-même. La nièce du général n’en reste pas là. Elle confirme l’existence de cette note également effacée, datée de 30 juin 2004, selon laquelle Imad Lahoud, suspecté d’être le falsificateur des listings, aurait rapporté des propos de Monsieur Grégorin selon lesquels Villepin et Chirac voulaient que Nicolas Sarkozy soit balancé. Voilà donc des notes accusatrices obtenues par la magie du génie informatique et qui viennent d’être authentifiées.

Les magistrats instructeurs sont maintenant si sûrs de leur affaire qu’ils veulent couper court aux ragots, aux manipulations comme aux fuites en avant, d’où cette convocation à comparaître de Villepin pour le 27 juillet, annonçant par la même occasion qu’il pourrait mis en examen pour pas moins de quatre infraction. Au train où vont les choses, il ne manquerait plus que Dominique de Villepin ait un sort moins favorable que Alain Juppé et qu’il tâte de la geôle. C’est le compte à rebours qui a véritablement commencé pour lui. Mais qu’en sera-il du grand parrain, en l’espèce Jacques Chirac ? Pourra-t-il durablement se protéger dernière le fortin de l’immunité présidentielle pour continuer à laisser payer les comparses ? Ce n’est pas si sûr que cela. L’homme, pour être un grand batailleur, un grand anticipateur, devra faire face à plusieurs handicaps lourds alors qu’il n’a plus l’appareil et les moyens de l’Etat à son service. Le 1er, c’est le regard de tous ceux qui ont déjà écopé ou qui vont écoper des actes dont ils ont été tout au plus des simples exécutants et des auteurs moraux .Jacques Chirac aura àsupporter leurs accusations avalées ; mais à supposer qu’emmuré dans son égoïsme, il garde le cap de l’indifférence, quelle sera son attitude face à l’ opinion ? Celle-ci en effet, et c’est là le deuxième handicap, le considère majoritairement comme un citoyen au même titre que tout Français, mais plus important les Français ne se font pas à l’idée qu’il ait pu se fabriquer un article taillé sur mesures pour se protéger de toute poursuite. Si encore cet article avait été rédigé avant qu’il ne prenne fonction, ou pourrait à la rigueur, en reconnaissant sa portée générale, laisser passer. Mais c’est après avoir commis bien des actions répréhensibles qu’il l' a commandé. Cela est inadmissible dans pays de droit surtout lorsqu’il s’appelle la France, patrie des droits de l’homme, inventrice de la liberté de l’égalité et de la fraternité.

Il y a ensuite un 3e handicap et qui n’est pas des moindres : les magistrats instructeurs, quitte à engager une bataille qui les amène à croiser le fer avec les plus hautes instances judiciaires(comme semble vouloir les y engager de Villepin), veulent en toute liberté et conscience, apprécier si Dominique de Villepin et Jacques Chirac ne sont pas passibles de poursuites, et qui plus est devant les juridiction de droit commun. Si effectivement les faits qui sont articulés contre eux ont été commis dans le cadre de leurs charges respectives, pas de problème mais s’ils sont tels qu’ils cachent des visées personnelles, partisanes ou pire des manœuvres délictuelles peu en rapport avec l’exercice des fonctions d’un ministre ou d’un président, alors il se donneront le droit de détacher les faits de l’immunité. Là comme on le voit, pour Chirac le grand risque est de se retrouver avec toute la bande de ses obligés sur le même banc des accusés. Mais nous ne sommes qu’au début d’une de ces sales affaires de plus de république cinquième du nom et elle peut nous réserver bien de surprise.

 

La Rédaction






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