Mise à jour le 25/07/2010
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Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
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San Finna N°575 du 26 Juillet au 01 Août 2010
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

 

A vue de monde

ELECTIONS AU RWANDA
LA MAUVAISE CONSCIENCE CEDE LE PAS AU DEVOIR DE VERITE

Le génocide rwandais a couvert d’un manteau de honte, le monde entier, à commencer par les plus puissants qui, inégalables sur le front de la défense des droits de l’Homme, de la Justice, de la Démocratie, ont battu en retraite alors que se
préparait dans ce pays, l’un des crimes collectifs organisés les plus atroces connus de l’Histoire africaine. C’est contre toutes ces puissances (dont certaines directement ou indirectement n’ont pas manqué de prêter main forte aux génocidaires) que Paul Kagamé et son Front patriotique rwandais (FPR) ont gagné la victoire de la Liberté, de la survie. Alors, après, il fallait bien leur pardonner toutes les fautes, tous les excès, et l’on a sur ce plan, usé de la même détermination à taire ce qu’il ne fallait pas, que l’on  a usé quand il s’agissait de dénoncer la programmation d’un génocide des plus odieux. Mais dans la vie, on en revient toujours à l’observation pleine de sagesse de l’Ecclésiaste : il y a un temps pour tout ! Oui, nous le disons à sa suite : il y a un temps pour se taire et

Le Président Paul KAGAME
laisser faire parce qu’on a mauvaise conscience et un temps pour parler et dire non parce qu’on en aura plus sur la conscience.

Le génocide de 1994, qui a fait plus d’un million de victimes, n’autorise pas tout au président Paul Kagamé et à ses partisans. Ils ne doivent pas, dans la gestion de l’Etat, rendre, même à un degré moindre, aux Hutus et à tous les opposants, ce qu’eux ont subi : tuer des personnes qui ne pensent pas comme eux, empêcher les politiques d’exercer leurs libertés publiques et démocratiques, les poursuivre jusqu’à l’étranger pour les éliminer, envahir des pays voisins pour piller leurs richesses, les déstabiliser, y perpétuant des guerres tribales à fort coût humain. Ce n’est plus acceptable.

Ca l’est d’autant moins au Rwanda que ça y creuse des frustrations, de génération en génération dans une société où la loi du nombre risque tôt ou tard de ramener au cycle des génocides par souci de revanches à prendre.
 
C’est cela que, par tropisme, par excès de confiance, Paul Kagamé n’a pas vu et su prévenir. La campagne électorale dans laquelle il s’engage risque ainsi de sonner le glas d’un système de gouvernance qui était condamné à l’avance. Ni son courage, ni ses réussites économiques n’y pourront rien car la profonde fêlure qui s’est perpétuée dans la société rwandaise à cause de la méconnaissance du principe majoritaire en démocratie, ne peut plus amener la conscience universelle à se taire sur ces excès.

CY


BILLET
LE QUADRUPLE BISOU DE LA HONTE DE  YAYI BONI A NICOLAS SARKOZY

Le mimétisme en soi n’est pas un mal absolu ; tout est dans la manière, le degré, le but recherché.


Les Japonais par exemple, ont fait du mimétisme, une politique de fond pour acquérir la connaissance, l’expérience, auprès des pays occidentaux afin de pouvoir les rivaliser sur leur propre terrain. Un mimétisme forcené, se souvient-on, mais qui a su garder intactes les valeurs du pays.

On ne peut pas toujours en dire autant dans les relations entre l’Afrique et l’Occident et particulièrement avec la France.

Le Président Yayi BONI
Parmi les nombreux domaines où se développe un mimétisme négatif, on peut citer les embrassades et autres bises.

Le Bénin vient officiellement, et devant les médias du monde, de nous en donner une illustration honteuse à travers son chef d’Etat.

A la fête du 14 Juillet à Paris, qui a vu la participation de la plupart des chefs d’Etat de l’Afrique francophone accompagnés des militaires de leurs pays, le Protocole avait décidé que l’on ferait grâce aux téléspectateurs, des accolades renforcées qu’affectionnent particulièrement les Africains entre eux et dans le cadre de la Francafrique depuis que Jacques Chirac y a institué le tutoiement et autres tapes sur l’épaule.

Ainsi, tous les présidents qu’on a montrés,  saluant Nicolas Sarkozy, se sont gardés de ces embrassades. C’était comme une démonstration que la promesse de l’assainissement des relations entre la France et ses anciennes colonies avait  démarré, déjà à ce niveau protocolaire. Mais dans le lot des présidents africains, il y en a eu un, comme tombé de la planète Mars, complètement à côté de la plaque, peut-être mal briefé par son Protocole, peut-être distrait ou encore soucieux de montrer en cette période électorale qui approche, sa familiarité avec Nicolas Sarkozy, qui n’a pas respecté la consigne : c’est le Béninois Yayi Boni.

Arrivé au niveau du président français, il l’a assommé d’une première bise, et devant la « victime » interloquée, il lui en a envoyé une deuxième. Alors que l’intéressé, croyant que la torture était terminée,  s’apprêtait à reculer, Yayi Boni lui en a collé une troisième, et là, Nicolas Sarkozy cherchant à  battre en retraite, s’en est encore pris une quatrième.

C’était honteux à voir, surtout que cela s’est déroulé de façon bourrue, tout à fait disgracieuse.

On notera que si l’intention du président du Bénin avait été d’édifier ses compatriotes sur les fortes affinités entre lui et le président français, il aura totalement fait un bide qui n’éclaircit par au demeurant l’horizon électoral pour lui.

Décidément, quand on n’est pas fait pour un rôle, il ne faut pas s’échiner pour le jouer !

VT




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