San
Finna N°463 du
12 au 18 Mai 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
11ème
Galian 2008
LA NECESSAIRE REFORME !
La
fête annuelle des hommes de presse, qui
consacre l’excellence, s’est déroulée
le vendredi 9 mai dernier dans la salle marron
du SIAO. Une messe qui a rassemblé une
partie de la fine fleur du monde des médias
avec certes, des ratés et des insuffisances
dans l’organisation. Ces 11ème Galian
qui ont connu la première participation
du nouveau ministre de l’Information, monsieur
Philippe Sawadogo, et du président sortant
du Conseil Supérieur de la Communication,
monsieur Luc Adolphe Tiao, avaient un goût
d’inachevé.
Les
invités à la soirée du Galian
La
salle qui accueillait ladite manifestation était
sobrement décorée. Si on avait du
mal à voir les journalistes, ce n’était
pas le cas de cette foule d’invités
qui prirent d’assaut la salle. Une foule
venue sûrement pour le couvert et la ripaille
abondante au détriment des ces pisses papiers
et des journalistes de l’audio visuel. Si
cette messe est organisée pour les hommes
de médias afin de récompenser l’excellence,
les organisateurs gagneraient à mieux mettre
en
exergue
ceux-ci et stimuler leur participation. D’année
en année la participation des journalistes
va régressant et le vendredi 9 dernier,
nous avons encore constaté que nombre de
lauréats n’étaient pas dans
la salle. Toute chose assez regrettable quand
on sait que ce sont pendant ces instants que le
public aussi a envie de découvrir ces hommes
de l’ombre qui se battent au quotidien pour
informer, former, sensibiliser. Il faudrait que
le ministère en charge de l’organisation
de cette fête annuelle repense la politique
qui accompagne celle-ci. S’il est vrai que
la majorité des médias se trouvent
concentrés dans les centres urbains, il
n’en demeure pas moins qu’on en trouve
aussi dans certaines provinces, de qualité,
avec de très bonnes émissions. La
difficulté que rencontrent ces organes
se trouve dans leur incapacité d’avoir
l’information en temps réel concernant
les Galian afin de compétir convenablement.
Difficulté liée à la distance
qui sépare ces médias avec le centre
de décision. On gagnerait à trouver
le moyen d’intéresser tout ce beau
monde et de convier les ouvriers du développement,
à cette nuit des Galian, même s’il
n’y a pas de nominés ou de lauréats.
Si l’on peut faire venir des paysans dans
une région donnée pour les célébrer
et les écouter, des jeunes pour des ateliers
et autres séminaires, des femmes pour danser
des djandjoba à la place des Nations ce
ne serait pas quelques journalistes en quête
de reconnaissance que l’on ne pourrait pas
faire venir à Ouagadougou pour cette messe
annuelle.
Si
tous les journalistes sont unanimes à reconnaître
qu’il est difficile d’opérer
un choix de ses propres articles pour compétir,
il faut aussi savoir que la tendance voudrait
que l’on décentralise de temps à
autre les Galian. En effet, il ressort de l’esprit
général que l’on gagnerait
à mettre un comité permanent qui
va suivre tout au long de l’année
les productions journalistiques et opérer
leur choix.
Les
journalistes à la soirée des Galian
Il est vrai qu’un tel comité doit
travailler comme une institution mais il faudrait
qu’un jour, l’on tende à faire
des Galian une institution. Ce ne serait qu’à
ce prix que l’on saura réellement
quels sont les journalistes constants et méritants.
Sinon un article arrangé et présenté
ne montre point le professionnalisme de l’auteur
et les jeux sont biaisés.
Malgré
tout, les Galian ont le mérite d’exister
et il faut seulement que le tout nouveau ministre en
charge du Département de l’information
mette un peu de son dynamisme pour faire de cette nuit
le véritable miroir de l’excellence dans
le monde médiatique de notre pays. Sinon, si
cette nuit se transforme en occasion pour certains de
venir se pavaner, de se donner en spectacle ou de permettre
à des maîtresses d’enfiler la dernière
robe à la mode afin de passer à la télé,
elle n’aurait pas sa raison d’être.