Mise à jour le 25/07/2010
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San Finna N°575 du 26 Juillet au 01 Août 2010
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

LE DEBAT SUR LE REPORT DE LA PRESIDENTIELLE REFAIT SURFACE

La présidentielle de novembre prochain semble apparemment se préparer contre vents et marées  mais il ne faut pas se voiler la face : les problèmes évoqués par bien de politiques et de représentants de la société civile comme de Burkinabé, se font pesants au fur et à mesure qu’on s’approche de l’échéance. Le fait remarquable, c’est que dans la mouvance présidentielle, on en trouve de plus en plus pour mettre en cause, et l’ONI, et la CENI , les conditions de préparation et envisager le report de l’élection. Qui l’eût dit, qui l’eût cru ?

Nous avons tendu notre micro pour avoir quelques réactions de personnalités et de citoyens lambda. Voici, à chaud, ce qui nous a été dit.

Luc Marius IBRIGA, Professeur de droit public à l’Université de Ouagadougou :

« C’est étonnant qu’on en arrive à proposer cela vu qu’il n’ y a pas longtemps, le Ministre de l’Administration se satisfaisait du seuil d’électeurs potentiels obtenu. Pour le principe du report,  il faut dégager deux
hypothèses :  s’il s’agit de reporter le scrutin pour quelques trois mois pour soit disant autoriser le vote avec les extraits de naissance, ce serait inutile sinon un grand pas en arrière pour les donneurs de leçon que nous sommes. Par rapport éventuellement au souci d’augmenter le nombre potentiel d’électeurs ce serait également inutile car notre code électoral ne prévoit pas un seuil particulier d’inscrits pour valider un processus électoral.
Par contre, si c’est reporter et se donner le temps nécessaire pour garantir un scrutin propre et transparent, permettre que la CENI et l’ONI fassent du bon boulot, ça peut se comprendre.

C’est inutile de reporter  deux ou trois mois pour bricoler et finalement se ramener en arrière ! »


Jean-Pierre SAWADOGO ? Enseignant à Ouagadougou : « S’il faut reculer les élections pour bien faire les choses, y a pas à hésiter ! L’essentiel, c’est de penser à l’intérêt du pays. Le vide juridique, ça veut dire quoi ? Qui va invoquer ce vide et empêcher le pays de fonctionner ? En Côte d’Ivoire, en Centrafrique et ailleurs, il est arrivé qu’on ne s’attache pas maladivement aux dates mais est-ce que pour cela, les pays ont disparu ? Il faut avoir le courage chez nous de faire les choses qu’il faut et arrêter chaque fois de perdre du temps pour finalement revenir à ce qu’on aurait dû faire. Ca met le pays en retard. Moi je ne suis pas un CDPiste mais je trouve que ce ne serait pas honorable pour notre pays qu’on dise que le président a été élu par 400 ou 500 mille  votants. Ceux qui souhaitent cela en insistant pour qu’on tienne malgré tout les élections sans reculer de date ne veulent pas le bien du Burkina ».

Véronique OUEDRAOGO, Institutrice : « Ce n’est pas une bonne idée de reporter les élections. Ca va nous faire perdre du temps et de l’argent. Les gens vont passer leur temps à penser à des combines alors que si on tient les élections une fois pour toutes, on peut passer à autre chose. Je pense que Maxime Kaboré a raison de dire qu’il faut respecter l’échéance de 2010 ».

Noël YAMEOGO, Conciliateur de l’UNDD : « C’est vrai que nous ne prenons pas part à la présidentielle mais à vouloir forcer les choses pour ne pas
aborder la question incontournable des réformes, on court le risque de se retrouver, en bout de course, devant les mêmes critiques d’illégitimité parce que le taux de participation et le score du président qui sera élu, ne lui donneront pas le crédit nécessaire et l’autorité pour gouverner au nom du Peuple. Ca, c’est notre point de vue mais nous savons que les chiens ont beau hurler, la caravane va passer.

Ce que je dis des velléités de report, c’est qu’on peut y souscrire si c’est pour prendre à bras le corps nos problèmes nationaux mais si c’est seulement pour des raisons personnelles, pour

servir une participation plus honorable pour un individu par une méthode qui nous fait reculer de 50 ans, alors plus que jamais, nous disons qu’il faut prendre l’élection présidentielle en otage ».

 

SK
CY







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