Mise à jour le 25/07/2010
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San Finna N°575 du 26 Juillet au 01 Août 2010
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

POINT DE PRESSE DE LA CONVENTION NATIONALE POUR LE PROGRES DU BURKINA (CNPB)

La Convention nationale pour le progrès du Burkina (CNPB), était face à la presse le 03 juillet dernier pour faire un tour d’horizon de l’actualité nationale et internationale. Et là, ce n’était pas le menu qui était inconsistant. Moussa Boly, président du parti, et ses camarades avaient à dire et redire sur les sujets de l’heure, d’autant que c’était la première fois que cette formation politique née le 29 août 2009  organisait un point de presse.

Article 37, Taxe de développement communal, gouvernance administrative, économique, sanitaire et éducative au Burkina Faso, présidentielle de 2010, cinquantenaire des indépendances, voici les sujets abordés avec la presse.
 
En créant la CNPB à l’issue d’une grave crise qui a secoué le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti au pouvoir, les responsables de la CNPB disent avoir « refusé de continuer à subir et à donner l’impression de cautionner un système de gouvernance aux antipodes de leurs convictions et de leurs principes, mais aussi pour dénoncer le non respect de ce qui avait été convenu à la création du CDP ». Leur souci, c’est d’avoir « un courant politique plus ouvert au dialogue, à la tolérance, à l’équité, à la dignité, au progrès ». Comment défendre ses idéaux dans un Etat où tout est verrouillé ? Le diagnostic de la situation nationale est peu reluisant pour ce parti.

Disant non à une modification quelconque de l’article de la constitution, Moussa Boly, document datant du 29 mai 1990 à l’appui, dira que « les récentes déclarations de certains responsables du CDP trahissent à l’envie leurs positions dans le cadre de la commission constitutionnelle de 1990 qui expliquent et fondent leur entêtement d’aujourd’hui, n’hésitant pas à prendre le risque de faire entrer notre pays dans une ère d’instabilité ». Indigné par la Taxe de développement communal, René Emile Kaboré déplore la manière insidieuse utilisée pour « forcer » certains à payer cette taxe. Pour lui, c’est indécent que l’Etat joue à cache-cache pour faire payer cet impôt très impopulaire. Condamnant d’abord la politisation à outrance de l’administration burkinabè, la CNPB s’insurge contre l’utilisation abusive des véhicules de l’Etat. Les « ex refondateurs » du CDP disent qu’utiliser les véhicules de l’Etat « est devenu un des sports favoris de certains personnalités ». D’où la conclusion de Moussa Boly que « l’impression se fait de plus en plus grande d’une véritable démission de l’Etat devant certaines situations ».

L’Etat démissionnaire, c’est aussi lorsque la CNPB jette un regard sur le système éducatif et sanitaire. Entre dégradation continue de ces secteurs et discours politiciens, les responsables de la CNPB n’y voient aucun résultat tangible. Dans le même temps, c’est une opacité qui entoure les attributions des marchés publics avec le gré à gré qui semble devenue la formule ordinaire, toute chose selon nos communicateurs qui fait que beaucoup d’entreprises sont condamnées à disparaître, mettant en danger le tissu social.

« Marasme économique, mécontentement social grandissant, épidémie de corruption »,
voilà défini un Burkina qui s’apprête à célébrer son cinquantenaire des indépendances. Une célébration qui manque de goût, à en croire René Emile Kaboré qui certainement n’est pas content de la place réservée à certains pionniers de l’indépendance de la Haute-Volta, comme Maurice Yaméogo.

Cette situation nationale ainsi dépeinte ne donne pas un cadre favorable pour un scrutin présidentiel. Ainsi, la CNPB en termes clairs pose des conditions : « des réformes  d’abord, un fichier électoral incontesté ensuite, des élections libres, transparentes et équitables en conclusion ».  Et le parti appelle à une synergie d’action des partis politiques pour sauver le processus démocratique.

 

Issouf Sidibé


NDLR : Dans notre prochaine édition, nous reviendrons sur une analyse croisée des positions du RDEBF de Ram Ouédraogo et de la CNPB de Moussa Boly.






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