Mise à jour le 12/04/2009
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N° 510
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter


SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope

PUBLICITES

Galerie de photos


 
 

LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni


RECHERCHE SUR INTERNET
 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°510 du 13 au 19 Avril 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Nos archives

AUTOUR DES PROPOS DE BENOIT XVI SUR LE PRESERVATIF
ET DE L’INTRUSION DE BLAISE COMPAORE DANS LE DEBAT

Depuis que Benoît XVI a eu des propos négatifs sur le préservatif, allant jusqu’à dire qu’il aggravait le problème du sida, la polémique n’en finit pas de grossir au sein de l’Eglise catholique comme en dehors dans les autres confessions religieuses et dans le monde laïc. Blaise Compaoré lui-même (peut-être à son corps défendant mais c’est à voir !) semble avoir été invité dans le débat.

POURQUOI LE PAPE N’A-T-Il PAS ETE PLUS EXPLICITE SUR LE PRESERVATIF ?

Grand gardien de l’Eglise de Pierre, Benoît XVI voit des fissures qui en menacent l’édifice avec ce prosélytisme de l’Islam et du protestantisme qui a le vent en poupe quand chez les catholiques, on assiste à une crise grave des vocations. A terme, c’est l’assèchement de l’Eglise qui risque de confirmer certaines funestes prédictions. Comme si cela ne suffisait pas, voilà que la maison de Christ semble gagnée par un renouveau schismatique.

Sa Sainteté le Pape Benoît XVI
Aujourd’hui, face à ces multiples défis, le Pape prêche le retour aux sources, la formation en carré autour des principes fondateurs pour tenter de stopper l’hémorragie et de réveiller les ardeurs religieuses assouvies. Lorsque tout se débande et que l’incertitude gagne les esprits, la seule parole qui vaille, qui sonne le rassemblement et évite la dispersion, c’est celle de Dieu. C’est dans ce sens que beaucoup s’efforcent de défendre le pape en expliquant sa sortie qui, loin de relever d’une vision hérétique ou négationniste,
n’est qu’une croisade pour garder son intégrité à l’Eglise.

Sur la conception, la reproduction, la parole de Dieu est très claire : «Soyez féconds et multipliez-vous ! Remplissez la terre». Un Pape ne peut pas démentir Dieu en encourageant les méthodes de contraception dont le préservatif fait partie. L’Eglise a préconisé la fidélité, condamné l’adultère et les relations avant mariage. Elle ne saurait donc soutenir, dans le principe, des techniques de contraception, des campagnes de limitations de naissances, des comportements qui, au final, sont autant d’incitations à passer outre les interdits divins.

En plus, l’Eglise catholique est traversée par des interrogations, des remises en cause provoquées par le choc civilisationnel ambiant. L’homme avance tellement dans la modernité qu’il ne craint pas la tentation de se mesurer de plus en plus à Dieu lui-même. Quand on pense à l’intelligence artificielle, aux biotechnologies, quand on pense aux possibilités de prolonger en de centaines d’années, la vie humaine, de tendre pourquoi pas vers l’immortalité, on comprend que des questionnements jusqu’alors tabous, voire des contestations, puissent apparaître au sein d’une Eglise qui en vient à entrevoir sa fin possible dans le changement, dans le dévoilement du mystère de la vie.

Se conformer à certaines lois de la cité des hommes dictées par l’évolution des conditions de la vie en société (homosexualité, prêtrise des femmes, mariage des prêtres…), ce serait revenir sur certains dogmes et partant, blesser le Corps du Christ. Le Pape, en parlant comme il a parlé au sujet du préservatif, n’a fait que reproduire une ligne de combat qui était déjà celle de Jean-Paul II, et qui se résume dans la défense des valeurs sacrées de l’Eglise. Cette querelle n’est ni à ses débuts, ni à sa fin.

On aime ou on regrette ce que le Pape a dit sur ce mode de contraception mais au moins, on peut juger mais au moins, on peut comprendre. Mais là où l’on est vivement interpellé et interloqué, c’est lorsqu’on constitue Blaise Compaoré comme l’avocat de Benoît XVI à travers les mots qu’il aurait tenus récemment sur le préservatif. Voyons pourquoi.

DEVOIR DE CLARIFICATION DE BLAISE COMPAORE

Immédiatement après la sortie du Pape, alors que la polémique battait son plein, un journal italien, « Eucharistie Sacrement de la Miséricorde », a engagé Blaise Compaoré dans la controverse en relatant ses propos suivants : « Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. Se focaliser sur le préservatif, c'est passer à côté du problème du sida.» Comme il fallait s’y attendre, l’information -ainsi brièvement fuitée- a fait grand bruit dans l’opinion, quelques-uns ont apprécié qu’il vole au secours du Pape, d’autres ont dénoncé une volonté de vouloir surfer sur la vague de la querelle à des fins médiatiques, bref de faire dans un opportunisme de mauvais aloi. Certains autres ont eu la dent plus dure en avançant qu’un tel soutien était politiquement et juridiquement inconcevable, vu les engagements pris par le pouvoir sur le plan de la lutte contre le Sida et contre les maladies sexuellement transmissibles en général et par rapport aux instruments internationaux que notre pays a ratifiés à cet effet.
Et ils ont rappelé que le Burkina Faso est signataire de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida du 27 juin 2001, aux Nations Unies. Le premier Ministre de l’époque, Ernest Paramanga YONLI y avait alors déclaré : «Nous apprécions positivement l'ensemble du contenu du Projet de Déclaration d'engagement, qui prend largement en compte nos préoccupations dans les divers domaines de la lutte contre le VIH/SIDA. Il (Le Burkina Faso) voudrait, par conséquent, réaffirmer sa pleine adhésion à la Déclaration d'engagement mondial de lutte contre le sida, soumis à notre adoption, et dont la mise en œuvre ouvrira de nouvelles perspectives dans la bataille engagée contre le VIH/SIDA et à terme, souhaitons-le, débouchera sur la victoire totale sur cette pandémie du siècle ». Rappelons qu’à cette occasion, le texte estimait que « le succès des stratégies de prévention, de soins et de traitement » exigeait des changements de comportement et passait par « un accès accru et non discriminatoire, à notamment des vaccins, des préservatifs, des microbicides, des lubrifiants… ». Le Comité national de lutte contre le Sida a même prôné l’usage du condom féminin depuis 2003 avec à l’appui, un projet pilote d’introduction de ce moyen de prévention qui fut prolongé de plusieurs mois et dont il fut constaté « des acquis notables ».

Mais une fois la révélation du journal relue posément, beaucoup, revenant de leur désappointement, se sont rendu compte qu’il s’agissait (tenez-vous bien !) de l’extrait d’un entretien de « Famille Chrétienne » avec le Chef de l’Etat, publié le 12 février 2005, c’est-à-dire il y a plus de 04 ans !!

De surprise en surprise, on se rend compte que non seulement dans l’entièreté de l’entretien dudit journal, on ne voit nulle part apporter un soutien aux propos actuels du Pape (et pour cause, c’était en 2005 !) mais qu’au contraire, le premier Burkinabé a tenu un langage non équivoque par rapport au préservatif. S’il est vrai qu’il a dit que se focaliser sur le préservatif, c’était passer à côté du problème du sida et que ça a pu embrouiller, il a toutefois ajouté ceci : « En tant que chef de l'Etat, je ne peux pas préconiser un moyen de prévention exclusif aux dépens des autres… ». Et il a été encore plus explicite en concluant : « Plusieurs modes de prévention peuvent cohabiter : l'abstinence, la fidélité, et le préservatif ». Ca veut bien dire ce que ça veut dire ! Blaise Compaoré s’inscrit en faux contre les positions définitives prêtées au Saint Père.

Mais alors, d’où vient que l’on réchauffe, après coup ses paroles -en les tronquant au surplus- dans ce débat en cours ? Et surtout, pourquoi, compte tenu des insinuations et de leur résonance dans l’opinion, Blaise Compaoré lui-même ou ses services n’estiment-ils pas nécessaire d’apporter les rectificatifs pour ne pas faire dire que « qui ne dit mot, consent », et lâcher la bride à des critiques du même genre que celles qui tombent sur Benoît XVI ?

S’emmurer dans ce silence, espérant en tirer des profits auprès de confessions religieuses et d’une certaine opinion, peut aussi avoir le désagrément de fâcher les partenaires (bailleurs à 90 % dans la lutte contre le sida chez nous !) et Mme Carla Bruni Sarkozy, Ambassadrice mondiale pour la protection des mères et des enfants contre le SIDA, lesquels, sur le port du préservatif, ne badinent pas !

Victory Toussaint





Site réalisé par Come Tell The World