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Mise à jour le 04/05/2008
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San Finna N°462 du 05 au 11 Mai 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

ELECTIONS ZIMBABWEENNES
MUGABE VEUT JOUER A « QUI PERD, GAGNE »

Au train où vont les choses, il faut craindre un retournement de situation qui fasse que, de vaincu, Robert Mugabe devienne vainqueur.

On ne sait vraiment pas sur quelles ficelles il a tiré pour amener Morgan Tsvangirai à envisager, à un moment donné, la possibilité d’aller à un second tour de l’élection présidentielle mais ce faisant, le vieux briscard a pris une option pour refaire son lourd handicap. Le jeu a pu consister d’une façon ou d’une autre, à donner le sentiment qu’il accepterait bien de plier bagages après un second tour défavorable pour peu qu’on lui aménage des conditions honorables pour sa reddition. Morgan Tsvangira a mordu à l’hameçon et mal lui en prend actuellement car il se rend compte qu’il n’a jamais été dans l’intention du vieux dictateur d’abandonner le pouvoir, que plus grave, il a (sous prétexte de recomptage) usé de subterfuges pour faire patte de velours en lâchant le Parlement à l’opposition par un recomptage confirmatif mais en imposant le second tour pour la présidentielle.


Harare au Zimbabwe
(photo http://www.interet-general.info)

Quand on sait que cela s’est fait dans un contexte marqué par le déchaînement de la violence contre les opposants, la systématisation de la peur et l’expatriation de nombre de militants du MDC, on voit bien dans quel piège le chef de l’opposition est tombé.

Aujourd’hui, le 2ème tour est en passe de s’imposer comme une échéance inéluctable, en dépit des résultats affichés sur l’ensemble du territoire et au vu desquels, la majorité absolue était acquise à Morgan Tsvangirai.

Celui-ci semble coincé car s’il refuse de participer, Robert Mugabe est proclamé automatiquement vainqueur. S’il participe, alors que nombre de ses électeurs sont terrés chez eux, gagnés par la peur, il risque de perdre sans compter que rien ne dit jusqu’à preuve du contraire, que le 3ème candidat, Simba Makoni (qui a obtenu 8,3 % des suffrages) résistera à toutes les pressions et au bout du compte, confirmera en pratique le report de ses voix sur le leader de l’opposition. Il vient d’ailleurs de dire ceci qui peut laisser perplexe : "Pour que le pays puisse avancer, il faut que les leaders politiques travaillent ensemble. Le pays ne peut pas se permettre une nouvelle élection. (....) Ce serait beaucoup, beaucoup trop cher".

Quelles sont les parades possibles ? On peut en voir au moins trois.

-Celle de la bataille juridique qui peut durer des années et bloquer le pays à moins que Mugabe qui contrôle jusqu’à preuve du contraire la justice, n’y mette le holà ;

-Celle de la constitution d’un gouvernement parallèle par Tsvangirai en escomptant, à défaut du soutien de la SADEC et de l’UA, l’appui de l’Union européenne, des Nations Unies et de grandes puissances. Le risque est que la guerre civile peut démarrer à tout instant ;

-Enfin, celle de la participation au second tour sous supervision internationale efficace. Mais il est fort à parier que cette option risque d’être rejetée par Mugabe ou alors acceptée dans des conditions telles que la supervision faite à la carte ne fera que confirmer sa victoire annoncée.

En définitive, le problème reste dans la capacité de mobilisation, de pression, de la communauté internationale ! S’il ne fallait que s’en tenir à la SADEC et à l’Union africaine, Mugabe pourrait dormir sur ses deux oreilles car le syndicat des chefs d’Etat ne montre aucun signe qu’il pourrait le lâcher en faveur de Tsvangirai.

VT





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