San
Finna N°463 du
12 au 18 Mai 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
BOBARABA,
LE CULTE DE L’ILLUSION
ATTENTION DANGER !
De
tout temps, on sait que les femmes ont affronté
des souffrances, des dangers, pour être belles.
Pour plaire à ces messieurs, elles sont prêtes
à prendre des risques extrêmes. Il ne faut
pas s’étonner aujourd’hui que pour
répondre à certains canons de beauté
chers aux hommes, elles aillent jusqu’à
pratiquer la chirurgie esthétique ou à
recourir à des formes de manipulation génétique
pour arranger telle partie du corps à mettre
en évidence par rapport à telle autre.
Il est reconnu que chez les hommes, les parties de la
femme qui exercent le plus d’attrait, ce sont
les jambes, les seins et surtout les fesses. Et là,
en Afrique, les fesses apparaissent comme l’attrait
par excellence chez la femme.
Pour
ces femmes qui ont reçu, grâce à
dame nature, cette marque de beauté comme
par exemple celles qu’on rencontre chez
les Bouchimans et Ottentos en Namibie à
la stéatopygie légendaire, c’est
du pain béni mais
Bobaraba
« brut »
lorsqu’on
n’a pas été gâté
comme elles, on peut tout de même forcer
la nature, surtout que la science nous en donne
amplement les possibilités.
C’est
ce que depuis la belle époque où
tout feu tout flamme, Mobutu régnait
sur le Zaïre, les femmes là-bas
ont découvert. Leur imagination aidant,
elles se sont dit que si les comprimés
arrivaient à faire grandir en proportions
extraordinaires telle partie ou telle autre
d’un animal pour répondre au goût
du client, elles pourraient elles aussi –en
utilisant ces mêmes comprimés-
cibler leurs fesses pour leur donner beaucoup
plus de rondeur, d’amplitude afin de satisfaire
la vue de l’homme et d’aiguiser
son intérêt.
Quelques revues ont parlé de ce phénomène
sans qu’on se doute qu’il se répandrait
comme une traînée de poudre sur le continent.
Les sciences de la communication aidant, Abidjan a été
gagnée à son tour par la folie et il n’est
jusqu’aux chanteurs et artistes qui ne se soient
mis de la partie pour exalter les gros postérieurs,
avec une danse fessière qui fait fureur, le «
bobaraba » (qui signifie grosses fesses en malinké).
Le mot est devenu synonyme de gros postérieur
et il n’est jusqu’aux fillettes qui, regardant
la télévision, rêvent d’avoir
des « bobaraba » pour réussir dans
la vie.
Les
fesses bien rebondies sont ainsi mises en relief
et des démarches particulières sont
adoptées selon que la femme porte le pagne,
le pantalon Jean, le Patd’Eph ou la jupe.
Mais voilà, le hic, c’est que pour
atteindre le sommet de ces canons de beauté,
les produits utilisés qui servent aux animaux,
et qui ne font pas
Bobaraba
« stylisé »
déjà
l’unanimité dans le monde scientifique,
sont tout à fait interdits pour le genre
humain, encore et surtout que tout y passe : produits
à base de plantes, notamment d’écorces,
de noyaux de fruits, de racines, et l’huile
de foie de morue qui est utilisée en suppositoire.
Il semble qu’une quantité non négligeable
de ces produits vient en grande partie du pays
de Pelé, le Brésil.
Il existe aussi des mixtures faites de poudre
d’écorce mélangée au
beurre de karité qu’on applique sur
la partie souhaitée et le miracle se produit,
dit-on. Sans compter ces terribles comprimés
dont les scientifiques indiquent leur teneur cancérigène.
Sur le sujet, des médecins ont déjà
expliqué que les huiles « Bobaraba »
et « Botcho » peuvent par ailleurs provoquer
de sérieux problèmes lors de l’accouchement,
des enflures sur d’autres parties du corps ou
des difficultés aux nourrissons pour les femmes
qui allaitent.
Il est grand temps que la réflexion de la communauté
internationale se fasse plus sérieuse sur ces
types de dérives. Il est vrai qu’on a ici
affaire à un droit consacré par les constitutions,
la Charte des Nations Unies : celui que possède
l’individu sur son corps.
Si l’on a du mal à empêcher aux transsexuels
de vivre les transformations de leurs corps jusqu’aux
ablations, comment interdire à une femme de faire
pousser son postérieur parce qu’elle se
sentirait mieux dans son corps et dans son esprit ?
Difficile équation qui ne doit pas empêcher
de trouver des solutions lorsqu’à l’évidence,
cela devient une question de santé humaine et
que, plus que les intéressés, cela porte
atteinte à la vie des nourrissons et d’enfants
innocents !